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    Silesius Angelus

    L’union intime de l’âme avec son fiancé céleste, cette image que Frédéric Spee avait empruntée au Cantique des cantiques, séduisit un grand nombre de ses contemporains, et devint le thème de fastidieuses paraphrases. Il y eut pourtant, parmi les imitateurs de Spee, un homme de talent, et qui, avec plus de goût et d’étude, aurait pu devenir un écrivain : c’est Jean Scheffler, nommé Angelus Silesius. Il fut élevé à Breslau, où le philosophe mystique Jacques Boehme, mort en 1624, avait gardé des adhérents. À Amsterdam, il fut affilié à un groupe de théologiens millénaires. De retour de ses voyages, en 1652, il se sépara de l’Église protestante, alors livrée au dogmatisme, et où son imagination se trouvait à l’étroit. Il entra, neuf ans après, dans l’ordre des Frères mineurs, et mourut chanoine de Saint-Mathias, à Breslau, en 1677. Dans Angelus Silesius, le mysticisme lyrique dégénère en fadeur sentimentale. Le recueil de ses poésies a pour titre : Saintes Délices de l’âme, ou Églogues spirituelles de Psyché amoureuse de son Jésus (1). Mais sa théologie est surtout contenu dans ses six livres de sentences en vers alexandrins, intitulés Le Pèlerin angélique (2). Ici la rêverie panthéiste atteint ses dernières limites. Non seulement l’homme ne vit qu’en Dieu, mais Dieu lui-même n’existe que par le lien d’amour qui l’unit à la créature. « La rose que contemple ton œil mortel a fleuri de toute éternité en Dieu. – Je suis aussi grand que Dieu, il est aussi petit que moi; il ne peut être au-dessus de moi, je ne puis être au-dessous de lui. – Je suis aussi riche que Dieu; il n’y a pas en moi un atome qui ne me soit commun avec lui. – Je sais que, sans moi, Dieu ne saurait vivre un instant; si je cessais d’être, il s’évanouirait aussitôt. » La vrai condition du bonheur, d’après Angelus Silesius, c’est le repos absolu. Ne plus agir, ne plus vouloir, ne plus désirer même, ouvrir son âme au rayonnement de l’amour divin, tel est le but idéal de la vie. Une telle doctrine, quelles que fussent ses conséquences morales, péchait au point de vue de l’art par la monotonie des aperçus. La faculté poétique se perdait, comme toutes les énergies vitales, dans le vague de la contemplation infinie.

    L’influence d’Angelus Silesius et de Frédéric Spee se prolongea jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, et s’étendit même sur la littérature protestante, sans qu’on puisse dire qu’elle fût véritablement féconde. Knorr de Rosenroth, un contemporain d’Angelus Silesius, qui mêla l’alchimie à la théologie, est l’auteur d’un Nouvel Hélicon; il sait quelquefois être naturel, lorsqu’il se sépare de ses premiers maîtres. Dans Rosenroth, qui fut conseiller et ministre, l’homme du monde tempérait le mystique : Quirinus Kuhlmann, nature plus ardente, se fit l’apôtre d’un nouveau christianisme, qu’il prêcha par toute l’Europe, et auquel il voulait attacher son nom; il fut brûlé vif à Moscou, en 1689. Il n’avait que treize ans, dit-on, lorsqu’il écrivit ses Baisers célestes. Il y ajouta plus tard beaucoup d’autres poésies. Pour le comprendre, il fallait d’abord, disait-il, se pénétrer de sa doctrine : c’était trop exiger. Enfin tout ce résidu d’idées mystiques, du moins ce qu’elles avait d’intelligible, se déposa dans les chants des frères moraves, dont le comte de Zinzendorf fut à la fois le législateur et le principal poète.

    Notes
    (1) Heilige Seelen-Lust, oder geistliche Hirten-Lieder der in ihren Jesum verliebten Psyche, Breslau, 1657
    (2) Johannis Angeli Silesii Cherubinischer Wandersmann, Glatz, 1674. – Édition moderne des poésies complètes de Jean Scheffler, par A. Rosenthal; 2 vol., Ratisbonne, 1862. – Nouvelle éd., par G. Ellinger; Halle, 1893.

    source: Adolphe Bossert, Histoire de la littérature allemande, Paris, Hachette, 1904, p. 246-248.
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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    Informations
    Données biographiques
    Naissance
    1624, Breslau, Allem.
    Déces
    1677
    Raccourcis

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