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    • Édition

    L'Encyclopédie sur la mort


    Raphaël

    Alphonse Lamartine

    Le jeune homme à qui Lamartine, comme à son double, donne le nom de Raphaël «avait pour trait distinctif de son caractère un sentiment si vif du beau dans la nature et dans l'art, que son âme n'était pour ainsi dire, qu'une transparence de la beauté matérielle ou idéale éparse dans les oeuvres de Dieu et des hommes. Cela tenait à une sensibilité si exquise, qu'elle en était presque maladive en lui, avant que le temps l'eût un peu émoussée; nous disions, en faisant allusion à ce sentiment de nostalgie qu'on appelle le mal du pays, qu'il avait le mal du ciel! » (Lamartine, Raphaël, Éditions du Rocher, «Alphée», 1990, p. 11) Nés de ses aspirations à la beauté absolue, les sentiments de solitude, d'ennui* et de mélancolie* propres à l'élite littéraire de son temps, sont décrits avec justesse dans VI et VII de son oeuvre. Une vie intérieure qui évoque et voisine la mort.
    VI. Un tel pays, une telle saison, une telle nature, une telle jeunesse et une telle langueur de toutes choses autour de moi était une merveilleuse consonance avec ma propre langueur. Elle l'accroissait en la charmant. Je me plongeais dans des abîmes de tristesse. Mais cette tristesse était vivante, assez pleine de pensées, d'impressions, de communications intimes avec l'infini, de clair-obscur dans mon âme, pour que je ne désirasse pas m'y soustraire. Maladie de l'homme, mais maladie dont le sentiment même est un attrait au lieu d'être une douleur, et où la mort ressemble à une voluptueux évanouissement dans l'infini. J'étais résolu à m'y livrer désormais tout entier, à me séquestrer de toute société qui pouvait m'en distraire, et à m'envelopper de silence, de solitude et de froideur, au milieu du monde que je rencontrerais là; mon isolement d'esprit était un linceul à travers lequel je ne voulais plus voir les hommes, mais seulement la nature et Dieu.

    VII. En passant à Chambéry, j'avais vu mon ami Louis de ***. Je l'avais trouvé dans les mêmes dispositions où j'étais moi-même; lèvre détournée avec dégoût de l'amertume de la vie, génie inconnu, âme repliée sur elle-même, corps fatigué par la pensée...

    (op. cit., p. 31-32)
    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:-1-11-30

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