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    • Édition

    L'Encyclopédie sur la mort


    Rome antique: serment hippocratique

    Philippe Charlier

    Dans le Serment hippocratique, il est écrit: «Je ne remettrai à personne du poison si on m'en demande ni ne prendrai l'initiative d'une pareille suggestion». Pour Danielle Gourevitch («Déontologie médicale: quelques problèmes», Mélanges de l'École française de Rome, 1969, 2, 81, p. 534), il ne s'agit ni d'homicide ni de complicité d'empoisonnement criminel, mais d'assistance au suicide. «Néanmoins, certains médecins se firent porteurs de conseils avisés en matière de suicides médicamenteux ou, du moins toxiques, tel Theophraste (372-288 av. J-C.) qui vante les connaissances pharmacologiques de Thrasyas de Mantinée et de son élève Alexias.»(Philippe Charlier, Male mort, Morts violentes dans l'Antiquité, Paris, Fayard, 2009, p. 108)
    «À l'époque romaine, de nombreux praticiens allèrent au-delà de ce dogme [Serment hippocratique], tel Status Annaeus qui aida Sénèque* à mourir (en 65 apr. J.-C.)» :

    [15,64]
    (1) Néron, qui n'avait contre Pauline aucune haine personnelle, et qui craignait de soulever les esprits par sa cruauté, ordonna qu'on l'empêchât de mourir. Pressés par les soldats, ses esclaves et ses affranchis lui bandent les bras et arrêtent le sang. On ignore si ce fut à l'insu de Pauline; (2) car (telle est la malignité du vulgaire) il ne manqua pas de gens qui pensèrent que, tant qu'elle crut Néron inexorable, elle ambitionna le renom d'être morte avec son époux, mais qu'ensuite, flattée d'une plus douce espérance, elle se laissa vaincre aux charmes de la vie. Elle la conserva quelques années seulement, gardant une honorable fidélité à la mémoire de son mari, et montrant assez, par la pâleur de son visage et la blancheur de ses membres, à quel point la force vitale s'était épuisée en elle. (3) Quant à Sénèque, comme le sang coulait péniblement et que la mort était lente à venir, il pria Statius Annaeus, qu'il avait reconnu par une longue expérience pour un ami sûr et un habile médecin, de lui apporter le poison dont il s'était pourvu depuis longtemps, le même qu'on emploie dans Athènes contre ceux qu'un jugement public a condamnés à mourir. Sénèque prit en vain ce breuvage: ses membres déjà froids et ses vaisseaux rétrécis se refusaient à l'activité du poison. (4) Enfin il entra dans un bain chaud, et répandit de l'eau sur les esclaves qui l'entouraient, en disant: "J'offre cette libation à Jupiter Libérateur." Il se fit ensuite porter dans une étuve, dont la vapeur le suffoqua. Son corps fut brûlé sans aucune pompe il l'avait ainsi ordonné par un codicille, lorsque, riche encore et très puissant, il s'occupait déjà de sa fin.
    Tacite, Annales, Livre XV, Bibliotheca Classica Selecta
    http://bcs.fltr.ucl.ac.be/tac/AnnXV.html#64

    «Ou encore Hermogénes qui désigna à l'empereur Hadrien* la zone où il devrait le cas échéant se poignarder ou se faire poignarder pour mourir sûrement et sans douleur»:

    [69, 22]
    Adrien, à l'aide de la magie et des enchantements, parvint à épuiser l'eau qui enflait son corps ; mais elle ne tarda pas à le remplir de nouveau. Comme le mal faisait sans cesse des progrès, et que chaque jour, pour ainsi dire, il se sentait périr, il désira la mort : souvent il demandait du poison et une épée ; mais personne ne lui en donnait. Ne trouvant, malgré l'argent et l'impunité qu'il promettait, personne qui lui obéit, il fit appeler un barbare Iazyge, Mastor, captif dont il se servait à la chasse à cause de sa force et de sa hardiesse, et, tant par menaces que par promesses, il le contraignit à lui promettre de le tuer. Il traça un cercle de couleur autour d'une certaine place au-dessous du sein, place qui lui avait été montrée par Hermogène, son médecin, afin de mourir sans douleur en y recevant un coup mortel. Mais ce moyen ne lui ayant pas réussi (Mastor, redoutant l'action qu'il allait commettre, s'enfuit épouvanté), il se répandit en plaintes sur sa maladie et sur le refus qu'on lui faisait, attendu, disait-il, qu'il était dans l'impossibilité de se donner lui-même la mort, bien qu'ayant encore, en ce moment même, le pouvoir de la donner aux autres. Enfin, il cessa d'observer un régime exact, et, faisant usage de mets et de boissons contraires à sa maladie, il mourut en répétant à grands cris ce proverbe populaire : «Le prince est mort d'avoir eu trop de médecins».

    Dion Cassius, Histoire romaine, 69
    http://www.mediterranees.net/histoire_romaine/dion/Hadrien.html

    «Le suicide de Caton* d'Utique (en 46 av. J.-C.) fut en revanche un exemple d'intervention médicale opposée au suicide (à moins qu'il ne se fût agi que d'un simple effet littéraire?)»:

    Caton n'assista pas à cette bataille. Il campait près du Bagrada et gardait Utique qui est comme la seconde clef de l'Afrique. Mais quand il apprit la défaite de son parti, il se donna la mort sans hésitation, comme il convient à un sage, et même avec joie. Après avoir embrassé et congédié son fils et ses compagnons, il lut jusque dans la nuit, à la lueur d'une lampe, le dialogue où Platon* enseigne l'immortalité de l'âme, et se reposa quelques instants. Puis, vers la première veille, il tira son épée, se découvrit la poitrine et se frappa deux fois. Les médecins ayant osé profaner de leurs remèdes les blessures de ce grand homme, il les laissa faire pour se débarrasser de leur présence, puis rouvrit ses plaies. Le sang jaillit avec violence, et ses mains mourantes restèrent plongées dans la blessure qu'il s'était faite deux fois.

    FLorus, Livre IV
    http://remacle.org/bloodwolf/historiens/florus/livre4.htm
    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:-1-11-30

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