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    Impression du texte

    Rabelais François

    Écrivain français (v. 1485-1553).

    «[...] Céline est avec Rabelais l’écrivain le plus considérable car ils ont violé la langue française. Ils ont utilisé savamment, simplement et courageusement la langue-mère en y introduisant des audaces, des néologismes. Ce sont les deux écrivains qui ont le plus fait avancer la langue en la décorsetant. »

    MARCEL JULLIAN, «Nous étions des gens libres», L'Opinion indépendante (Toulouse, Fr.) - lien désactivé

    Biographie

    Portrait de Rabelais par Anatole France

    «J'avoue pourtant que ce qui le frappe le plus dans Rabelais ne m'a jamais été très sensible. [...] J'avoue que les incongruités de Pantagruel ne me font pas plus rire que celles des gargouilles du XIVe siècle. J'ai tort, sans doute: mais il vaut mieux le dire. Je serai tout à fait franc: ce qui me fâche dans le curé de Meudon, c'est qu'il soit resté à ce point moine et homme d'église; ses plaisanteries sont trop innocentes; elles offensent la volupté et c'est leur plus grand tort.

    Pour ce qui est de la morale, je le tiens quitte; ses livres sont d'un honnête homme et j'y retrouve [...] un grand souffle d'humanité, de bienveillance et de bonté. Oui, Rabelais était bon; il détestait naturellement «les hypocrites, les traîtres qui regardent par un pertuys, les cagots, escargots, matagots, hypocrites, caffars, empantouflés, papelards, chattemites, pattes pelues et autres telles sectes de gens qui se sont déguisés comme masques pour tromper le monde».

    «Iceux, disait-il, fuyez, abhorrissez et haïssez autant, que je fais.»

    Le fanatisme et la violence étaient en horreur à sa riante, libre et large nature. C'est par là encore qu'il fut excellent. Comme la sœur du roi, cette bonne Marguerite de Navarre, il ne passa jamais dans le parti des bourreaux, tout en se gardant de rester dans celui des martyrs. Il maintint ses opinions, jusqu'au feu exclusivement, estimant par avance, avec Montaigne, que mourir pour une idée, c'est mettre à bien haut prix des conjectures. Loin de l'en blâmer, je l'en louerai plutôt. Il faut laisser le martyre à ceux qui, ne sachant point douter, ont dans leur simplicité même l'excuse de leur entêtement. Il y a quelque impertinence à se faire brûler pour une opinion. Avec le Sérénus de M. Jules Lemaître, on est choqué que des hommes soient si sûrs de certaines choses quand on a soi-même tant cherché sans trouver, et quand finalement on s'en tient au doute. Les martyrs manquent d'ironie et c'est la un défaut impardonnable, car sans l'ironie le monde serait comme une forêt sans oiseaux; l'ironie c'est la gaieté de la réflexion et la joie de la sagesse. Que vous dirai-je encore? J'accuserai les martyrs de quelque fanatisme; je soupçonne entre eux et leurs bourreaux une certaine parenté naturelle et je me figure qu'ils deviennent volontiers bourreaux dès qu'ils sont les plus forts. J'ai tort, sans doute. Pourtant l'histoire me donne raison. Elle me montre Calvin entre les bûchers qu'on lui prépare et ceux qu'il allume; elle me montre Henry Estienne échappé à grand'peine aux bourreaux de la Sorbonne et leur dénonçant Rabelais comme digne de tous les supplices.

    Et pourquoi Rabelais se serait-il livré «aux diables engipponnés»? Il n'avait point une foi dont il pût témoigner dans les flammes. Il n'était pas plus protestant que catholique, et s'il avait été brûlé à Genève ou à Paris ç'eût été par suite d'un fâcheux malentendu. Au fond [...] Rabelais n'était ni un théologien ni un philosophe, il ne se connaissait aucune des belles idées qu'on lui a trouvées depuis. Il avait le zèle sublime de la science, et pourvu qu'il étudiât à son aise la médecine, la botanique, la cosmographie, le grec et l'hébreu, il se tenait satisfait, louait Dieu et ne haïssait personne, hors les diables engipponnés. Cette ardeur de connaître enflammait alors les plus nobles esprits. Les trésors des lettres antiques exhumés de la poussière des cloîtres étaient remis au jour, illustrés par de savants éditeurs, multipliés sous les presses des imprimeurs de Venise, de Bâle et de Lyon. Rabelais publia pour sa part quelques manuscrits grecs. Comme ses contemporains, il admirait pêle-mêle tous les ouvrages des anciens. Sa tête était un grenier où s'empilaient Virgile, Lucien, Théophraste, Dioscoride, la haute et la basse antiquité. Mais surtout il était médecin, médecin errant et faiseur d'almanachs. Le Gargantua et le Pantagruel ne tinrent pas plus de place dans sa vie que le Don Quichotte dans celle de Cervantès, et le bon Rabelais fit son chef-d’œuvre sans le savoir, ce qui est généralement la manière dont on fait les chefs-d’œuvre. Il n'y faut qu'un beau génie, et la préméditation n'y est pas du tout nécessaire. Aujourd'hui qu'il y a une littérature et des mœurs littéraires, nous vivons pour écrire, quand nous n'écrivons pas pour vivre. Nous prenons beaucoup de peine, et pendant que nous nous efforçons de bien faire, la grâce nous échappe avec le naturel. Pourtant la plus grande chance qu'on ait de faire un chef-d’œuvre (et je confesse qu'elle est petite) c'est de ne s'y point préparer, d'être sans vanité littéraire et d'écrire pour les muses et pour soi. Rabelais fit candidement un des plus grands livres du monde.»

