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    Sépulture des suicidés

    À partir du concile d’Orléans en 533, l’Église a refusé les funérailles religieuses au croyant décédé par suicide. Le droit canonique de 1917 interdit encore une sépulture chrétienne ou une messe de suffrage pour ceux qui ont porté atteinte à leur propre vie.

    «Encore au milieu du xxe siècle, le suicidé risque de n’avoir droit qu’à des obsèques expéditives et infamantes» (S. Gagnon, Mourir, hier et aujourd’hui, p. 109). Dans la Beauce du Québec d’après-guerre, il est toujours en usage d’interdire l’entrée de la victime dans l’église. On passe le cercueil par-dessus la clôture du cimetière, le corps est inhumé dans l’espace profane, et «les gens attardés la nuit se signent en passant devant cette terre réservée aux maudits» (M. Doyon, «Rites de la mort dans la Beauce», Journal of American Folklore, avril-juin 1954, p. 143). L’exclusion du cimetière béni s’applique «si preuve est faite que le disparu a choisi en toute lucidité de mettre un terme à ses souffrances physiques ou morales […]. Si le défunt est déclaré atteint de maladie mentale*, il ne saurait être question de l’exclure du champ sacré. Pour mieux implorer l’évêque, on fait souvent valoir qu’auparavant le disparu était un bon chrétien, fidèle à ses devoirs. […] L’évêque se laisse généralement convaincre de l’irresponsabilité du suicidé qu’on déclare atteint de maladie mentale» (S. Gagnon, op. cit., p. 112). Se fondant sur l’enquête du coroner, les curés plaident souvent la folie afin de procéder à des funérailles chrétiennes. «En règle générale, le curé doit satisfaire deux groupes de pression, qui s’affrontent: d’un côté, les membres de la famille, de l’autre, un nombre plus ou moins grand de fidèles qui jouissent de l’estime sociale. Quelle que soit la décision, le prêtre se sert de la mort volontaire de quelqu’un pour former son troupeau. […] L’évêque de Québec, en juin 1838, récapitule, pour le bénéfice du curé de Château-Richer, l’analyse que font habituellement les prêtres dans ce genre de drame: “Je prends la part la plus sensible à l’affliction profonde où se trouve plongée une famille respectable de votre paroisse par le suicide bien constaté d’un de ses membres. Mais comme cette famille est distinguée par ses principes religieux, on y conviendra, j’espère, que l’honneur de la religion réclame certaine distinction pour la sépulture d’un chrétien qui se donne volontairement la mort […].” Dans semblables cas de personnes, même de bonne famille […], chaque fois qu’on s’est adressé à l’autorité ecclésiastique concernant [leurs] funérailles […], il a été répondu uniformément contre les honneurs de la sépulture ordinaire. On a cherché à diminuer autant que possible la peine des parents en accordant que la sépulture des défunts se fît simplement dans une des cours du cimetière qu’il convient de réserver pour certains cas semblables, mais sans aucun autre appareil que la présence du prêtre qui est obligé d’y assister pour dresser l’acte de sépulture» (ibid., p. 124-125).

    Depuis l’introduction du nouveau code de droit canonique en 1983 (voir Canon 1184), les suicidés ne figurent plus sur la liste de ceux à qui l’on doit refuser la sépulture ecclésiastique. En ce qui concerne leur sépulture, «célébrer une liturgie chrétienne à leur mémoire n’implique aucun jugement, négatif ou positif, sur la moralité du suicide, mais constitue seulement un acte par lequel l’Église les recommande à la miséricorde de Dieu. […] En se souvenant de la personne décédée, il faut nécessairement se souvenir de son combat avec la vie et son sens, qui est parvenu à son ultime point de tension dans la mort par le suicide. Plutôt que d’être centrée sur la résurrection du Christ ou sur la résurrection dans le Christ, la liturgie des funérailles, dans une telle occasion, sert à rappeler la mort de Jésus-Christ et son combat avec les forces de mort tout au long de s on ministère et au moment de sa propre con sommation. La solidarité du Chris t avec la race humaine dans son combat a plus de chance de toucher le cœur de la famille endeuillée que des paroles sur notre solidarité avec lui dans la joie pascale. En effet, ce n’est que du souvenir de la solidarité du Christ avec la lutte des hommes que peut naître l’espérance là où les ambiguïtés et les tensions du sens de la vie sont aussi fortes que dans l’histoire d’un suicide» (D. Power, «Les rites des funérailles pour un suicidé et l’évolution liturgique», Concilium, no 199, juin 1985, p. 103-110). Cette opinion d’un théologien américain d’origine irlandaise nous semble acceptable dans la mesure où la solidarité du Christ crucifié avec le suicidé, dans sa lutte pour la découverte d’un sens à la vie, n’exclut pas la solidarité du Christ ressuscité avec le suicidé croyant dans sa propre résurrection.

    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:2012-04-15
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