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La croyance à la loi morale et à la liberté

Johann Gottlieb Fichte

Si la destination de l'humanité était seulement de se créer sur la terre une condition meilleure, il suffirait sans doute que les aclions humaines fussent dirigées par un simple mécanisme. La liberté serait non seulement inutile, mais funeste à l'homme; l'intention serait de trop.

Le monde tel que nous le voyons, loin d'aller directement à son but, ne l'atteindrait qu'avec mille détours.

Pourquoi, dans ce cas, le souverain Créateur des mondes nous aurait-il doués d'une liberté souvent en contradiction avec ses éternels desseins? Pourquoi ne nous aurait-il pas prédéterminés à agir comme il faut que nous agissions afin que ses desseins s'accomplissent ? Il pouvait certes aller à son but par mille chemins plus courts ; il n'est pas de misérable habitant de notre chélive planète qui ne put le lui démontrer.

Mais je suis libre, et par conséquent il est impossible que ma destinée s'écoule tout entière dans le cercle d'une existence où tout s'enchaîne de telle sorte, causes et effets, que ma liberté demeure inutile.

Mais je suis libre, car ce n'est pas l'acte réel, mécaniquement exécuté et ne dépendant, sous ce rapport, qu'à demi de moi; ce n'est pas lui qui fait le prix et la valeur d'une action, c'est l'acte moral, c'est-à-dire la libre détermination de ma volonté, qui toujours dépend de moi. La voix
de la conscience ne cesse de me le répéter.

Or, par là, ne m'enseigne-t-elle pas aussi que la loi morale, dédaignant de commander à un mécanisme aveugle et matériel, ne prétend régner que sur des volontés intelligentes et libres
 

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