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Performance

À propos de ce mot d'origine anglaise, qu'il n'emploie qu'au pluriel, Littré se limite à préciser qu'il est «employé dans la langue du turf pour indiquer le tableau des épreuves subies dans l'hippodrome par un cheval de course.» Le même mot, au singulier, est fréquemment utilisé aujourd'hui comme synonyme d'exploit ou de rendement, celui d'une personne,d'un animal ou d'une machine. Une recherche sur ce mot dans Google en juillet 2004 donnait, en français seulement, près de 2 millions de résultats, et, dans toutes les langues, près de 80 millions de résultats, soit 20 millions de plus que le mot record et 70 millions de plus que le mot excellence. Le mot perfection ne donne que 3, 600, 000 résultats, dont 264 000 en français seulement.

Essentiel

Les Jeux olympiques sont une grande leçon de philosophie que l'humanité se donne à elle-même: Tels jeux, telle conception du bonheur, de l'homme, de la perfection...de l'amour. C'est vers le poète grec Pindare qu'il faut se tourner pour découvrir la philosophie correspondant aux Jeux olympiques du premier âge. Pour comprendre la philosophie des Jeux de 2004 à Athènes, on pourra s'en remettre aux poètes officiels de la Société Radio-Canada.

Voici leur grand hymne, Jusqu'au bout tel qu'il fut déclamé à la télévision de Radio-Canada, dans les minutes solennelles qui ont précédé la cérémonie d'ouverture des Jeux d'Athènes. Il s'agit d'un dialogue entre une femme et un homme, identifiés à des statues grecques anciennes.

«— Je suis un rêve de pierre, l'incarnation en marbre du sang qui coule et du coeur qui bat. Lourde, immobile, éternelle, je suis néanmoins l'image de la force, de la vitesse, de l'agilité des hommes et des femmes.
— Et moi je cours à travers les siècles pour porter le flambeau d'un idéal, le dépassement, la grande, la belle, la folle idée d'aller toujours plus loin, plus vite. Nous sommes allés sur la lune, bientôt nous irons sur mars, jusqu'aux étoiles. Nous irons jusqu'au bout.
— Pourquoi, pourquoi toujours aller jusqu'au bout?
— J'sais pas. C'est comme ça. Aller plus vite! Toute une vie pour grignoter des secondes, des centièmes, des millièmes de secondes, tous les jours! l'effort, la fatigue, l'angoisse, c'est notre grandeur. Six millièmes! Courir plus vite c'est grandir. Je n'aime pas les limites, je n'aime pas les frontières, je n'aime pas le temps qui emprisonne, je n'aime pas l'espace qui nous noie, je veux repousser le temps, maîtriser l'espace, échapper à la gravité, je veux aller au sommet de moi-même, je veux aller voir plus loin, plus vite, je veux voler. Je m'envole pendant quelques secondes, je vole. Des milliers d'heures d'entraînement m'ont donné des ailes. Quelques secondes, c'est une idée; après le premier pas de l'enfant, jusqu'à moi! Je vole.
— On ne sculpte plus le marbre. Nos statues sont en mouvement, relayées partout par des pixels, des images en couleur.
Vous voyez en direct la joie du vainqueur, l'agonie de ceux qui ont moins bien fait. Mais si c'était moi qui les avais faits, je serais fière de chacune de mes oeuvres. Vous êtes de la beauté du vivant. Je suis la fugitive beauté du dépassement, immortalisée dans le marbre. Et dans mon rêve de pierre, je rêve d'être vous et de voler encore. »

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