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    Dossier: Spiritualité

    Le Renouveau charismatique

    Gérard Marier
    « Passage de la quantité continue à la qualité discrète

    Au commencement des années 70, au Québec comme ailleurs, l'Eglise commence à ressentir en profondeur la brèche de l'Esprit faite à Vatican Il (1962-1965). L'évangile du dernier concile change de perspectives; d'intemporel qu'il avait été plus ou moins jusque-là, l'évangile devient une parole pour l'homme d'aujourd'hui, incarnée, reconnaissable et dynamisée dans les dons de l'Esprit.

    En même temps, la société québécoise fait ses premières expériences de sécularisation. Pour utiliser la problématique de Bonhoeffer, nous acquérons, comme collectivité, de la maturité, après nous être libérés d'une dépendance infantile de Dieu. Ayant dépassé le stade de l'adolescence, notre monde se prend totalement en main jusqu'à ne plus trop savoir quel rôle de partenaire Dieu peut bien y jouer. C'est l'époque de la théologie de la mort de Dieu.

    Un évangile vivant, d'une part, et un Dieu mort, d'autre part: tel est en gros le contexte où apparaît le Renouveau charismatique. Le Québec voit alors deux cortèges qui marchent en sens contraire: une foule va porter Dieu en terre, tandis qu'une autre, en revenant du côté des tombeaux, annonce que Dieu est vivant, forte de l'expérience qu'elle vient de faire de son Esprit.

    Les gens du Renouveau se veulent les témoins d'un Dieu sorti du tombeau, délié et libre, qu'on accueille dans une indicible prière de louange.

    Antérieurement au concile, on avait embobeliné Dieu; dans l'attente de sa pluie pour arroser le champ et de son soleil pour féconder la semence, on l'avait fait prisonnier de ses espoirs. Lié par les hommes, Dieu avait fait l'homme prisonnier à son tour par le jeu de l'infantilisation auquel il le vouait. Rien de surprenant si un jour on finit par enterrer cette espèce d'outrage à la dignité humaine, et c'est ce qu'on commença à faire au début de la dernière décennie.

    Telle que définie, la sécularisation parut triompher, même chez bon nombre de croyants, mais pour un temps seulement: elle était trop simpliste. D'autres croyants se sont mis sans le savoir àla contester, avec une ferveur dans toute leur vie qui tenait lieu de la rigueur dans l'argumentation; ils étaient du Renouveau.

    Mais si le Renouveau constitue une contre-sécularisation, c'est sans le savoir; il n'a pas cherché à l'être, la grande majorité de ses membres ayant tout ignoré de la théologie de la mort de Dieu.


    Réactions

    Tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'Eglise, les réactions au Renouveau, passé le premier moment d'étonnement et d'hésitation, ont eu souvent la saveur de la crainte: crainte d'illuminisme, crainte de régression fusionnelle dans un groupuscule chaud, crainte de désertion de l'engagement socio-politique, crainte du fondamentalisme, et quoi encore!

    Le 28 avril 1975, l'épiscopat canadien prend à son compte le Renouveau, en prenant soin d'en marquer les limites. Du même coup, le Renouveau devient le bien de l'Eglise, sans être pour autant tout à fait du goût de l'ensemble des prêtres et des théologiens dont la plupart resteront à l'écart par une décision individuelle, pour les motifs les plus divers.

    Les critiques des uns et les réserves des autres n'eurent guère d'influence sur le développement des premières années. De 1970 à 1978, le Renouveau prit un essor prodigieux dans toutes les régions du Québec comme en témoignent la fondation des groupes de prière, le nombre et l'ampleur des congrès diocésains et nationaux, l'organisation de multiples services, l'ouverture de maisons de prière, les expériences de pointe, telles la vie communautaire, la mise en place de cafés chrétiens, l'oeuvre de témoignage-jeunesse, la création des dîners A.C.T.E.

    Aujourd'hui, le Renouveau est tellement enraciné dans l'Eglise que l'accent de ses préoccupations se déplace. C'est ainsi qu'au Renouveau on s'intéresse moins aux charismes comme tels qu'au charisme spécifique du Renouveau lui-même. En d'autres mots, on se demande maintenant quelle est l'originalité du Renouveau, puisque tant de ses éléments se retrouvent aujourd'hui diffus dans toute l'Eglise.

    La prière spontanée, biblique, joyeuse, longue, animée de chants populaires et articulée sur la louange se fait dans les communautés chrétiennes les plus diverses: Renouement conjugal, Cursillio, Rencontre et autres. L'exercice de charismes nouveaux: prophétie, guérison, compassion, éclatent partout dans l'Eglise, ils ne sont pas propres aux charismatiques. La découverte de l'Esprit Saint se fait simultanément par tous, avec la parole vivante de Dieu. Il est alors inévitable que le Renouveau s'interroge un jour sur son charisme spécifique. C'est commencé, il est rendu là.

