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    L'Encyclopédie sur la mort



    Honte

    Dans la tragédie grecque, la mort volontaire des femmes est présentée comme une mort infligée sous le coup du déshonneur et de la honte (N. Loraux, Façons tragiques de tuer une femme). L’infamie a conduit nombre de militaires et de politiciens à choisir la mort à la suite de la défaite. Certains sujets estiment leur handicap physique, leur sexualité ou leur comportement moral comme déviants par rapport à la norme sociale. À d’autres, l’idéal du moi impose des exigences trop élevées ou indéfinies, de sorte que le sujet n’est pas en mesure de s’y conformer. Il constate une inadéquation entre ses aspirations et ses performances. Il ressent un besoin constant de se valoriser aux yeux des autres et à ses propres yeux. L’image négative qu’il a de lui-même lui fait éprouver un sentiment de honte qui, à un moment donné, devient intolérable. Le suicide devient alors un acte par lequel le sujet tente, non pas de changer le monde, mais de se changer lui-même afin d’échapper à son état d’infériorité ou d’impéritie dont il se sent accablé. Le suicidant pourra donc envisager son geste comme une renaissance ou comme une transfiguration. Ou bien, il ne désirera pas mieux que de fondre, d’effacer son image ou de disparaître dans le néant de l’oubli. Il ne cherchera pas à tuer symboliquement l’autre, même pas à se tuer, mais à mourir.

    Pour la réhabilitation de la honte comme partie intégrante de l’identité morale d’une personne, voir B. Williams, La honte et la nécessité, Paris, puf, 1997. En ce qui regarde la distinction entre culpabilité* et honte, l'auteur la résume de façon éclairante dans ce livre aux page 124-125:

    «Ces différences entre l'expérience de la honte et celle de la culpabilité peuvent s'insérer dans un ensemble plus vaste d'oppositions. Ce qui provoque un sentiment de culpabilité, c'est un acte ou un oubli de nature à susciter spécifiquement chez autrui colère, ressentiment ou indignation. L'agent peut offrir, pour l'annuler, une réparation; il peut également vivre dans la crainte du châtiment ou il peut se l'infliger à lui-même. Ce qui, d'autre part, est au principe de la honte, c'est quelque chose de nature à susciter spécifiquement chez autrui mépris, dérision, éloignement. Il peut s'agir également d'un acte, ou d'un défaut d'action, mais ce n'est pas nécessaire: il peut s'agir d'un manque ou d'un défaut chez l'agent qui entamera sa propre estime et le rabaissera à ses propres yeux. Sa réaction, comme nous venons de le voir, sera de vouloir se cacher ou disparaître, et c'est une chose qu'on retrouve depuis le degré minimal de la honte, l'embarras, jusqu'à la honte qui est dépréciation personnelle ou sociale. De façon plus positive, la honte peut se traduire par des tentatives de reconstruire son moi ou de l'amender.»

    En termes psychanalytiques, on pourrait dire que la honte est un effet de l'idéal du moi sur le moi, tandis que la culpabilité est un effet du surmoi sur le moi (Andrea Baldassarro, «Brève anthologie psychanalytique de la honte et de la pudeur» dans Cosino Trono et Éric Bidaud, dir., Il n'y a plus de honte dans la culture. Enjeux pour psychanalyse, philosophie, littérature, société, art, Paris, Éditions Penta, 2010, p. 19)

    © Éric Volant

    Tous droits réservés


    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:2012-06-29
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