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L'aubépine et l'étoile

Édouard Schuré
L'aubépine dit à l'étoile:
« Bel astre d'or du sombre azur,
Qui me regarde de la toile
Du firmament tranquille et pur,

« Dis, me vois-tu? Je viens d'éclore
Au bord du verdoyant talus;
Je suis blanche étoile à l'aurore,
Et demain je ne serai plus.

« Tu reluis, reine, en ton cortège;
Nul n'a jamais compté tes jours;
Je viens et passe comme neige,
Mais toi, tu brillera toujours.

« Que ne suis-je la belle étoile,
La flamme fière au firmament!
Que ne puis-je, ardente et sans voile,
Resplendir éternellement! »

L'étoile dit à l'aubépine:
« Ma pauvre fleur, console-toi;
Fleuris en paix sur ta colline,
Car le bonheur n'est pas en moi.

« Vois je me consume en silence,
Superbe et triste en ma beauté;
Je cherche d'un regard intense
Ma soeur depuis l'éternité.

« Mais toi, tu n'es pas solitaire
Sur ta verte colline en fleur,
Et tu prodigues à la terre
Le parfum qui sort de ton coeur.

« Ah! que ne suis-je l'églantine
Qui n'a qu'un printemps pour fleurir,
Ou que ne suis-je l'aubépine
Pour pouvoir aimer et mourir! »

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