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    L'Encyclopédie sur la mort



    Moyens

     

    «La plupart des moyens choisis par ceux qui veulent se tuer sont tels qu’on ne peut se tromper sur le sens de leur acte. Non seulement ils savaient qu’ils allaient à la mort, mais de plus, ils voulaient y aller», écrit Maurice Halbwachs* (Les causes du suicide, p. 452). Les moyens informent donc sur la personnalité du sujet, sur le sérieux de son intention de mourir et sur la signification ou la symbolique qu’il veut accorder à son acte. Les modes les plus fréquents sont la pendaison, la médication excessive ou le poison, le revolver ou le fusil, le couteau, appelé aussi arme blanche. La modalité de mourir la plus ambiguë est l’accident de voiture. Plusieurs de ces accidents mortels semblent cacher une volonté suicidaire.

    Stendhal veut faire passer pour un accident une sortie en mer fatale, la préférant à une mort violente par une arme dirigée contre soi. En effet: «Quoi de plus désagréable, me dit Brougham, que l’idée que tous les journaux vont annoncer que vous vous êtes brûlé la cervelle, ensuite entrer dans votre vie privée pour chercher les motifs? Cela est à dégoûter de se tuer. — Quoi de plus simple, réponds-je, que de prendre l’habitude d’aller se promener sur mer, avec les bateaux pêcheurs? Un jour de gros temps, on tombe à la mer par accident» (Souvenirs d’égotisme, Œuvres intimes, ii, Paris, Gallimard, «La Pléiade», p. 471-472).

    Marie-France Charron répartit les décès par suicide ainsi que les tentatives de suicide* selon l’instrument, le sexe* et l’âge*, au Québec entre 1975 et 1979, dans Le suicide au Québec. Analyse statistique (ministère des Affaires sociales, 1983, p. 63-71). Chez les hommes, dans les cas de décès, les armes à feu* sont les plus fréquentes (40,9%). En deuxième lieu figure le décès par pendaison, strangulation ou asphyxie (24,8%). Au troisième rang vient l’empoisonnement par médication (9,6%). Chez les femmes, c’est cette dernière méthode qui est la plus fréquente dans les cas de décès (36,6%) ou de tentative (79,7%). Dans les tentatives de suicide, c’est aussi ce moyen qui est le plus utilisé par les hommes (58,2%) et dont le taux de mortalité est moindre. «Les différences observées d’un groupe d’âge à l’autre ne sont pas extrêmes, mais elles sont présentes et reflètent dans une certaine mesure la disponibilité des moyens pour chacun des groupes d’âge» (p. 68). En 1997, le moyen le plus fréquent pour mettre fin à ses jours, sexe et âge confondus, est la pendaison (39,7%), suivie par les armes à feu* (21,3%) et les diverses formes d’intoxication, notamment par l’oxyde de carbone (18,4%) (voir: P. Gingras, «20% des suicides par arme à feu», La Presse, le 20 novembre 1999, p. A8).

     

    Le saut dans le vide à partir d’une élévation naturelle (falaise, rocher) ou d’une construction (pont, tour, édifice) demeure un moyen sensationnel qui attire les médias*. Suite à des actes suicidaires accomplis ou tentés sur le pont Jacques Cartier à Montréal, la Société des ponts fédéraux du Canada a installé une barrière de sécurité entre les trottoirs et le fleuve Saint-Laurent afin de réduire au minimum l’accessibilité. Autre moyen sensationnel, mais beaucoup moins médiatisé, est le suicide devant le train* sur les rails des chemins de fer ou du métro. Selon les données fournies par le bureau du coroner, il y a eu vingt-deux décès par suicide dans le métro de Montréal en 1995, onze en 1996, neuf en 1997 et douze en 1998. En 2004, ce nombre monte à vingt-trois et dépasse les vingt en 2005. D’après une étude de Brian Mishara (CRISE-UQAM), plus de soixante pour cent des suicides sont accomplis par des hommes, majoritairement célibataires et dont vingt-sept pour cent ont des problèmes psychiatriques. Trois personnes sur quatre qui se jettent devant les rails du métro survivent, connaissent des douleurs atroces et sont handicapés à vie. Les opérateurs du métro subissent un traumatisme psychologique important à cause de la violence de l’impact et de ses conséquences sur les victimes. Le personnel de la Société de transport à Montréal (STM) reçoit une formation spéciale pour détecter chez les usagers du métro des comportements inhabituels qui dénotent un grand désarroi, comme le refus de monter à bord du train. Une centaine de fois par année, les employés du métro se trouvent dans l’obligation de solliciter l’intervention d’Urgence Santé. Parmi les nombreuses personnes, témoins de ces drames, certaines sont plus vulnérables et, outre le choc subi, sont susceptibles de passer, à leur tour, à cette forme d’autodestruction. Pour cette raison, la police de Montréal et la STM observent la consigne du silence, qui, dans une large mesure, est suivie par les médias.

    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:2012-04-10
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