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    Impression du texte

    Ghika Vladimir

    En 1988, paraissait L A MEMOIRE DES SILENCES, VLADIMIR GHIKA 1873-1954 par Elisabeth de Miribel.

    Tout en commentant ce livre dans la revue Le Bulletin des Lettres (no74 - 15 mars 1988), Pierre Savinel présente les grandes lignes de la vie et de l'oeuvre de Vladimir Ghika. 

    Préfacé par Maurice Schuman, c'est un livre de haute spiritualité, tout tendu vers la mise en valeur de la sainteté chez cet orthodoxe converti qui s'est voulu « tout à tous » bien avant de recevoir les ordres. Né dans une famille princière roumaine, i l a subi enfant l'influence décisive d'une mère très pieuse, mais étroitement orthodoxe : quand elle met ses deux fils au lycée de Toulouse (leur père étant en poste à Paris), elle les confie à une famille protestante, comme pour les préserver d'une contamination. Or c'est probablement le spectacle de ces divisions entre chrétiens qui a suscité très vite chez Vladimir une passion pour le retour à l'unité chrétienne et l'idée que l'Eglise catholique romaine était la seule force capable de travailler efficacement à cette réunion. Il y adhère à 29 ans, à Rome, où il avait rejoint son frère Démètre, secrétaire à la légation de Roumanie. Et quand on lui demande pourquoi i l est devenu catholique, i l répond : « Pour devenir plus orthodoxe ». Il aspire tout de suite à l'ordination, mais sa mère, la princesse Alexandrine, déjà meurtrie par cette conversion, demande à Pie X I de le détourner de la prêtrise, et de ne pas demander à sa mère plus qu'elle ne pouvait donner. Après sa mort, en 1914, i l attendra encore huit ans pour se faire prêtre, mais sa première fondation catholique est de 1906 : c'est l'hôpital des soeurs de Saint Vincent à Bucarest, d'abord appelé Bethléem Mariae, confisqué brutalement en 1949, par les sbires d'Anna Pauker, et montré aujourd'hui aux visiteurs comme la plus belle réalisation hospitalière du régime communiste. Prêtre parisien, i l est infatigable au service de Dieu. Il disait : « Ma voie est la voie ferrée », car i l prenait effectivement le train à n'importe quel moment, pour répondre à n'importe quel appel au secours : c'est ainsi qu'il ira à Bucarest convertir Panait Istrati, communiste désabusé et désespéré. Mais il sent en lui une exigence et une inspiration de fondateur : son modèle est Monsieur Vincent, et i l fonde en 1924 la Société des Frères et Soeurs de Saint Jean, communauté sans voeux, sans règle, avec simplement promesse faite au fondateur de chercher sans relâche dans la paix « ce que Dieu préfère ». « Je demande la confiance plutôt que l'obéissance, avec un joug allégé de toute contrainte, même volontairement acceptée ». L'auteur y voit un esprit « plus oriental que latin », mais J. Daujat décèle en fait en V. Ghika un précurseur, l'inventeur d'un monachisme pour notre temps, comme le P. de Foucauld, et E . de Miribel elle-même évoque à son propos « l'oeuvre admirable que réalise sous nos yeux Mère Teresa ». Sa communauté d'Auberive, près de Langres, n'ira jamais au-delà de six Soeurs, et devra fermer, mais celle dû Japon compte aujourd'hui VLADIMIR GHIKA 1873-1954 81 cinquante Soeurs. C'est pourquoi M . Schuman parle à son propos d'apparents échecs plus féconds que des réussites ; fondation durable également du Centre d'études religieuses, avec J . Daujat, en 1925, pour la formation spirituelle et doctrinale des laïcs, et qui existe toujours.

    Mais plus impressionnante encore est son action au service des âmes, soit dans la paix, jusqu'en 1939, soit dans la guerre, qui le surprendra à Bucarest, où il allait fonder une léproserie. Il subit pour finir un martyre de près d'un an dans les geôles de la Pauker, et des supplices qui font d'elle une digne émule d'Usé Koch : on l'a soumis 83 fois à la « pendaison électrique », où deux moitiés d'anneau se referment sur la gorge du supplicié, et le soulèvent de terre, puis les enquêteurs provoquent un court-circuit pour arrêter au dernier moment le processus. Il a à ce moment 80 ans, pèse moins de 50 kg pour 1,76 m, mais donne toujours la moitié de sa mamaglia (pâtée de maïs) à des prisonniers plus jeunes : c'est le même qui, à 20 ans, faisait le désespoir de sa mère, qui le voyait rentrer des soirées pieds-nus et sans veston : i l avait croisé un pauvre ; le même qui disait : « Ce qui est difficile, ce n'est pas de trouver Dieu, c'est de le lâcher, car i l est partout ». Il a laissé par bonheur des écrits spirituels, entre autres « Pensées pour la suite des jours », « Entretiens spirituels ». Mais le beau livre d'Elisabeth de Miribel vise à sauver ce qui fut peut-être encore plus important que ces écrits : l'exemple d'un apostolat rayonnant, infatigablement créateur d'oeuvres, de conversions, de régénérations d'âmes sclérosées, semblable à « la lumière qui ne se couche jamais », par quoi Heraclite désigne peut-être l'esprit, et sur lequel l'ombre et le silence ne devraient pas retomber. P.S

