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    L'Encyclopédie sur la mort



    Poe Edgar Allan

    Né à Boston, le 19 janvier 1809, Edgar Allan Poe est le deuxième des trois enfants de David Poe Jr et d'Elisabeth Arnold, tous deux acteurs. À l'âge d'un ans, Edgar perd son père disparu; à l'âge de trois ans, il pleure sa mère décédée. Il fut recueilli par un couple de riches négociants, John et Frances Allan. De 1815 à 1820, Edgar séjourne avec ses tuteurs en Angleterre où il fréquente le Manor House School de Londres. Dès le retour de la famille à Richmond, capitale de la Virginie, Edgar est inscrit à l'English Classical School et en suite il fréquente le collège William Burke. Durant son adolescence, les rapports entre Edgar et son tuteur John Allan se dégradent, tandis qu'il est très attaché à sa tutrice Frances Allan ainsi qu'à la mère d'un camarade Jane Stitt Stanard à qui il dédie son poème À Hélène (1831). Edgar sera très affecté par le décès de celle-ci en 1824. À 18 ans, il s'engage dans l'armée fédérale où il est promu très rapidement au grade de sergent-major. Bientôt il sera en deuil de sa mère adoptive tant aimée Frances Allan (1829). En 1830, il est admis à West Point où il fit des brillantes études avant de se faire renvoyer, après jugement de la cour martiale, pour la bonne raison que son père adoptif lui refuse de payer pour ses études. Lorsque celui-ci meurt, il est exclu de l'héritage. Il va séjourner à Baltimore chez sa tente Maria Clemm, soeur cadette de son père et essaie de nouer son métier de journaliste, pigiste ou rédacteur associé, et de critique littéraire avec l'écriture de contes et de nouvelles. Le 16 mai 1836, il épouse la fille de Maria Clemm, sa cousine Virginia, qui aura bientôt 14 ans et à qui il avait prodigué ses talents d'éducateur.

    Toute sa carrière professionnelle est traversée de succès et d'échecs, de conflits avec ses patrons ou ses partenaires, de crises d'alcoolisme* et de manque d'argent, de la maladie de Virginia qui l'inquiète beaucoup, ainsi que de fréquents déménagements de Baltimore à Richmond, de Philadelphie à New York. Mais il demeure, malgré tous ses tourments, un travailleur acharné et un critique littéraire redoutable. Quand Virginia meurt le 30 janvier 1847, Edgar tombe gravement malade et bénéficie des soins de Maria Clemm. En 1848, il se lance dans une quête frénétique d'amitiés féminines qui n'aboutissent pas. Il absorbe une forte dose de laudanum qui manque de l'empoisonner. En 1849, il vit avec Maria Clemm et travaille à nouveau avec ardeur. Le 3 octobre de la même année, on le retrouve inanimé, sans argent et sans papier dans un caniveau d'une rue à Baltimore (tentative de suicide?) et le 7 octobre, il meurt de congestion cérébrale à l'hôpital. Il avait promis de célébrer ses noces avec son premier amour Sarah Elmira le 17octobre 1849.

    Psychogénéalogie de Poe

    « Plusieurs femmes marquent la vie du poète. Sa vraie mère [Betty] ne fait qu'une brève apparition, telle une étoile filante. D'elle, Poe garde son portrait comme une relique. La deuxième maman, Frances Allan, se dévoue auprès de lui, mais elle disparaît trop tôt. La belle-mère et tante, Maria, remplace avec bonheur les deux premières. Quant à la femme de l'écrivain américain, Virginia, elle se présente sous de multiples facettes: elle joue le rôle de la cousine chérie, de la soeur cadette et du frères aîné de l'écrivain [...] Les femmes, égéries, ombres ou impératrices, ont inspiré ce fils prodigue, en éveillant son talent de nouvelliste fantastique. Le poète a tant cherché ces images-là qu'il s'est perdu dans son propre égarement à les retrouver . Peut-être au creux de nuits interminables, l'homme, à la recherche de son double éternel, a-t-il ressenti l'impalpable féminité au travers des mots inventés? Le noctambule a tendu sa plume vers ces figures impalpables, évanescentes. » (Paola del Castillo, L'absence en héritage. Ces hommes célèbres n'ont pas connu leur père, Paris, Éditions Dervy, 2010, p. 23-24)

    Oeuvres
    http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Poe

    Le mythe de Poe
    La renommée de Poe repose essentiellement sur trois mythes: le mythe de la morale, le mythe de la révolte et le mythe de la folie.