    ANATOLE FRANCE, La vie littéraire, tome III, Calmann-Lévy, Paris, [n. d.].



    *******



    Jugements sur Rabelais

    GUSTAVE FLAUBERT
    «Quoi de plus mal bâti que bien des choses de Rabelais, Cervantès, Molière
    et d'Hugo ? Mais quels coups de poing subits ! Quelle puissance dans un seul mot ! Nous, il faut entasser l'un sur l'autre un tas de petits cailloux pour faire nos pyramides qui ne vont pas à la centième partie des leurs, lesquelles sont d'un seul bloc. Mais vouloir imiter les procédés de ces génies-là, ce serait se perdre. Ils sont grands, au
    contraire, parce qu'ils n'ont pas de procédés. Hugo en a beaucoup, c'est là ce qui le diminue. Il n'est pas varié, il est constitué plus en hauteur qu'en étendue.

    *******

    Il ne faut jamais craindre d'être exagéré. Tous les très grands l'ont été, Michel-Ange, Rabelais, Shakespeare, Molière.» (Correspondance, 1850-1854)

    FRANÇOIS-RENÉ DE CHATEAUBRIAND
    «Toutes les libertés meurent à la fois, la liberté politique dans les états congédiés, la liberté religieuse par la prise de La Rochelle; car la force huguenote demeura anéantie, et l'édit de Nantes ne fut que la conséquence de la disparition du pouvoir matériel des protestants. La liberté littéraire périt à son tour : on avait passé de l'école naïve, simple, originale d'Amyot, de Rabelais, de Marot, de Montaigne, à l'école artificielle et boursouflée de Ronsard. Malherbe rentra dans la première route: les sujets étrangers à nos moeurs et à nos croyances furent choisis de préférence. Alors s'éleva l'Académie française, haute cour du classique, qui fit comparaître devant elle, comme premier accusé, le génie de Corneille.» (Analyse raisonnée de l'histoire de France)

    HONORÉ BALZAC
    «Chez nous Rabelais, homme sobre qui ne buvait que de l'eau, passe pour un amateur de bonne chère, pour un buveur déterminé. Mille contes ridicules ont été faits sur l'auteur d'un des plus beaux livres de la littérature française, le Pantagruel.» (Études de moeurs: Scènes de la vie privée, t. 4)

    ANATOLE FRANCE
    «Rabelais fut, sans le savoir, le miracle de son temps. Dans un siècle de raffinement, de grossièreté et de pédantisme il fut incomparablement exquis, grossier et pédant. Son génie trouble ceux qui lui cherchent des défauts. Comme il les a tous, on doute avec raison qu'il en ait aucun. Il est sage et il est fou; il est naturel et il est affecté; il est raffiné et il est trivial; il s'embrouille, s'embarrasse, se contredit sans cesse. Mais il fait tout voir et tout aimer. Par le style, il est prodigieux et, bien qu'il tombe souvent dans d'étranges aberrations, il n'y a pas d'écrivain supérieur à lui, ni qui ait poussé plus avant l'art de choisir et d'assembler les mots.» (La vie littéraire)

    ALAIN TOURAINE
    Rabelais moderne
    «Si la confiance exclusive placée dans la raison instrumentale et dans l'intégration sociale est chargée de dangers, la destruction allègre du sacré, de ses interdits et de ses rites est un acommpagnement indispensable de la modernité. Nul ne représente mieux que Rabelais cette soif de vivre, de manger, d'apprendre, de prendre son plaisir et de construire un monde nouveau, conforme à l'imagination, aux désirs et à la raison, plutôt qu'à des textes sacrés, à des coutumes ou à des hiérarchies établies. Les sociétés industrielles avancées sont aujourd'hui très éloignées de cette libération première... mais elles risquent aussi d'être attirées par le rêve d'une société close, communautaire, protégée contre le changement. La meilleure protection contre ce retour à la communauté fermée est l'appétiti de Rabelais, complété par le doute de Montaigne.» (Critique de la modernité)

    Oeuvres


    Oeuvres en ligne:

    Les quatre livres de Rabelais numérisés par François Bon et disponibles sur le site Athéna