     

    Biographie

    Sachons mémoire garder
    Nous empruntons ce souhait à la Librairie Roumaine antitotalitaire établie à Paris qui poursuit un dur combat contre le totalitarisme en défendant la liberté d'expression, cet "ultime rempart contre le retour du totalitarisme". Et c'est pour mémoire garder que nous publions cette biographie du Prince Vladimir Ghika telle que son auteur, Dom Antoine Marie osb, abbé de l'Abbaye de Saint-Joseph de Clairval , nous a aimablement autorisés à le faire. C'est dans la prison Jilava de Bucarest, moins connue que la Loubianka décrite par Soljénitsine, mais tout aussi terrible, que s'est achevé le martyre de Mgr Ghika qui refusa, à l'instar de nombreux autres évêques et prêtres gréco-catholiques qui moururent en prison, de renoncer à l'union avec Rome pour devenir un «prêtre de la paix» sous l'Étoile Rouge. Le Prince Ghika devenu prêtre puis Protonotaire en obéissance à Rome avait toute liberté de poursuivre en France son ministère de compassion lorsque la guerre se déclara en 1939. Il a choisi de rentrer dans son pays où, jusqu'à son arrestation en 1952 — la Roumanie étant sous le régime communiste depuis 1944 —, il consacra le reste de sa vie, lui-même vivant dans un dénuement de plus en plus grand, à soulager les victimes et de la guerre et du totalitarisme soviétique. Mgr Ghika est mort le 17 mai 1954 dans l'infirmerie de la prison Jilava.

    Alors qu'il portait encore le nom de Prince Vladimir Ghika, il a publié Pensées pour la suite des jours,et Entretiens spirituels, aux Éditions Beauchesne. Yvonne Estienne a publié Derniers témoignages, aux mêmes Éditions, après la mort de Mgr Ghika: ce sont des pensées retrouvées sur des bouts de papier dans des caisses de documents réexpédiées en France depuis la Roumanie. « Mes yeux d'homme ne verront pas ceux qui tressailleront à me lire — le ciel promis viendra avant la terre promise — et, pour un pareil poème, il vaut mieux que la voix sorte d'une tombe, mystère, autorité plus troublante du témoignage...» Ces derniers témoignages ne sont pas sans rappeler les Pensées pour moi-même de Marc-Aurèle.

    Un ancien prisonnier, Grégoire Dumitresco, qui a survécu aux tortures de la prison Jilava, en a laissé un récit qu'il faut avoir le courage de lire car, pour reprendre le mot de Nietzsche « ce qui a été écrit avec le sang mérite d'être appris par coeur ». La procédure de Béatification de Mgr Ghika est en cours.

    Oeuvres

    Pensées pour la suite des jours, Éditions Beauchesne, 1962.
    Derniers témoignages, présentés par Yvonne Estienne, Éditions Beauchesne, 1970.
    Entretiens spirituels, La présence de Dieu - La liturgie du Prochain - La Souffrance - L'Heure Sainte - La Visite des Pauvres, Éditions Beauchesne.
    Sauf erreur, ces oeuvres n'ont pas été rééditées.

    Documentation

    La mémoire des silences:Vladimir Ghika, 1873-1954 (préface de Maurice Schumann), par Élisabeth de Miribel, Fayard, 1987.
    Prince et martyr, l'apôtre du Danube, Mgr Vladimir Ghika,
    par
    Hélène Danubia, Téqui, 1993.
    Une âme de feu,Mgr Vladimir Ghika, par Michel de Galzain, d'après les documents réunis par Mgr Barléa - Éditions Beauchesne, 1961.
    L'apôtre du 20e siècle, Monseigneur Ghika, par Jean Daujat, Nouvelles éditions latines, 1962.
    Une flamme dans le vitrail. Souvenirs sur Mgr Ghika par Yvonne Estienne, Éditions du Chalet, 1963.
    Vladimir Ghika, Prince et Berger par Suzanne-Marie Durand, Éditions Castermann, 1962.


    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2013-04-21
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    Informations
    Données biographiques
    Nationalité
    Roumanie
    Naissance
    1873, Constantinople
    Déces
    1954
    Documents Associés
    Raccourcis

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