Le diocèse de Trieste fait partie de l'archidiocèse de Goritz, il n'a pas de séminaire. Pauvre diocèse, évêque pauvre, qui donnent peu et qui à leur tour ont besoin d'être assistés. Je recueillis à peine quelques florins pour mon église. Il me tardait de quitter une ville dans laquelle je ne pouvais qu’être à charge, et avec d'autant plus d'empressement, qu'en ce moment-là, il soufflait un vent violent, chaud comme le vent du désert, qui soulevait des nuages de poussière et qui faillit me jeter à la mer. Il me tardait de fouler la terre d'Italie dont la langue, plus intelligible pour moi et sœur de la mienne, devait me rappeler la patrie.
J'étais logé derrière la cathédrale, au couvent des Capucins. Ces chers religieux, auxquels je dois beaucoup, on se le rappelle, il m'en coûtait de les quitter; dans leur pauvreté, ils trouvaient encore les moyens d'être généreux envers leurs hôtes étrangers. Chez eux, on parlait italien. À Trieste, la population est italienne en majeure partie. La plupart des noms des rues sont italiens. Toute cette côte de l'Adriatique, quoique appartenant à l'Autriche, parle italien. Le bon Padre Guardiano était heureux de me recevoir et de me garder tout le temps qui me serait nécessaire.
