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    L'Encyclopédie sur la mort



    Voghera Giorgio

    Voghera GiorgioÉcrivain et journaliste italien d’origine juive, il se distingue par ses analyses méticuleuses des mœurs des citoyens de Trieste, plus particulièrement des attitudes de ses semblables devant la mort. La pensée de la mort a été pour lui une « consolation» et la mort lui est apparue comme un «refuge ». « De ma correspondance avec la mort me sont restés un écho de souvenir et un soupçon latent, inquiétant, qui imprègne brusquement ma conscience lorsque, dans les froides soirées venteuses, parcourant les rues désertes de la ville, trop marquées de la cadence de mes pas, entre les rafales furieuses de la bora, se crée un instant de calme profond, sans bruit ni présence humaine: alors, en cet instant, je sais que désormais, et pour tout le temps qui me reste à vivre, ma seule amie c’est elle, ma Dame silencieuse, notre Maîtresse la Mort » (Notre maîtresse la mort, Strasbourg, Circé, 1992, p. 125).

    Dans la première partie de Notre maîtresse la Mort, Giorgio Voghera présente ses quatre expériences de deuil vécues personnellement dans sa famille proche. Il raconte en détail les soins qu’il a offerts à son père, sa mère, sa tante et son oncle, soit dans sa maison soit à l’hôpital, jusqu’à leur mort. Chacun de ses « patients » ont leur caractère, leur tempérament, leur mal qui les ronge, leur attitude devant la mort, leur perception de la mort, leurs hauts et leurs bas, leur foi ou leur incroyance dans une vie après la mort ou dans un au-delà.

    Dans  la seconde partie de son livre, Voghera donne sa propre vision sur la mort. Cette partie est la plus forte et la plus significative, car il y creuse sa propre pensée sur la mort. Par contre, sans l’explicitation de son expérience de ses soins aux mourants et de ses deuils antérieurs, il n’aurait jamais pu écrire ces pages avec une telle sagesse. Il est à noter qu’il appartient à cette catégorie particulière de fonctionnaires célibataires juifs, agnosiques ou athées, très attachés à leur famille et à sa parenté, qui estime de son devoir de veiller personnellement sur leur bien-être jusqu'à leur mort. Les quatre malades qu’il reçoit ainsi dans sa demeure et dnt il s'occupe avec beacoup de sollicitude sont des juifs de la bonne classe moyenne reconnue pour son attachement à la vie domestique et au rythme des rituels familiaux.

     Depuis l’adolescence, peut-être même depuis l’enfance, l’idée du suicide fut pour Voghera comme une « compagne de vie » et lui apporta un sentiment de relative sécurité. « Je m’imaginais qu’il y avait, malgré tout, une issue aux situations et perspectives parfois atroces, presque toujours extrêmement désagréables et irritantes, qui se présentaient continuellement à moi et m’imposaient sans arrêt des choix incertains et humiliants» (p. 62). Pourquoi ne s’est-il pas tué? Son père Guido Voghera a essayé de l’expliquer dans Il segreto (Turin, Einaudi, 1961) et Giorgio l’a fait lui-même dans Quaderno d’Israele (Milan, Scheiwiller, 1967). Dans l’imaginaire de Voghera, le suicide reste, à de rares exceptions près, associé à la force de la jeunesse et à sa capacité de révolte et non pas à l’épuisement de la vieillesse. En effet, à ses yeux, «le suicide reste la prérogative de personnes énergiques, décidées, jeunes le plus souvent: de personnes qui savent agir dans la fureur de la révolte, de la protestation désespérée, et non, assurément, de [celui] qui arrive, épuisé, à la fin de sa vie. À un moment donné, la seule chose que nous désirons vraiment, c’est précisément que ce soit le sort lui-même qui nous réserve une “bonne” mort, ou au moins une mort pas trop mauvaise. L’important serait de mourir en bonne santé, disait l’un de mes amis; mais il feignait de ne pas se rendre compte que meurt assurément en bonne santé seulement celui qui sait décider à temps de quitter volontairement la vie » (p. 66).

    Extrait

    « Je me suis souvent étonné du fait que, jusqu'à mes cinquante ans, je n'aie vu mourir personne: les morts auxquelles, j'ai assisté ensuite ont été si nombreuses. Certes, j'ai perdu des personnes chères avant d'avoir cinquante ans; d'autant plus que j'ai toujours vécu principalement au milieu de gens de la génération précédant la mienne : génération qui s'est éteinte progressivement ces dernières années. Toutefois, par un jeu du hasard, je n'ai jamais eu à assister d'aussi près à l'agonie et à la mort que je n'ai eu à le faire si souvent par la suite.

    Il n'y a, en revanche, rien d'étonnant à ce que ceci ait contribué à modifier mon attitude face à la pensée de la mort; même s'il est probable que, avec le déclin des ans et de ma santé, cette pensée aurait acquis de toute façon une fréquence et des caractéristiques différentes de celles qu'elle avait auparavant.

    Comme beaucoup d'autres gens aujourd'hui, j'ai été durant toute ma vie convaincu que ma conscience ne survivrait en aucune façon à la mort de mon corps. J'ai toujours été persuadé, par ailleurs, que seule l'existence de notre, ou plutôt de ma conscience, est une chose certaine. Rien ne prouve en effet qu'aux contenus de notre conscience corresponde quelque chose qui les transcende, et transcende notre conscience elle-même » (o.c., p. 59-60).

    [...]

    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:2013-01-08
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