    Le mythe de la morale. Rufus W, Griswold, «à qui Poe confia le soin de publier ses ouvrages, s'appropria cette oeuvre en la plaçant sous le signe maléfique d'une présentation infamante, mais qui se veut exemplaire. [...] Tous les clichés des grands tabous moraux de l'Améirque puritaine sont là: ingratitude envers le père adoptif, [...] débauches estudiantines, séduction de la belle et jeune marâtre, alcoolisme, désertion. [...] Aussi dénoncera-t-on préremptoirement d'impossibles plagiats et mettra-t-on quantités d'anecdotes au sujet de la vie sentimentale de Poe. Dans chaque phrase de Griswold se terre une calomnie: une semaine d'«ivresse de brute», des «irrégularités», la simplicité d'esprit de sa jeune épouse Virginia Clemm, des semaines passées à chasser «avec un appétit morbide et insatiable les moyens de l'ivresse» et, sans cesse, le renouvellement insatiable de ses «faiblesses».

    Le mythe de la révolte. «Dans le mythe que forge Baudelaire* , c'est l'homme qui intéresse au premier chef le poète français. [...] Son intérêt pour l'oeuvre est second. Il l'abordera avec une image préconçue de l'auteur et cette image, dont il a besoin pour lui-même, il préférera la conserver même lorsqu'il aura la preuve de son inexactitude. Griswold a fourni à Baudelaire «un poète maudit». Grâce à lui, la vie d'Edgar peut se transformer en hagiographie du diabolisme: "J'ajoute un saint nouveau au martyrologue". Pour Baudelaire, le premier chef d'oeuvre de Poe, c'est sa mort: "Cette mort est presque un suicide, un suicide préparé depuis longtemps. Du moins elle causa le scandale. La clameur fut grande et la vertu donna carrière à son cant emphatique, librement et voluptueusement [...] Et tant de malheur pour soulever un tourbillon de phraséologie bourgeoise pour devenir sa pâture et le thème des journalistes vertueux! [...] La société n'aime pas ces enragés malheureux, et, soit qu'ils troublent ses fêtes, soit qu'elle les considère naïvement comme des remords, elle a incontestablement raison".» Poe dira aussi de cet "homme nerveux" : "L'espace est approfondi par l'opium; l'opium y donne un sens magique à toutes les teintes et fait vibrer tous les bruits avec une plus significative sonorité." «C'est ici la première mention de l'opium de Poe; c'est la contribution personnelle de Baudelaire au mythe. Car nul chercheur n'a jamais découvert la moindre trace de drogue dans la vie de oe, si ce n'est que cette unique dose de laudanum prise - pour se suicider ou calmer cette rage de dents, nul ne le sait. Je dis ben laudanum, inoffensif ingrédient de tant de médicaments au XIX° siècle.»

    Le mythe de la folie. Marie Bonaparte dans son Edgar Allan Poe. Études psychanalytiques (Paris, PUF, 1958, 3 vol.), aboutit au postulat suivant° "Poe, qui tout enfant, avait vu étendue sur son lit mortuaire, sa vraie mère morte si jeune et belle encore et chérie, devait garder, inconsciente au fond de lui, cette vision, comme critère de tout art et de toute beauté. À moins de trois ans, il ne pouvait concevoir la mort encore, elle n'était pour lui, cette mort de l'être auquel tout son amour était fixé, que pâleur, froid, immobilité, silence, sommeil plus long que les autres sommeils. Et toutes ces qualités, en devenant le partage de la mère chérie, devinrent pour lui désormais objets aussi de ce même amour qu'il lui avait porté. Ainsi Edgar devint le poète nécrophile, inspiré par le seul trépas, qui devait à la fois épouvanter et charmer d'un charme terrible les hommes." «Ainsi l'analyste fonde son diagnostic sur trois hypothèses qui n'ont pu être vérifiées: Edgar Poe aurait été mis en présence de sa mère morte et cette vision serait à l'origine de sa nécrophilie; il aurait, avant l'âge de deux ans, entreouï ou entre'aperçu, le coït parental, et ces troubles nocturnes seraient à l'origine sadique du coït; enfin il aurait ressenti inconsciemment la présence d'un amant. On comprend donc que l'introduction biographique de Marie Bonaparte est un tissu d'exagérations et de contresens.»

    Source: Claude Richard, «Introduction générale», Edgar Allan Poe, Contes, Essais, Poèmes, Édition établi par Claude Richard, Paris, Robert Laffont, 1989. p. 9-23.

    IMAGE
    Edgar Poe
    Université Laval, Québec

    © Éric Volant

    tous droits réerveés

    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:2012-06-29
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