    Gargantua (édition princeps de 1534) (Athéna); autre édition en ligne

    Le Quart-Livre (Athéna)

    Le Tiers-Livre (Athéna)

    Pantagruel (édition princeps de 1532) (Athéna)

    La Pantagrueline Prognostication ("consultation html et téléchargement RTF - unique transcription d'après micro-film édition originale") - Remue.net
    Pantagrueline Prognostication (Athéna)

    Documentation

    Études anciennes

    France, Anatole. Rabelais. Reproduction de l'édition de Paris, Calmann-Lévy, 1928, IV-246 p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica - mode image, format PDF)

    Thuasne, Louis. Études sur Rabelais, Paris, E. Bouillon, 1904, XIII-450 p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica - mode image, format PDF)

    Chevalier, Henri Émile. Rabelais et ses éditeurs, Paris, Auguste Aubry, libraire, 16 rue Dauphine, 1868 (extrait de la Revue Moderne, 25 novembre 1868) - Bibliothèque de Lisieux, Fr.

    La Juillière, Pierre de. Les images dans Rabelais, Halle, M. Niemeyer, 1912, X-156 p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica - mode image, format PDF)

    Lenormant, Charles (1802-1859). Rabelais et l'architecture de la Renaissance : restitution de l'abbaye de Thélème. Paris, J. Crozet, 1840, 35 p.-[2] f. de pl. (Bibliothèque nationale de France, Gallica - mode image, format PDF)

    Heulhard, Arthur. Rabelais, ses voyages en Italie, son exil à Metz. Paris, Librairie de l'art, L. Allison, 1891, X-405 p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica - mode image, format PDF)

    Troubat, Jules. Plume et pinceau : études de littérature et d'art : Rabelais, Voltaire, Mérimée, Talma, l'Assommoir, Napoléon et Robespierre, M. Victor Hugo, le comte de Cavour. Paris, I. Liseux, 1878, XII-348 p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica - mode image, format PDF)

    Pourtalès, Guy de. "Petites leçons de maître François Rabelais pour le Temps de guerre et pour le Temps de paix", Le Mercure de France, , no 504, 16 juin 1919, p. 593-614 (Bibliothèque nationale de France, Gallica - mode image, format PDF)

    Péladan, Joséphin. La clé de Rabelais, Paris, E. Sansot, 1905, 124 p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica - mode image, format PDF)
    Péladan, Joséphin. "Les secrets des anciennes maîtrises : la clé de Rabelais", Mercure de France, no 185, 1er mars 1905, p. 5-18 (Bibliothèque nationale de France, Gallica - mode image, format PDF)


    Études contemporaines

    Desrosiers-Bonin, Diane. Les romans (?) de Rabelais. Conférence prononcée à l'Université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand le 18 décembre 1997

    Demerson, Guy. Rabelais est-il actuel? (Université Blaise-Pascal, Clermont-Ferrand II)

    Renaud, Michel. Rabelais au collège. Ce texte reprend pour l’essentiel une communication présentée dans le cadre de la journée Rabelais, organisée par le CRDP de Clermont-Ferrand en novembre 1994.

    Bon, François. Rabelais, formes, constructions, Le Monde, 1996

    Bon, François. Quart-Livre, territoire inconnu, Magazine littéraire, 1996

    Bon, François. Folie de la langue contre langue des fous, revue Nervure, 1997

    Bon, François. Traces de Rabelais en Poitou, revue Atlantique, 1997

    Le limasson des rimasseurs. De Rabelais et des escargots (lettre de François Bon à Louis Dubost, 1998)

    Bloch-Dano, Evelyne. Voyage en Rabelaisie, Magazine littéraire, n° 394, janvier 2001
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2013-04-05
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    Informations
    Données biographiques
    Nationalité
    France
    Naissance
    v. 1485, La Devinière, près de Chinon
    Déces
    1553
    Documents Associés
    Alain
    Langue française, prose, obscénité, plaisir, abondance, style
    Anatole France
    L'humanisme et la démesure du «montreur de géants»
    Gabriel Compayré
    Histoire de l'éducation, pédagogie, Renaissance, scolastique, connaissance, hygiène
    Bernard Saladin d'Anglure
    Éducation, Logique de la vie, Rabelais, Homo Vivens,Érasme
    Raccourcis
    Bio-bibliographie (Centre d'étude en rhétorique, philosophie et histoire des idées, Fr.)
    Brève biographie sur le site de la BNF
    Rabelais: un mythe, un homme, une oeuvre (Michel Renaud)
    François Rabelais: textes, études, liens (site de François Bon)
    Rabelais (site de Pierre Cohen-Bacrie)
    Biographie (site de Dominique Petit-Laurent)
    Notices de Wikipedia : fr., angl.
    Notice de la Catholic Encyclopedia
    Dossier sur le site A la lettre.com
    Rabelais et son temps (concordance)
    Le grand charivari: Rabelais et la Renaissance

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