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Scopas

c. -395-c. 350
Pline l'Ancien sur Scopas (Histoire naturelle)
«Scopas est leur rival de gloire [de Praxitèle et de son fils, Céphisodote]. Il a fait une Vénus, le Désir et le Phaéton, honorés à Samothrace des cérémonies les plus saintes. Il a fait aussi l'Apollon Palatin, une Vesta assise, fort estimée, et qui est dans les jardins Serviliens ; deux porte-flambeaux qui sont à côté d'elle ; les pareils sont dans les monuments d'Asinius Pollion, où sont aussi des Canéphores du même. Mais les renommés de ses ouvrages dont le temple de Cn. Domitius, au cirque Flaminien : Neptune, Thétis, Achille, les Néréides, assises sur des dauphins, des cétacés et des chevaux marins ; les Tritons, le cortège de Phoreus, des baleines et beaucoup d'autres figures marines toutes d'une même main ; ouvrage admirable, quand même il eut occupé la vie entière de l'artiste. Outre les ouvrages susdits et ceux que nous ne connaissons pas, il y a encore de lui un Mars colossal, assis, dans le temple de Brutus Callaïeus (vainqueur de la Gallicie), auprès du même cirque ; de plus, dans le même endroit, une Vénus nue antérieure à celle de Praxitèle, et qui ferait la gloire de tout autre lieu.

À Rome, il est vrai, elle est effacée par la multitude des ouvrages ; et de grandes masses de devoirs et d'affaires détournent chacun d'une telle contemplation. En effet, l'admiration de l'art demande le loisir et un lieu profondément silencieux. C'est par une raison de ce genre qu'on ignore si l'auteur de cette Vénus consacrée par l'empereur Vespasien dans son temple de la Paix, et digne de la réputation des anciens temps. Même hésitation au sujet du groupe dans le temple d'Apollon Sosien, les enfants mourants de Niobé : est-il de Scopas ou de Praxitèle ? De même la statue de Janus consacrée dans le temple de ce dieu par Auguste et apportée d'Égypte, duquel de ces artistes est-elle ? Au reste, désormais l'or la recouvre. On se fait la même question sur le Cupidon tenant un foudre, dans la curie d'Octavie : la seule chose qu'on affirme, c'est qu'il est le portrait d'Alcibiade, le plus beau des Athéniens à cet âge. Il y a dans ces écoles d'Octavie beaucoup d'ouvrages qui plaisent, quoique les auteurs en soient inconnus : quatre Satyres ; l'un porte sur ses épaules Bacchus revêtu de la palla (robe) ; l'autre porte semblablement la déesse Libera ; le troisième empêche un enfant de pleurer ; le quatrième donne à boire à un autre enfant dans une coupe ; et deux Zéphyrs encore qui de leur souffle gonflent leurs vêtements. On n'est pas moins incertain sur les auteurs des figures placées dans les Clôtures [du Champ de Mars], Olympos et Pan, Chiron et Achille ; et pourtant la renommée les juge assez belles pour que les gardiens en répondent sur leur vie.

Scopas eut pour contemporains et pour rivaux Bryaxis, Timothée et Léocharès, desquels il faut parler en même temps, parce qu'ils ont travaillé ensemble au Mausolée : on appelle ainsi le tombeau érigé par Artémise à son mari Mausole, petit roi de Carie, mort l'an deux de la cent sixième olympiade. C'est surtout grâce à ces artistes que cet ouvrage est compté entre les sept merveilles.»

PLINE L'ANCIEN, Histoire naturelle, Livre XXXVI, 13, traduit et annoté par Émile Littré, Paris, éd. Dubochet, 1848-1850, tome 2, p.503-504

Articles


Article «Scopas» de L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert

Le Chevalier de Jaucourt
Extrait de l'article "Sculpteurs grecs" de L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, et signé par le chevalier de Jaucourt qui reproduit pour l'essentiel ce que Pline a écrit sur Scopas.