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    Dossier: Trieste

    La ville de Trieste et son port au XVIIIe siècle

    Marie Dominique de Binos
    Lettre XLII

    À Trieste, le 12 juin 1777

    M.

    On a mis à la voile le 9 de ce mois, & nous sommes arrivés le 12 au port de cette ville, une des principales de l’Istrie. Le mole qui est à la droite paroît très-solide : la partie qui fait face à la mer, est taillée en pointe; son épaisseur est de douze palmes; il est partagé par dix-huit larges embouchures, dans lesquelles on peut placer des batteries de canon pour en défendre l’entrée. À la vérité, les vaisseaux arrivés au milieu de l’espace qui est entre le Lazaret & les embrâsures, n’auroient pas à craindre les feux de la grosse artillerie; mais s’ils avançoient en suivant la ligne du milieu, ils trouveroient à la fin un autre mole plus voisin de la ville, dans lequel font des embrâsures pour des canons qu’on tireroit avec succès contre ceux qui oseroient en approcher.

    Le lazaret est d’environ deux milles de circonférence, & d’un mille de diamètre. Il est fermé de tous côtés par un mur très-élevé; il y a seulement deux ouvertures, l’une pour donner l’entrée aux vaisseaux qui vont faire la Quarantaine, & l’autre du côté de la terre, qui est bien plus petite : dans la plus grande sont placées deux redoutes où se tient le corps-de-garde. L’intérieur de son enceinte est rempli d’eau en grande partie, & le reste par des édifices qu’on peut diviser en trois corps; le premier a trente-deux chambres pour loger ceux qui sont en Quarantaine; chaque chambre a sa cuisine & autres commodités; le second & le troisième servent pour reposer les marchandises; les larges corridors qui sont entre ces différens corps, sont fermés par des grillages.

    La ville se divise en haute & basse : la première, plus ancienne, est bâtie sur un terrain élevé en amphithéâtre, au bout duquel est un château gardé par une nombreuse garnison; la seconde, qui lui est jointe, fut construite sur la plaine par les soins de la Reine d’Hongrie. Des rues larges & bien percées, ornées de grands édifices, aboutissent à différentes places. La mer qui entre dans plusieurs par de grands canaux, y porte des vaisseaux à trois mâts, & rend très-commode le transport des marchandises. Dans une des places est un grand rocher en pyramide, orné dans sa base de quatre statues de marbre qui représentent les quatre parties du Monde : de ce rocher artistement fait jaillissent quatre fontaines abondantes. Au sommet de cette pyramide est une statue de marbre qui s’incline comme pour voir les eaux qui coulent sous elle; il me semble qu’elle feroit mieux d’en verser elle-même par sa bouche; ce signe de bienfaisance exciteroit plus la curiosité que celui de sa muette admiration. Trieste, qui ne méritoit pas, il y a quarante ans, d’être mise au nombre des villes commerçantes, tient déjà un rang distingué parmi elles, & a le droit d’espérer de plus grands avantages de la sécurité qu’on prépare aux vaisseaux qui y aborderont : le port est franc; il n’y a que l’ancrage qui se paie. Malgré les embellissemens qu’on y fait tous les jours, on n’y voit que des fabriques de verre & de fayance; les autres pays d’Allemagne la pourvoient de draps, de toiles & des autres objets qui lui manquent; mais c’est toujours une fâcheuse servitude que d’être obligée de chercher ses besoins hors de soi, & de subsister par des influences étrangères.

    La partie de la ville qui regarde la terre, est entourée de jolis coteaux couverts de forêts d’oliviers & de rangs de vignes en amphithéâtre. Le terrain, sujet à être entraîné par le courant des eaux, est contenu par l’adresse des cultivateurs. On fait à chaque espalier un mur, dans lequel on insinue la souche qu’on veut garantir de l’irruption de ces eaux : on range les sarmens le long du mur, on les élève, on les lie avec les voisins par le moyen d’un bâton qui les unit. Ces coteaux étoient trop agréables pour devoir être isolés; les Négocians de la ville qui en ont connu le prix, y ont bâti des jolies maisons d’où ils peuvent jouir sans gêne des perspectives variées qu’offrent la mer & la terre : le prochain départ de notre vaisseau va mettre un terme aux jouissances que m’ont donné ces lieux charmans. Les approvisionnemens sont faits; la douce agitation des eaux de la mer invite à la navigation. J’entends dire qu’on tendra demain les cordages; nous verrons ce qu’il en sera.

    Je suis, &c.
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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    Informations
    L'auteur

    Marie Dominique de Binos
    Mots-clés
    Empire austro-hongrois, port, Adriatique
    Extrait
    Trieste, qui ne méritoit pas, il y a quarante ans, d’être mise au nombre des villes commerçantes, tient déjà un rang distingué parmi elles, & a le droit d’espérer de plus grands avantages de la sécurité qu’on prépare aux vaisseaux qui y aborderont : le port est franc; il n’y a que l’ancrage qui se paie.
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