    Dans l'Eglise protestante, particulièrement aux Etats-Unis, il y eut au XIXe siècle plus d'un Renouveau qu'on appelait Réveil, bien que le Réveil ne soit pas une invention du XIXe siècle américain - le XVIIIe en connut en Europe -. Pensons aux "revivalistes" américains les plus célèbres: Mc Gee, Charles G. Finney, Dwight Moody et Robert P. Smith, sans compter bien entendu l'école bibliq,ue de Topeka dans le Kansas qui, en 1901, fit une expérience de l'Esprit dont devait émerger le Pentecôtisme, source lointaine du Renouveau charismatique dans l'Eglise catholique. Mais c'est la première fois que nous assistons à un Renouveau dans l'Eglise catholique contemporaine, si bien que devant un pareil phénomène nous sommes des apprentis en train de nous interroger sur ses traits spécifiques.


    Vers une Institutionnalisation?

    La question sur la spécificité du Renouveau risque d'être une question inquiétante. D'ordinaire, on se pose ce genre de question dans les mouvements ou les institutions quand on sent le besoin d'un renouvellement de l'appareil après quelques années de fonctionnement. Le Renouveau est-il menacé de devenir un mouvement, avec une organisation centrale forte?

    La hiérarchie est-elle en train de récupérer le Renouveau, notamment par le biais des répondants diocésains institués dans tous les diocèses, sous la responsabilité de Mgr Langevin, évêque de St-Hyacinthe? Au sein du Renouveau, l'assemblée des répondants qui se réunit depuis le printemps 1974 n'a pas accaparé le leadership, même en l'absence provisoire de l'A.C.F.R.C.C. (Assemblée canadienne francophone du Renouveau charismatique catholique) secouée de temps à autres par une crise, chose que n'a jamais connue l'assemblée des répondants. Le pouvoir collégial des répondants est négligeable, et c'est de propos délibéré de leur part, afin de laisser aux laïcs de la base toute leur place originelle.

    La super-structure elle-même de l'A.C.F.R.C.C. n'est rien d'autre qu'un service modeste offert à l'ensemble des diocèses qui y délèguent deux membres chacun, élus démocratiquement par les groupes de prière.

    Mais sur la base d'un diocèse en particulier, le répondant joue un rôle de leadership incontestable. C'est là qu'il y a risque d'institutionnaliser le Renouveau, alors que le pouvoir passerait des laïcs à la hiérarchie: évêque, prêtre, diacre. Les intentions exprimées de la hiérarchie sont claires: le Renouveau, qui n'est pas un mouvement, a besoin, pour rester lui-même, d'une grande spontanéité à la base. Mais les pratiques hiérarchisantes de l'Eglise sont encore généralisées et le nouveau laïc n'a pas encore toute sa place dans l'Eglise, d'où le risque que le pouvoir n'échappe à la base pour émigrer vers le haut de l'institution diocésaine.

    Ce danger peut préoccuper à juste titre les véritables responsables du Renouveau d'autant plus que les bureaux de l'A.C.F.R.C.C. logent maintenant dans une communauté religieuse, avec comme permanent un religieux.


    Les tâches du Renouveau

    La recherche de son charisme spécifique est pourtant loin d'accaparer tout le Renouveau. D'autres tâches l'attendent, dont évidemment celle de durer. Au mois de mai 1979, les répondants diocésains publiaient une note intitulée avec beaucoup de modestie et de réalisme: Le Renouveau charismatique: maturité ou essoufflement? Le Renouveau n'est sans doute pas menacé de disparaître, mais il ne progresse certes pas comme par magie; des énergies devront lui être consacrées.

    Pour l'heure, ses tâches sont la formation biblique, l'engagement social, les séminaires de croissance de la vie dans l'Esprit, l'étude du fondement biblique et historique de certains charismes plus délicats telle la délivrance, l'accroissement de l'intérêt des jeunes qui représentent à peine 9% de ses effectifs.

    Ce bloc d'activités ne constitue pas un en-soi comme il arrive dans un mouvement proprement dit, mais il surgit ici d'une manière et là d'une autre, dans la liberté et la spontanéité du peuple de Dieu tout entier.

    Ce n'est du reste qu'à travers l'Eglise que le Renouveau atteindra la société québécoise. Les tâches de portée socio-politique, il ne faut pas les attendre directement du Renouveau, mais de l'Eglise de ce temps dont il façonne le visage avec tant d'autres dynamismes ecclésiaux.

