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    L'Encyclopédie sur la mort



    Caton d’Utique Marcus Porcius

     

    le monde romainSénateur romain, stoïcien, défenseur de la République, arrière-petit-fils de Caton l’Ancien ou le Censeur. Il s’oppose à César et se perce de son épée à Utique après la défaite de Thapsus. Le suicide de Caton s’est imposé à Rome comme le parfait exemple de la liberté intégrale, «comme l’acte noble par excellence, en vertu de la qualité du sujet et du but poursuivi, où le decorum est observé et la dignitas respectée» (Y. Grisé, Le suicide dans la Rome antique, p. 202). «Jupiter ne pouvait rien voir de plus beau sur la terre que le suicide de Caton», s’exclame Sénèque*. La mort volontaire par le glaive était considérée comme la mort la plus vaillante, parce qu’elle symbolise la virilité du combattant et réclame beaucoup de dextérité afin que la mort soit instantanée. Mais lorsque l’on est informé des détails du suicide de Caton, on ne peut qu’être horrifié. Car il ne réussit pas à se tuer du premier coup. Lorsque le médecin s’approcha pour recoudre la «noble blessure» (nobile letum, chante Horace), il le repoussa. Déchirant ses entrailles avec ses propres mains, «il ouvrit encore plus sa plaie, tant que sur l’heure il en rendit l’esprit» (Plutarque, cité dans J. Amyot, Les vies des hommes illustres, t. ii, Paris, Gallimard, «La Pléiade», 1951, p. 598).

    D’après Plutarque, Caton reprit par deux fois la lecture du Phédon la nuit même où il se donna la mort. C’est Platon* qui occupe donc les derniers moments de sa pensée. Rousseau* considère ce fait comme une preuve que «l’on ne peut tirer de cet immortel ouvrage [le Phédon aucune bonne objection contre le droit de disposer de sa propre vie» (Julie ou la nouvelle Héloïse, iii, lettre xxi). Dans son épopée, Lucain* exalte, avec enthousiasme et admiration, le Sanctus Cato, véritable héros de la liberté. «C’est précisément pour demeurer fidèle à la communauté que Caton va mourir, c’est pour servir jusqu’au sacrifice la cité, les lois, les libertés. C’est au nom de ces libertés publiques qu’il a combattu, mais César est vainqueur, et les libertés vont mourir — en tout cas, celles de l’aristocratie sénatoriale. […] Caton sait bien que son vainqueur serait prêt à lui faire grâce, à lui donner la vie, pour peu qu’il la lui demandât. Mais c’est cet aveu de soumission qu’il refuse» (M. Pinguet, La mort volontaire au Japon, p. 11). Dans ses Essais (i, xxxvii), Montaigne* cite cinq poètes latins «pour l’intérêt de Caton et, par incident, pour le leur aussi». Martial: «Que Caton, même de son vivant, soit plus grand que César» (Épigrammes); Manilius: «Et Caton invaincu, ayant vaincu la mort» (Astronomiques); Lucain: «La cause des vainqueurs plut aux dieux, mais celle des vaincus à Caton» (Pharsale); Horace: «Ayant dompté l’Univers, sauf l’âme inflexible de Caton» (Odes); Virgile*: «Caton qui leur dicte des lois» (Énéide). Le seul reproche que d’Artaise adresse à Caton est d’avoir trop «tâtonné» avant de se frapper, faisant sans doute allusion à sa façon cruelle de mourir. Il estime que son suicide, même lorsqu’il est faute, est une faute de luxe inconnue de la brute: «c’est un affreux bienfait de notre perfectionnement» (Le prisme moral, cité par A. Bayet*, Le suicide et la morale, p. 645). Dans La divine comédie, Dante* poste Caton comme gardien sur la plage de l’île du purgatoire et non pas en enfer en compagnie des suicidés. Le poète le dépeint en termes de lumière et de clarté: «Et les rayons des quatre étoiles saintes/paraient son front d’une lumière telle/Qu’il me parut être face au soleil» («Le purgatoire», chant premier). Dans sa Morale, Marmontel, qui est pourtant hostile au suicide, fait l’éloge de Caton, parce qu’il a préféré la mort à la honte de devoir la vie à César. Aux écrivains qui accusent Caton de faiblesse, l’encyclopédiste d’Alembert* rétorque: «Les écrivains pourraient soutenir par les mêmes principes que c’est une action de lâcheté de ne pas tourner le dos à l’ennemi, parce qu’on n’a pas le courage de supporter l’ignominie que cette fuite entraîne» (Éléments de philosophie, chap. xi). Diderot* reprend la formule de Sénèque*: «arracher à Caton son poignard, c’est lui envier son immortalité», et affirme que sa mort porte à la méditation.

    Image: Buste en marbre de Caton le Censeur

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    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:2012-04-17

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