• Encyclopédies

      • Encyclopédie de l'Agora

        Notre devise: Vers le réel par le virtuel!


      • Encyclopédie sur la mort

        L’encyclopédie sur la mort veut s'intéresser à ce phénomène sous ses multiples aspects et ses diverses modalités.


      • Encyclopédie Homovivens

        Encyclopédie sur les transformations que l'homme opère en lui-même au fur et à mesure qu'il progresse dans la conviction que toute vie se réduit à la mécanique.


      • Encyclopédie sur l'inaptitude

        Tout le monde en conviendra : c'est au sort qu'elle réserve aux plus vulnérables de ses membres que l'on peut juger de la qualité d'une société. Aussi avons-nous voulu profiter ...


      • Encyclopédie sur la Francophonie

        L'Encyclopédie de la Francophonie est l'une des encyclopédies spécialisées qui se développent parallèlement à l'Encyclopédie de l'Agora.

  • Dictionnaires
  • Débats
      • Le Citoyen Québécois

         Après la Commission Gomery, la Commission Charbonneau! À quelles conditions pourrions-nous en sortir plus honnêtes… et plus prospères

      • L'homme, la nature, la techique

        Réflexions inspirées de Bernard Charbonneau et Jacques Ellul, avec la collaboration de l'Association Aquitaine B.Charbonneau J.Ellul, sous la présidence de Sébastien Mor...

  • Sentiers
      • Les sentiers de l'appartenance

        L'appartenance c'est le lien vivant, la rencontre de deux Vies : la nôtre et celle de telle personne, tel  paysage...Quand la vie se retire, le sentiment d'appropriation se substitue au ...

      • Le sentier des fleurs sauvages

        Nous sommes des botanistes amateurs. Notre but est de partager un plaisir orienté vers une science complète où le regard du poète a sa place à côté de celui du botaniste, du généticien, du gastrono...

  • La lettre
    • Édition

    Monachisme

    Les moines, comment vivent-ils ? ls ont choisi de se retirer du monde pour mieux faire silence et écouter la parole divine. A Cîteaux comme à Saint-Martin-de-Ligugé, Frère Olivier et Dom Jean-Pierre font l'expérience de la solitude, une solitude rythmée par la prière, le travail et la vie fraternelle. Rencontre avec ces hommes qui cherchent Dieu. KTO, 5 juin 2006.

    Enjeux

    Contemplation et monachisme
    «Pendant près de deux millénaires, depuis l'Antiquité classique jusqu'à la fin du Moyen Âge, la conscience occidentale s'est progressivement imprégnée de la conviction que, de toutes les activités de l'homme, celle de la contemplation était la plus importante. Plus que le travail qui transforme le monde extérieur, et que l'action qui transforme l'homme et la société, la contemplation était considérée comme l'activité propre à l'homme. Elle constituait l'exercice par excellence de son esprit, qui le définit comme être humain, l'activité noble entre toutes parce qu'elle lui permet d'accéder à la fin même à laquelle il est naturellement ordonné, la connaissance de l'être et l'amour du bien. Chez les Grecs, cette activité puis ce repos de la contemplation se pratiquaient dans la vie philosophique, inaugurée par une véritable conversion, c'est-à-dire par un retournement de la pensée et des amours, qui s'arrachent à l'univers des apparences et des biens périssables, pour vouer toute la lumière de l'esprit et les désirs les plus intenses à la recherche de l'être véritable et du bien qui demeure. D'Héraclite à Spinoza ou à Nietzsche, l'histoire de la pensée a retenu plusieurs exemples de cette conversion philosophique, surtout aux périodes de troubles, où l'âme individuelle, déçue de l'état de la société, de ses intérêts et de ses projets, se tourne vers elle-même et entreprend de chercher dans la vie intérieure une raison d'être. C'est par une conversion philosophique de cet ordre que, à la fin du IVe siècle, Augustin se laissera séduire, avant de consommer sa conversion au christianisme. Il a décrit dans ses premiers Dialogues l'extraordinaire enthousiasme qu'avait soulevé en lui la soudaine découverte de cet idéal de vie selon l'esprit. Un peu plus tard, Boèce, témoin de la décomposition de l'Empire romain et des valeurs qui avaient défini l'homme antique, attendant lui-même la mort, se consolera des malheurs du temps en écrivant, au fond de sa prison, son ouvrage sur La consolation de la philosophie. Cet idéal de vie solitaire, de silence et de contemplation continua d'inspirer la pensée et le désir des hommes et des femmes du Moyen Âge. La forme en demeurait substantiellement la même, mais le contenu en avait changé. Le souverain bien des philosophes était devenu le Dieu chrétien, le chemin de la raison philosophique avait fait place à la foi et à l'imitation de Jésus-Christ. Ceux que séduisait particulièrement cet idéal entraient dans les ordres monastiques. Pour paraphraser Sigmund Freud, on y entrait aussi par peur du monde, comme on entre aujourd'hui en névrose. Les abbayes et monastères se multipliaient à travers tous les pays d'Europe. Ceux, par ailleurs, qui ne voulaient pas renoncer au monde pour cette vie de silence, n'en subissaient pas moins l'influence de cet idéal et s'ils ne se privaient pas de critiquer certains moines, c'était au nom même de l'idéal de vie que ceux-ci s'étaient engagés à poursuivre et dont on estimait que certains se montraient indignes, par leur vie dissolue. La vie monastique elle-même, identifiée à la poursuite de la vie parfaite, demeura pendant de longs siècles à l'abri des critiques des croyants. Ce n'est que dans la seconde moitié du XIIIe siècle que l'on commence à critiquer sérieusement les ordres monastiques, en raison notamment de leur prolifération et pour d'autres causes que je n'ai pas à rappeler ici 5. Le célèbre Roman de la Rose en est le principal témoin. Ainsi, pendant plusieurs siècles, des hommes et des femmes à qui leur culture religieuse d'origine judaïque avait enjoint de dominer et soumettre le monde, se consacrèrent, sous l'influence de la pensée philosophique grecque, à contempler le monde et à y chercher les vestigia dei, la trace des pas de Dieu dans la nature.

    Avec la Renaissance, commencera la mise en question systématique des ordres mendiants, de la vie monastique en général, et avec elle la critique de l'idéal de silence et de contemplation. Ce changement est si fondamental qu'il suffirait à faire considérer la Renaissance comme une période de rupture profonde dans l'histoire de notre civilisation.»

    GAÉTAN DAOUST,"Entre la mort de Dieu et le triomphe de la science: un homme
    en quête d'identité"
    , L'Agora, vol 1, no 3, décembre 1993

    Documentation

    Le monastère et la vie monastique, icônes de la Jérusalem céleste, par Luca Pellegrini (ntervention pour la Conférence Internationale «Monastères - Centres spirituels et culturels de la Russie» organisée par le Russian Institute for Cultural Research et la Russian Academy of Sciences. Moscou, 2-6 Septembre 1996; publiée dans Cultures et foi, vol. IV, no 3, 1996)
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2013-04-12
    Loading
    Informations
    Documents Associés
    Émile Levasseur
    Développement de la règle bénédectine et sa propagation dans les monastères au Moyen Âge, Moyen Âge

    Contribuez au rayonnement des oeuvres de l'Agora/Homo vivens en devenant membre ou en faisant un don.