    Quel est l'apport charismatique de l'Eglise dans le monde québécois? Il est trop tôt pour le dire. Dix ans, qu'est-ce que c'est? Il faut davantage qu'une décennie pour faire sa marque dans la communauté chrétienne en tant qu'elle est engagée dans la transformation de la société québécoise tout entière.

    Pourvu des dons de l'Esprit - louange, délivrance, guérison et autres - le Renouveau contribue à pousser l'Eglise vers des chemins nouveaux pour qu'elle aille audevant du monde d'aujourd'hui en rendant actuelle la parole permanente de l'évangile; ce qui est justement le don de prophétie, au sens le plus profond du mot. A ce titre, le don de prophétie, pourrait-on dire, récapitule à son niveau tous les autres dons du Renouveau.

    A la condition de ne pas étouffer lui-même l'Esprit prophétique (I Th., 5, 19), le Renouveau choisira des voies nouvelles, mais selon la stratégie séculaire de l'Eglise, quitte à ce que ce soit long. C'est dire que le Renouveau partira de la réforme des esprits (1). Toute autre stratégie conduit à la domination des réformateurs sur l'ensemble de l'institution ainsi refaçonnée, comme nous l'enseigne l'expérience. Or la domination ne peut jamais être une visée des prophètes, ces hommes de la vérité qui rend libre (Jn, 8, 32). Pour aller à la rencontre du monde de ce temps, le Renouveau se sert de la parole d'un Dieu expérimenté comme vivant, d'un évangile écrit au présent, de l'esprit prophétique toujours actuel. Tous les autres charismes seront seconds par rapport à l'utilisation optimale de la parole de Dieu dans la prière de louange, et c'est d'elle qu'ils recevront la force de transformer, à travers l'Eglise, une portion de la société québécoise.


    Des fruits de société

    Le passage du Renouveau a déjà produit des fruits reconnaissables dans notre société; à partir d'eux, il est possible de pressentir son apport dans les années à venir. Le Renouveau, au simple niveau du phénomène, a introduit un élément de nouveauté au Québec. Il a fortement contribué à ébranler une pensée rationnelle trop sûre d'elle-même, par l'introduction dans nos moeurs d'une charge affective particulière, gratuite, et jusqu'à un certain point anti-intellectuelle. Dans un univers rigide, méthodique, objectif, trop sérieux, le Renouveau a renouvelé les perspectives de plus d'un intellectuel.

    Toujours au niveau du pur phénomène, le Renouveau est une richesse pour la société québécoise, non pas en émerveillant les hommes auxquels il apporte des bienfaits, comme il le fit au commencement en 1970, mais par son attention à les traiter tous avec une égale sollicitude. Le Renouveau ne distingue ni ouvriers ni professionnels, ni laïcs ni prêtres, ni riches ni pauvres, ni hommes ni femmes. Il se conduit ici de façon divine en cette société en proie à la discrimination, par son refus d'entrer dans ses querelles de hiérarchisation humiliante. "Dieu ne fait pas acception des personnes" (Ac., 10, 34). Il y a déjà dans le Renouveau assez de résultats concrets pour renouveler l'espérance en une société plus juste, plus fraternelle, moins violente, si l'on veut bien regarder de près l'ensemble du Renouveau, et non pas telle ou telle manifestation isolée de tension et de jeu de pouvoir.

    Avant tout, oeuvre des laïcs, le Renouveau commence à peine à porter ses fruits dans l'ordre temporel, dans la poursuite de l'Action Catholique dont il prenait en partie la relève quand celle-ci connaissait la crise autour des années 70. La force libératrice de l'évangile dans la société humaine passe par les laïcs aux charismes reconnus et valorisés dans l'Eglise. Un déblocage est fait, si modeste est-il encore qu'il faudra veiller sur lui, car il n'est pas
    acquis une fois pour toute. Chez nous, la tradition hiérarchique est vieille et forte, si bien que dès que nous nous mettons à penser pour de bon, nous pensons encore hiérarchie.

