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Image

Une précision d'un ethnologue bien connu du début du 20e siècle :

«En premier lieu le terme "image populaire", est d’une inconsistance désespérante. Ces images ne sont pas la production directe et spontanée du peuple; le plus qu’on puisse dire, c’est que, au début, et plus longtemps dans certains coins plus isolés, comme la Suède, la Russie, il y a eu des graveurs sur bois d’origine vraiment populaire, travaillant pour le peuple et dans un milieu "peuple". Mais cette production a été très vite centralisée par des éditeurs proprement dits, spécialisés dans ce genre d’imprimerie. Ces éditeurs ont eu parfois leurs graveurs particuliers; ainsi la maison Pellerin, d’Épinal, a fait longtemps travailler Georgin, dont on peut dire que la série des batailles est une œuvre vraiment originale, bien adaptée au but et à la clientèle visés. Mais ce qu’on appelle "populaire" dans ce cas, c’est un faciès particulier, un groupement de détails différant de la perspective réelle, un sertissage des figures à l’aide de gros traits, un coloriage par teintes plates. (...) Il faut reconnaître que, à ne se placer qu’au point de vue de la technique du dessin et de la peinture, le terme "populaire" sera l’équivalent de "simplifié, stylisé et fruste", par opposition à "raffiné, harmonieux et exact".

A. Van Gennep, Remarques sur l’imagerie populaire (extrait tiré de la Revue d’ethnographie et de sociologie, 1911)

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