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    L'Encyclopédie sur la mort



    Dagerman Stig

    Journaliste engagé et écrivain suédois, né le 5 octobre 1923 à Älvkarleby et mort le 4 novembre 1954 à Danderyd (Enebyberg). Abandonné à sa naissance par sa mère et élevé par ses grands-parents à la campagne, Stig rejoint en 1932 son père ouvrier, dont il est l'enfant naturel, à Stockholm. A partir de 1941, il s'occupe, en tant que journaliste de la section culturelle du quotidien anarcho-syndicaliste suédois Arbetaren (Le Travailleur). Dès son premier roman, Ormen (1945, Le Serpent, 1945, L'Île des condamnés, 1946 Les jeux de la nuit, 1947), Dagerman est considéré comme l'interprète de la nouvelle vague littéraire suédoise.

    Pour le théâtre, il a écrit Le jeu de la vérité, adaptation de son roman L’enfant brûlé. Il a également écrit L’arriviste et Le condamné à mort et un petit ouvrage au titre très significatif, Notre besoin de consolation est impossible à rassasier (Arles, Actes sud, 1984). Traumatisé par la deuxième guerre* mondiale, il subit l’influence de Franz Kafka*. Il incarne un modèle de jeunesse d’après-guerre, révoltée et assoiffée de fraternité. Il est amateur de belles voitures, de cinéma, de sports et de jeu* à la roulette.

    « Puis l'ivresse de cette plongée frénétique dans l'écriture le laisse à nouveau désemparé devant la vie, et face à ses innombrables culpabilités. Il n’écrira plus de livres par peur panique de se décevoir lui-même et de décevoir les autres. [...] Le reste de sa vie sera une intense activité de journaliste dénonçant les aliénations modernes, des billets de révolte, des réflexions sur le mal nazi, des analyses sur la fin de la littérature prolétarienne. Des centaines d’articles dans des revues engagées scandent sa vie de politique et de citoyen militant. Tous clament ses paradoxes, ses cris demandant de regarder en face la peur immense qu'est la destinée humaine. Mais le gouffre s’élargit toujours plus profond en lui. Son remariage, ses dépressions, ses tentatives de suicide l’entraînent plus près du fond. »

    Même si son suicide par asphyxie paraît inattendu, maintes réflexions de sa part semblent l’annoncer. Ainsi, il écrit: « La dépression* possède sept tiroirs et au fond du septième se trouvent un couteau, un rasoir, un poison, une eau profonde et une chute vertigineuse. Je finis par être l’esclave de tous ces instruments de mort. Ils me suivent comme des chiens, ou c’est moi qui les suis comme un chien. Et il me semble comprendre que le suicide est la
    seule preuve de la liberté de l’homme » (Notre besoin de consolation, p. 16); « Thoreau avait encore la forêt de Walden, mais où est maintenant la forêt où l’être humain puisse prouver qu’il est possible de vivre en liberté* en dehors des formes de la société » (p. 19). Dans le programme de la pièce Condamné à mort, 1947, on peut lire: « Lorsque j’ai écrit ce drame, le condamné à mort, c’était naturellement moi, c’est pour cette raison que je l’ai écrit. Ce n’est que par la suite qu’il est devenu quelqu’un d’autre […] il devint évident qu’il existait des gens qui étaient encore plus condamnés à mort que l’auteur […]. Autant de gens qui avaient reçu tellement de leçons dans l’art de mourir qu’ils ne savaient plus vivre » (cité par M. Chabot, «Stig Dagerman ou les brûlures de l’être », dans En finir avec soi. Les voix du suicide, p. 33-43; voir aussi G. Ueberschlag, Stig Dagerman ou l’innocence préservée, Nantes, L’Élan, 1998).

    Bibliographie

    « Stig Dagerman. L’aimantation du malheur »
    http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/dagermanimages/dagerman.pdf

    Georges Perilleux, Stig Dagerman et l'existentialisme, Paris, Société d'Édition Les Belles Lettres, 1982.
    Collectif: Stig Dagerman, la littérature et la conscience, Revue Marginales, n° 6, Éditeur Quiero, septembre 2007.

    Stig Dagerman, « Anarchisme et moi », extrait de La Dictature du chagrin, Agone 2001, ce texte fut publié en 1946 dans le numéro 2 de la revue 40-tal (Les Années 1940), qui rassemblait les jeunes écrivains suédois, engagés et novateurs, de cette génération et dont Stig Dagerman fut l’un des co-rédacteurs. Transmis par les éditions Agone, Héléna Autexier.
    http://1libertaire.free.fr/Dagerman02.html

    Stig Dagerman, Notre besoin de consolation est impossible à rassasier, traduit du suédois par Philippe Bouquet, Paris, Actes Sud, 2010.

    «Depuis la découverte, en 1981, de ce texte où Stig Dagerman, avant de sombrer dans le silence et de donner la mort. fait une ultime démonstration des pouvoirs secrètement accordés à son écriture, le succès ne s'est jamais démenti. On peut donc, aujourd'hui, à l'occasion d'une nouvelle édition de ce "testament", parler d'un véritable classique, un de ces écrits brefs dont le temps a cristallisé la transparence et l'inoubliable éclat.» (Quatrième de la couverture)

    IMAGE

    Stig Dagerman
    http://www.norstedts.se/forfattare/Alfabetiskt/D/Stig-Dagerman/

    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:2012-04-12

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