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Faraday Michael

1791-1867

"Son père, sans fortune, lui fit apprendre l’état de relieur, mais le goût des expériences et la répugnance que son métier lui inspirait lui donnèrent le profond désir de se vouer à la science. « Je m’imaginais, écrit-il au docteur Porris, que la science devait rendre aimables et généreux tous ceux qui la cultivent. » Aussi, transporté d’enthousiasme par le cours d’Humphry Davy, prend-il la résolution de lui écrire et lui fait-il part de ses impressions : « L’idée que j’avais conçue de la supériorité morale des savants, le fit sourire, et il ajouta qu’il laisserait à l’expérience de quelques années le soin de m’éclairer à cet égard. » Nous avons cité ces passages pour montrer quelle haute opinion Faraday s’était faite d’un savant; il nous reste à ajouter que sa personne et son caractère furent de parfaites réalisations de son idéal; la grandeur et la bonté de son caractère, la pureté inaltérable de sa vie scientifique, l’amour sincère du bien qu’il a toujours pratiqué avec l’ardeur et la vivacité de sa nature, d’après les expressions de Sainte-Claire Deville, étaient à la hauteur de ses admirables découvertes. D’une grande modestie, il n’accepta que peu de titres honorifiques, entre autres ceux de membre correspondant de l’Académie des sciences de Paris et de celle de Berlin et le grade de commandeur de la Légion d’honneur; mais il refusa le titre de baronnet qui, disait-il, ne devait rien lui apprendre et, par suite, lui était inutile. On peut dire que sa vie se passa à l’Institution royale de Londres : Davy lui en avait ouvert les portes, après la lettre que nous avons citée, en lui donnant un poste bien modeste d’aide-préparateur; c’est dans ce même laboratoire où Davy fit ses remarquables expériences sur les métaux alcalins que Faraday a fait toutes ses découvertes; c’est dans le grand amphithéâtre de l’Institution royale qu’il a gagné sa popularité comme professeur, grâce à une rare habileté d’expérimentateur et de vulgarisateur. La lecture d’une série de conférences qu’il y fit et qui ont été réunies sous le titre Histoire d’une chandelle peuvent donner une idée de la façon tout à la fois sérieuse et élémentaire dont il savait traiter les questions; on peut y admirer surtout l’ingéniosité des expériences qui lui servaient de démonstrations.

Les publications de Faraday, réparties dans un espace de quarante et un ans, comprennent trois volumes in-8 : Chemical Manipulation (Londres, 1827), Chemical Tracts (1843), Lectures on Light and Ventilations (1843), et cent-huit mémoires publiés dans le Quarterly Journal of Science, dans le Philosophical Magazine et dans les Proceedings of the Royal Institution. Dans sa jeunesse, ses travaux ont porté surtout sur des recherches de chimie; il faut citer un mémoire original sur la constitution de l’acier, des recherches sur les gaz dégagés par l’action de la chaleur sur les huiles de poisson; il découvrit dans cette étude un certain nombre de carbures d’hydrogène. Il montra que beaucoup de gaz pouvaient être liquéfiés, que, par suite, les différences entre les gaz et les vapeurs consistaient surtout dans leur liquéfaction plus ou moins facile. Les appareils simples et commodes, connus sous le nom de tubes de Faraday, servent encore aujourd’hui dans tous les cours pour liquéfier de petites quantités de gaz; faciles à manier, ils sont toujours prêts à servir et à reproduire un nombre illimité de fois ces intéressantes expériences. Farady réussit en 1830 à préparer pour les besoins de l’optique des verres d’un indice de réfraction considérable. Mais c’est la première partie de son œuvre et la moins importante. Ses recherches de physique ont une portée beaucoup plus haute et ses nombreux mémoires sur l’électricité contiennent des découvertes de premier ordre : en 1831, il découvre les phénomènes d’induction; il appuie par des expériences ingénieuses les vues d’Ampère sur les relations de l’électricité et du magnétisme. Il trouve dans les courants induits le secret de la mystérieuse expérience d’Arago, montrant qu’un disque de cuivre que l’on tourne entre les pôles d’un électro-aimant s’échauffe considérablement. Il découvre les lois de la polarisation magnétique, montrant ainsi des relations absolument inconnues jusqu’alors entre la lumière et l’électricité. Il énonce les lois simples qui règlent l’électrolyse des corps; il étend à tous corps les phénomènes observés avec les aimants et le fer; il montre qu’avec des aimants suffisamment puissants, aucun corps ne se montre inerte : les uns se dirigent suivant la ligne des pôles des aimants, les autres se placent perpendiculairement à cette ligne; tous les corps sont ou magnétiques ou diamagnétiques. Son œuvre est donc considérable par l’importance des résultats trouvés; presque tous ont eu des applications nombreuses, ce qui n’a pas peu contribué à sa renommée. De plus, la perfection avec laquelle ses expériences étaient exécutées, l’originalité de ses idées théoriques, ne font que rehausser l’éclat de son œuvre."

A. Joannis, article «Michael Faraday» dans: La grande encyclopédie: inventaire raisonné des sciences, des lettres et des arts. Tome dix-septième (Fanum-Franco). Réalisée par une société de savants et de gens de lettres. Sous la direction de MM. Berthelot, Hartwig Derenbourg, F.-Camille Dreyfus... [et al.]. Paris, H. Lamirault, [191-?], p. 3-4.

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