Sans cohérence, point de convictions, sans convictions, point d'esprit critique devant l'oppression et point d'engagement durable pour lutter contre elle. Le devoir de cohérence... et de jugement est d'autant plus impérieux que le savoir est plus éclaté.
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Solon

Homme d'État, législateur et poète élégiaque grec.

Le grammairien Didyme, dans son ouvrage sur les lois de Solon, en réponse à celui d'Asclépiade, cite un passage d'un certain Philoclès, qui donne à Solon Euphorion pour père. Il est contraire en cela à tous les écrivains qui ont parlé de ce législateur, et qui le font fils d'Exechestides, homme de peu de crédit et d'une fortune médiocre, mais de la plus illustre maison d'Athènes.

Héraclide de Pont dit que Solon survécut assez longtemps à l'usurpation de la tyrannie par Pisistrate; mais si l'on en croit Phanias d'Érèse, il ne vécut pas deux ans entiers. Car Pisistrate s'était emparé de l'autorité souveraine sous l'archonte Comias; et Solon, suivant le même Phanias, mourut sous l'archonte Hégestrate successeur de Comias. On a dit que ses cendres avaient été semées dans l'île de Salamine; mais c'est le conte le plus absurde et le plus destitué de vraisemblance. Il est cependant rapporté par plusieurs auteurs dignes de foi, et même par le philosophe Aristote.

Biographie

Solon: législateur d'Athènes, l'un de sept sages de la Grèce. Le maître à penser de l'Occident chrétien, Aristote, avait toujours les yeux tournés vers Solon quand il traitait de politique; quand ils ont voulu introduire les lois écrites dans leur République, les Romains ont envoyé une délégation de sénateurs étudier les lois de Solon à Athènes.

Dans de nombreux pays africains d'aujourd'hui, les femmes travaillent de façon servile une terre immense appartenant à un puissant personnage. Six siècles avant-Jésus Christ, Solon a indiqué la voie à suivre pour combattre une telle injustice. Athènes, c'est-à-dire la ville comme telle et la campagne environnante, était dominée par quelques grands propriétaires terriens qui subordonnaient tout à leurs intérêts. Tôt ou tard les rares paysans demeurés libres étaient obligés d'emprunter de l'argent à l'un d'entre eux. Celui qui ne pouvait pas rembourser son créancier en espèces lui cédait une partie de sa terre, à défaut de quoi, il devait payer de sa personne en se constituant esclave. Le grand poème d'Hésiode, Les travaux et les jours, est empreint de ce malheur.

Bien qu'aristocrate lui-même, Solon a éprouvé une telle compassion pour les petits paysans qu'il a réussi à faire adopter des lois justes à leur égard; des lois telles que sans que les grands en soient inutilement et démesurément humiliés, les dettes fussent effacées et les petits paysans habilités à devenir propriétaires. Les prêts sur la personne et autres abus de même nature allaient désormais être considérés comme barbares. L'État de droit venait d'être instauré. Il était accompagné de réformes politiques et juridiques qui donnaient au peuple une participation réelle au pouvoir.

Nous sommes aux environs de ~600. La démocratie ne sera pleinement instaurée qu'un siècle plus tard. Après avoir reçu les lois de Solon, le peuple d'Athènes plébiscita Pisistrate, qui devint un tyran, mot auquel il ne faut toutefois pas donner un sens trop péjoratif dans ce contexte. Pisistrate, contre toute attente, allait respecter et faire respecter les lois de Solon. C'est un autre tyran de même qualité, Clisthène, qui achèvera la grande réforme. Les citoyens allaient désormais être définis par leur appartenance à un dème (village ou quartier) plutôt que par leur appartenance à une lignée. On n'allait plus dire Socrate fils de, mais Socrate du dème de. Vue sous cet angle la démocratie apparaît comme le passage d'une référence au temps à une référence à l'espace.

Désormais le pouvoir appartenait vraiment au peuple qui l'exerça de façon directe et qui, bien vite, en abusa. Pour empêcher un riche de prendre trop d'ascendant, on pouvait le bannir en recueillant à cette fin 6,000 signatures. Les démagogues, qui suivent la démocratie comme les charognards suivent les proies faciles, utilisèrent bientôt cette loi, qui était nécessaire au début, pour éliminer leurs adversaires. Les mêmes démagogues distribuèrent des jetons de présence aux juges et autres magistrats. Et ce fut le début d'une gangrène bureaucratique incurable.

Si bien que la même démocratie qui avait permis aux Athéniens de vaincre les Perses allait être cause de leur défaite devant les Spartiates cinquante ans plus tard. C'est l'une des raisons pour lesquelles Socrate (~470, ~399), Platon (~427, ~347) et Aristote (~384, ~422), (dans une moindre mesure) allaient se montrer très sévères pour le régime démocratique.

Oeuvres

Quelques beaux mots de Solon

On lui demanda un jour quelle était la ville la mieux policée: «C'est répondit-il, celle où tous les citoyens sentent l'injure qui a été faite à l'un d'eux et en poursuivent la réparation aussi vivement que celui qui l'a reçue».

«Les hommes gardent les conventions qu'ils ont faites entre eux quand aucune des parties contractantes n'a intérêt à les violer. Je ferai donc des lois si conformes aux intérêts des citoyens, qu'ils croiront eux-mêmes plus avantageux de les maintenir que de les transgresser.»

Solon, nous dit Plutarque, "accomodait bien plus les lois aux choses que les choses aux lois. [...] Et il croyait juste de fournir aux besoins et non à la paresse."

On serait fidèle à l'esprit de ces lois en disant que nul ne devrait recevoir l'aide de l'État sans être tenu en retour de rendre des services à la société.

Le poème fondateur

Ô Temps sois mon témoin! Et toi, ô noire Terre,
Mère de tous les dieux! Toi que j'ai délivrée
Des bornes dont tu fus bassement encombrée
Par les accapareurs! Toi que j'ai affranchie!
Redressant la Justice indignement gauchie,
J'ai ramené dans leurs foyers par Zeus bâtis
Les exilés, innocents ou non, engloutis
Dans le malheur, vendus, chassés ou bien partis
D'eux-mêmes et si lontemps errant à l'étranger
En proie à la misère, au malheur, au danger,
Qu'ils avaient oublié la langue de leurs pères!
Et d'autres qui tremblaient sous un injuste maître,
Ici même, opprimés, je les ai fait renaître,
Et de nouveau, grâce à mes lois, les voilà libres!
J'ai réparé, j'ai joint, j'ai rapproché les fibres
Aidant les pauvres, juste envers les gens prospères,
En haut ainsi qu'en bas, j'ai placé l'équité.
Un cupide et un lâche eût peut-être hésité
Sans savoir diriger ou tenir en respect
La foule. Je n'ai pas pour être moins suspect
À certains, transigé, pactisé; quand les chiens
attaquent, le loup les tient en respect; les biens
reçus grâce à mes lois, ils n'osaient en rêver,
et de meilleurs que moi vont plus tard m'approuver.
J'empêchai que chacun, à son gré n'écrémât
Le lait de tous. Et quand la colère enflamma
Les deux partis, moi seul, entre eux médiateur,
Je me tins...

Textes cités par PLUTARQUE dans sa Vie de Solon.

Date de création:1999-05-03 | Date de modification:2006-11-02
Informations
Raccourcis
Vie de Solon par Plutarque. Vie de Solon en anglais, extrait contenant de nombreux hyperliens.
Données biographiques
Nationalité
Grèce
Données d'édition
Date de création:
1999-05-03
Dernière modification:
2006-11-02
Textes de Solon
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Lois, exil, injustice, justice, tissu social
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