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    L'Encyclopédie sur la mort


    Thanatologie

    En 1994, Louis-Vincent Thomas écrivait: «Depuis une vingtaine d'années notre savoir sur la mort a progressé de façon stupéfiante, singulièrement à trois niveaux: la mort, le mourir et même l'après-mort. [...] Toutefois la thanatologie n'est pas encore fondée épistémologiquement puisqu'elle se contente encore de rassembler inorganiquement les données et les interprétations issues: 1. du domaine psycho-chimique et bio-médical; 2. des sciences humaines de plus en plus présentes, singulièrement: l'histoire et l'anthropologie, la psychologie et la psychanalyse, l'économie et la démographie, l'urbanisme, les disciplines juridiques, la linguistique et la sémiologie; 3. sans oublier enfin, la théologie, l'esthétique, la littérature...» (1)

    Cependant, le regretté professeur de sociologie et d'anthropologie à la Sorbonne Paris V (1968-1988) estime que «le cloisonnement des disciplines scientifiques ou non, constitue le principal obstacle au fondement d'une thanatologie comme science spécifique. Mais la surdétermination de l'objet mort reste sans aucun doute la source première des difficultés.» (2) En effet, la complexité de l'objet mort ne cesse d'étonner: la mort est quotidienne et lointaine, naturelle et accidentelle, indéterminable et certaine, universelle et unique, mais elle demeure toujours hors catégorie.

    Avec Edgar Morin, on peut se demander avec raison s'il est opportun d'établir un champ thanatologique «séparé». Celui-ci «risque de trop se fermer sur lui-même et de perdre son enracinement anthropologique et son intérêt réflexif qui justifient les études sur la mort.» L'auteur de L'homme et la mort pense qu'il faut un lieu spécifique où «les éléments dispersés soient réunis et pensés dans un cadre général». Par contre, il est d'avis qu'il faut «maintenir ces dimensions anthropologiques et réflexives, de même qu'un intérêt historique, qui nous permettent de comprendre comment, dans les différentes sociétés, se pose la question de la mort. Celle-ci, par ailleurs est aussi une question psychologique, puisque évidemment il est important de savoir comment la mort est reçue, et intégrée ou non.» (3)

    Nous croyons, par ailleurs, que la réflexion commune sur la mort en thanatologie est mieux servie par la contribution des diverses sciences humaines et sociales, bio-médicales, et autres, suivant leur objet particulier, leurs approches et leurs méthodes propres. La problématique de la mort demeurera ainsi objet d'intérêt ou de préoccupation à l'intérieur de chacune des disciplines.

    Selon Jean-Marc Larouche, «la thanatologie devrait aussi contribuer à la tâche critique propre aux sciences humaines et sociales, tout autant qu'à prendre et faire sa part dans le domaine de la formation fondamentale universitaire.» (4) Préoccupé de l'aspect pédagogique de la thanatologie, il emprunte à Michel Freitag l'expression Anthropologie normative (une pratique pédagogique à valeur transcendentale) pour caractériser la thanatologie. Cette normativité «n'est pas du domaine de la régulation immédiate des pratiques, ce qui en ferait une nouvelle morale, mais elle renvoie plutôt au fait que les études sur la mort donnent à penser à la dimension normative de nos existences individuelles et collectives en interrogeant les représentations et pratiques face à la mort, au mourir et à l'après-mort.» (5)

    À la question «Pourquoi la Thanatologie?», L.-V. Thomas répond: « La mort est sans doute un révélateur pertinent de notre époque et des hommes. Réfléchir à son propos nous introduit en plein humanisme: la thanatologie devient ainsi grande servante de l'homme.» (6) L.-V. Thomas «avait également maintes fois souligné que la thanatologie était d'abord et avant tout une réflexion anthropologique approfondie qui concerne la totalité de la vie, la totalité du fait humain, la totalité même de la culture*. Il avait aussi insisté sur le fait que la thanatologie ne pouvait se contenter d'accumuler expertises, documentations, constats statistiques*et recueil de données, autrement dit d'enregistrer un être-là empirique de la mort parce qu'elle avait aussi un rôle de contestation, de critique et de dénonciation d'une société mortifère que légitimement la thanatocratie et le chantage à la mort. C'est la raison pour laquelle il défendait l'idée d'une socio-thanatologie polémique.» (J.-M. Brohm, Figures de la mort, p. 34)

    © Éric Volant




    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:-1-11-30

    Notes

    Notes
    (1) «Louis-Vincent Thomas ou l'Occident revisité», Frontières, 11, 1, 1998, p. 15.
    (2) op. cit., p, 15-16.
    (3) G. Samonà,«L'affrontement et l'inachevé. Propos recueillis auprès de Edgar Morin», Frontières, vol. 11, 1, 1998, p. 7.
    (4) J.-M. Larouche. «À l'ombre d'une indiscipline. Statut et portée de la Thanatologie», Frontières, 11, 1. 1998, p. 21.
    (5) J.-M. Larouche, op. cit., p. 22.
    (6) L.-V. Thomas, «Problèmes actuels de la mort en Occident», Prétentaine. Les Cahiers de la Revue de l'Institut de Recherches Sociologiques et Anthropologiques (l'IRSA) de
    l' Université Paul Valéry, Montpellier III, 1, 1994, p. 107.

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