    Grâce aux laïcs, l'ordre temporel reçoit, à partir du Renouveau, un élan nouveau de foi. Il suffit d'une simple participation à un groupe de prière pour découvrir quelle puissance de foi habite un charismatique de la base. Tout en lui traduit une foi simple, profonde, mûrie par des doutes, ce qui la rend plus proche de l'expérience de tout homme quel qu'il soit. Cette foi est injectée dans l'univers québécois de mille et une manières, manifestement ou non. Elle y agira un jour ou l'autre; personne de sensé ne s'en plaindra, car de toutes nos carences les plus inquiétantes, le manque de foi est la pire qui soit, peu importe, je dirais, sur quoi porte d'abord la foi: l'homme ou Dieu. La foi, c'est la matrice originelle de la pensée dynamique; une société sans foi pense à vide. Par un chemin différent, nous rejoignons ici la théorie de Durkheim: le religieux doit être à l'origine de tout. Après avoir renoncé à la thèse simpliste du parasitage universel de l'humanité par les prêtres "fourbes et avides" de Voltaire (2) la foi du Renouveau a elle-même besoin d'affermissement et de croissance, elle est loin d'être parfaite, elle est encore, malgré de substantiels progrès, trop avide de signes sensibles qui la retiennent dans l'infantilisme. Cela dit, le Renouveau a mis dans le Québec une puissance de foi indubitable; la pensée agissante s'anime davantage.

    Un souhait: que cette foi agissante se traduise par des gestes d'entraide beaucoup plus engageants encore. Le Renouveau sera finalement jugé à la force de partage qu'il aura provoquée. "Toujours admirable, Dieu doit être admiré dans ses oeuvres (3)." Dieu que le Renouveau célèbre dans la louange vit dans les hommes. C'est en eux qu'il faut le louer, et c'est à partir de là que la foi du Renouveau se donne des mains.

    "Mon père, dit Jésus, est à l'oeuvre jusqu'à présent et j'oeuvre moi aussi" (Jn, 5, 17). C'est l'activité humaine, avec la dignité de la personne en laquelle Dieu est admirable, qui constitue le fondement du rapport existant entre l'Eglise et le monde (4). Le Renouveau rejoint le monde par les oeuvres, surtout celles d'où émerge la communauté authentique. La foi agissante n'est jamais plus elle-même que lorsqu'elle suscite la véritable communauté.

    C'est ainsi que la foi créatrice d'amour vrai n'est plus renoncement à toute rationalité, abandon au non-savoir, mais plutôt parfaite connaissance, selon le mot de saint Jean: "Celui qui aime son frère demeure dans la lumière ... Mais celui qui hait son frère est dans les ténèbres, il marche dans les ténèbres, il ne sait pas où il va" (1 Jn 1, 9-11).

    Dans la mesure où sa foi débouche sur la communauté, le Renouveau introduit une épistémologie de l'amour, dans la recherche de l'Occident vers des chemins nouveaux de vivre ensemble.


    Une histoire spéciale

    Commencé il y a dix ans sans qu'en apparence le terrain ait été préparé soigneusement, par une imprévisible intervention de l'Esprit, le Renouveau s'est vite enraciné dans la société québécoise, comme l'histoire offre très peu d'exemples.

    Depuis 1978, le Renouveau a changé de niveau: il est passé de la quantité continue à la qualité discrète. Grâce à sa perspicacité prophétique, le Renouveau a des chances, dans la mesure de sa fidélité à l'Esprit, de rester un signe visible des temps messianiques, malgré une présence plus discrète, en réinventant tous les cinq ans son charisme spécifique dans la communion à tous les autres dynamismes du milieu. Car le Renouveau ne réussira pas à s'épanouir si tous les autres restent englués. Le défi de durer dans l'approfondissement de son charisme personnel n'est garanti que par des solidarités et des partages de plus en plus larges et constants.

    Si le Renouveau se cachait, par peur, il ne serait plus repérable d'ici peu de temps; ses traces disparaîtraient inexorablement, cela est arrivé à des groupes de prière incapables de maintenir leur expérience Spécifique de Dieu. Mais ce sont là à ce jour des cas isolés. La plupart des Membres du Renouveau entrent dans la phase de la qualité discrète, poussés par les exigences du mûrissement de la foi plutôt que par manque de confiance en leurs ressources intérieures qu'ils ont eues par pur don.

    Du point de vue historique, le Renouveau connaît ces années-ci une révolution interne considérable, comme on le voit. Nous verrons dans le lointain s'il réalise pleinement ses intentions actuelles d'avancer avec assurance sur la voie de l'Esprit. »


    Notes

    1. Cf - Vatican II, L'Eglise dans le monde de ce temps, par. 81.
    2. Cf. GIRARD, René, Des choses cachées depuis la fondation du monde, Paris, Grasset, 1978, p. 78.
    3. Vatican II, L'oecuménisme, par. 4.
    4. Vatican Il, L'Église dans le monde de ce temps, par. 40.

    Source

    Critère, no 30, printemps 1981.
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2013-12-31
    Informations
    L'auteur

    Gérard Marier
    Conseiller en éducation chrétienne et responsable des communautés Le Désert (Nicolet) et L'Exode (Sabrevois).
    Mots-clés
    Vatican II, Esprit-Saint, Église, prière, société québécoise
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