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    L'Encyclopédie sur la mort



    Eliot Thomas Stearns

    Eliot Thomas SteamsThomas Stearns Eliot, poète, dramaturge et critique littéraire est né le 26 septembre 1888 à Saint-Louis de l'État de Missouri dans une famille puritaine appartenant à l'Église unie. Après des études à Harvard, T.S. Eliot fit quelques allers et retours entre les États-Unis et l'Europe avant 1914. Lors de la déclaration de première guerre mondiale, il se rendit de l'Allemagne, où il aurait voulu poursuivre ses études, en Angleterre. Il s'établit à Londres comme employé de banque et maître d'école, tout en passant la plus grande partie de la guerre à rédiger des poèmes. En 1915, Eliot épousa Vivienne Haigh-Wood, une anglaise avec qui il connut une vie fort malheureuse et d'avec qui il se séparera plusieurs années plus tard. En 1927, il devint sujet britannique et se convertit à l'église anglicane. Il reçut le prix Nobel de littérature en 1948. Après la mort de T.S. le 4 janvier 1965, sa seconde épouse Valérie Fletcher, jeune femme avec qui il vécut très heureux, a su préserver son héritage littéraire. Murder in the Cathedral (Meurtre dans la cathédrale) parut en 1935. La pièce, évoquant le meurtre de l'archevêque de Canterbury Thomas Becket le 29 décembre 1170, fut créée en France dans une traduction d'Henri Fluchère le 18 juin 1945, au théâtre du Vieux-Colombier, dans une mise en scène de Jean Vilar, décors et costumes de GISCHLA, choeurs dramatiques de Jan Doat.

    Personnalité littéraire de T.S. Eliot

    L'incipit du second poème des Fours Quartets n'est nul autre que My end is my beginning (Ma fin est mon commencement). Dans ces mots se trouvent exprimés le modernisme paradoxal de T.S. Américain de naissance et d'éducation, il réussit à se faire passer pour «le plus anglais des auteurs anglais, et même pour plus anglais que les Anglais», puisqu'il a su s'approprier leur tradition, et devenir mieux qu'eux détenteur de ses sources et de son origine. Selon Eliot, «la véritable modernité consisterait non pas en un stérile contrepoint entre la répétition servile de la tradition et sa négation désormais non moins convenue, mais dans une ré-écriture perpétuelle des origines.» Le modernisme d'Eliot, d'abord pessimiste et mélancolique, deviendra, au cours des années, réactionnaire et traditionaliste, mais il aura su mettre le doigt sur une des causes essentielles de la décadence européenne: cette dissociation of sensibility, cette séparation des facultés intellectuelle et émotionnelle, esthétique et morale. (Selon Patrick Hutchinson, «T. S. Eliot ou les paradoxes du Modernisme», La République des Lettres, mars 1991 [Mise à jour 2006]).


    Texte intégral:
    http://www.republique-des-lettres.fr/1268-t-s-eliot.php

    De T.S., Meurtre dans la cathédrale, traduit de l'anglais par Henri Fluchère (publié par le Seuil en 1946 et réédité par le Seuil en 1995), celui-ci fait une présentation très éloquente de la figure littéraire de ce poète et dramaturge dont voici quelques traits particuliers. T.S. se définit lui-même comme «classique en littérature, royaliste en politique et catholique (?) en religion» (1995, p. 12). Il avait «une sensibilité mouvante toujours en éveil (1995, p. 14). Sa poésie «transforme la pensée en émotion». T.S. replace John Donne* et ses contemporains à leur véritable rang de poètes métaphysiques (p. 25). Il a su établir enfin entre la sensibilité et l'intelligence une collaboration constante (p. 26).

    Dans L'épreuve de la mort dans l'oeuvre de T.S. Eliot, Georges Séféris et Yves Bonnefoy, Paris, L'Harmattan, 2009, son auteur Christopher Bouix écrit:

    «... la mort, chez T.S. Eliot, est le fondement même de l'écriture, ce à quoi toute signification est réduite (on pense, par exemple, à «Marina» des Ariel Poems, et à cette répétition obsédante: «meaning / Death» (Eliot, Poésie, Paris, Seuil, 1969, p. 150). Son plus célèbre texte, The Waste Land, (La terre vaine) reprend l'idée, [...], d'un monde dévasté. La mort, indéniable réalité de cette terre désolée, que l'homme habite pourtant, devient chez Eliot, à travers toute une imagerie chevaleresque, cette expérience fondatrice, cette épreuve.

    "I am dying in my own death and the deaths of those after me" (je me meurs dans ma propre mort et de la mort de ceux qui viendront après moi). écrit-il dans "A Song for Simeon" (Eliot, "Un cantique pour Siméon", Poésies, o. c., p. 144-145).

    [...]

    Ainsi, les premières grandes oeuvres d'Eliot témoignent-elles de l'expérience de la première guerre mondiale, expérience de la destruction et de la mort. [...] "Terre vaine", ce sera d'abord, pour Eliot, la seconde guerre mondiale et ses extrémismes, qui menaceront la culture et tenteront d'imposer une pensée unique.»

    Nous sommes les hommes creux
    Les hommes empaillés
    Cherchant appui ensemble
    La caboche pleine de bourre. Hélas !
    Nos voix desséchées, quand
    Nous chuchotons ensemble
    Sont sourdes, sont inanes
    Comme le souffle du vent parmi le chaume sec
    Comme le trottis des rats sur les tessons brisés
    Dans notre cave sèche.

    Silhouette sans forme, ombre décolorée,
    Geste sans mouvement, force paralysée ;

    Ceux qui s’en furent
    Le regard droit, vers l’autre royaume de la mort
    Gardent mémoire de nous – s’ils en gardent – non pas
    Comme de violentes âmes perdues, mais seulement
    Comme d’hommes creux
    D’hommes empaillés.
    [...]
    We are the hollow men
    We are the stuffed men
    Leaning together
    Headpiece filled with straw. Alas!
    Our dried voices, when
    We whisper together
    Are quiet and meaningless
    As wind in dry grass
    Or rats’ feet over broken glass
    In our dry cellar

    Shape without form, shade without colour,
    Paralysed force, gesture without motion;

    Those who have crossed
    With direct eyes, to death’s other Kingdom
    Remember us—if at all—not as lost
    Violent souls, but only
    As the hollow men
    The stuffed men.

    T.S. Eliot

    Extrait de  «The hollow men »


    Oeuvres de T.S. Eliot en français

    Meurtre dans la cathédrale, traduit de l'anglais par Henri Fluchère (1946), Paris, Seuil,1995.
    Essais choisis, traduits de l'anglais et présentés par Henri Fluchère (1950), Paris, Seuil, «Le don des langues», 1999.


    La terre vaine et autres poèmes, édition bilingue, traduction de l'anglais par Pierre Leyris (1976), Paris, Seuil, «Points», 2006.

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    nobelprize.org

    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:2013-01-10
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