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| Euthanasie |
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Quartier copte du Caire. Photo © Otto Kohler, reproduite avec son autorisation. |
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| L'étymologie nous invite à définir l'enthanasie comme l'art de donner une bonne (eu) mort (thanatos). Par bonne mort, on entend surtout aujourd'hui mort sans souffrance. Dans le contexte médical contemporain, le mot euthanasie désigne la mort choisie par opposion à la mort naturelle. On peut hâter la mort d'un malade en renonçant à certains traitements ou en dépassant les limites dans l'administration d'autres traitements. Euthanasie passive dans le premier cas, euthanasie active dans le second! Active ou passive, l'euthanasie peut être pratiquée avec ou sans le consentement de l'intéressé, ou avec un consentement qui a été arraché par de subtiles pressions. |
| Enjeux |
La question de l'euthanasie place les individus et les législateurs devant
deux obligations qui sont contradictoires et semblent aussi fondamentales l'une que l'autre: le respect de la liberté et le respect de la vie. Simone Weil disait que le désordre dans une société se mesure à la multiplication des situations de ce genre. |
| Essentiel |
De son regard pénétrant, Karl Stern voit «ce que serait une société organisée sur la base de principes prétendus scientifiques», et soulève le problème de l’euthanasie tel qu’il se pose hic et nunc et se posera pendant toute la durée de la vie humaine sur terre: pourquoi, au nom de quoi laisser vivre les incurables? Voici sa réponse: «D’un point de vue strictement pragmatique, en dehors de toute idée métaphysique de la personne humaine, il n’y a vraiment aucun argument à lui opposer. Nous, qui vivons dans un univers sans impératifs, nous accrochons à bien des principes formels qui sont un héritage du christianisme dont nous avons perdu la conscience - et non parce que nous avons gardé la foi réelle en la doctrine chrétienne de la réversibilité des mérites de la souffrance, ou dans l’enseignement hindou de la Karma, ou tout simplement dans l’immortalité de l’âme humaine. En fait, la plupart d’entre nous ne croient plus en rien de tout cela. De sorte que nous nous accrochons d’une main au pragmatisme moderne et de l’autre à la philosophie judéo-chrétienne. Mais la faille s’élargit chaque jour davantage, et le moment viendra où l’une des deux devra lâcher prise.» (Karl Stern, Le Buisson ardent, Paris, Seuil, 1953, p. 140).
La stérilisation imposée aux inaptes par le régime nazi est devenu un choix volontaire dans une proportion effarante dans de nombreux pays du monde. Quelle main a donc lâché prise? |
| Documentation |
Couture Armelle. Le soignant face à l'euthanasie, droit comparés français et suisse. Mémoire de fin d'études, Institut d'Etudes Politiques de Lyon. Année universitaire 2002-2003. 102 p.
Laurent Laplante, S'agit-il bien d'euthanasie, Dixit Laurent Laplante, 7 décembre 2000.
André Comte-Sponville, Euthanasie, la règle et l'exception, Psychologies Magazine, avril 2000.
André Comte-Sponville, Le droit de mourir, Psychologies Magazine, septembre 1998.
L'euthanasie en Suisse romande. Un dossier de Construire (année 2001, no 17, 17 juillet 2001) - format PDF |
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| | La mort de Vincent Humbert | | Jacques Dufresne | | Mort, handicapés, compassion, pragmatisme, mère | | Voir les articles du journal Le Monde sur la question d'une loi sur l'euthanasie et la mort de Vincent Humbert. | | | Contre l'inutile souffrance | | Hector Berlioz | | Maladie, cancer, douleur, souffrance | | Passage tiré des Mémoires du compositeur français Hector Berlioz. | | Fin de vie, arrêt de vie, euthanasie | | Comité consultatif national d'éthique pour les sciences de la vie et la santé (France) | | Euthanasie, mort, médecine, sciences de la vie | | Avis no 63 du Comité consultatif national d'éthique pour les sciences de la vie et la santé (France), en date du 27 janvier 2000 | | | Un cas d'euthanasie consensuelle au XIXe siècle | | Léon Daudet | | Pascal, rage | | Où on voit que dans certains cas, le jugement permettant l'euthanasie est facile à produire comme jugement de vérité. |
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  |  | Terminologie / Traductions |
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| Synonymes |
| mort volontaire assistée |
| Antonymes |
| mort naturelle |
| Étymologie |
«Le mot "euthanasie" a été créé par Roger Bacon à partir du grec eu (bien) et thanatos (mort). Primitivement, il signifiait la mort heureuse, ou la bonne mort, c'est-à-dire très douce, sans souffrance, sans même qu'on s'en aperçoive. Aujourd'hui, on pense plus volontiers à une mort accélérée ou provoquée pr un tiers pour mettre fin à des souffrances inhumaines ou inutiles.»
Robert Sabatier, Dictionnaire de la mort, Paris, Albin Michel, 1967, p. 199. |
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| Allemand |
| Euthanasia |
| Anglais |
| euthanasy |
| Espagnol |
| euthanasia |
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