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    L'Encyclopédie sur la mort


    Médecine

    Thomas S. Szasz, Hérésies, traduit de l'américain par Florence Verne, 346, Paris, Petite Bibliothèque Payot, 1978, N'oublions pas que nous sommes dans les années 1970 et que l'auteur est américain. Le système public de santé est considéré par lui comme une forme de conception totalitaire de la médecine, tandis que le système privé est considéré par lui comme un exercice de la liberté individuelle. Cependant, son discours a ceci d'intéressant qu'il nous met en garde contre un modèle de la médecine en tant que science totalitaire ou en tant qu'autorité suprême qui sous-estime ou abolit la souveraineté du malade en tant que sujet libre et éclairé. Une administration publique de la santé devrait définir la compétence et le pouvoir de la médecine au service et en fonction des malades comme étant maîtres de leur corps et de leur autonomie décisionnelle concernant la maladie qui est la leur. Cette approche socio-anthropologique et éthico-politique de la médecine aurait besoin d'être ajustée aux conditions actuelles de la société non seulement aux États-Unis, mais aussi au Canada et dans tout l'Occident. La faiblesse de la pensée de Szasz réside dans le fait qu'il n'a pas su équliibrer ou réduire la tension entre la communauté et la liberté individuelle. Il n'a pas su concilier organisation collective de la médecine, d'une part, et le contrôle du citoyen sur son propre corps et à l'égard de sa santé et du traitement médical (et pharmaceutique) de sa maladie, d'autre part.

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    Dire de quelqu'un qu'il est malade, et dire qu'un diagnostic (volontairement ou involontairement établi) l'a déclaré malade, voilà qui n'est pas la même chose! En fait, du point de vue légal ou politique, ce sont même là deux choses diamétralement opposées.

    Dans le premier cas, nous disons de quelqu'un qu'il a une maladie, un peu comme nous dirions qu'il a de l'argent : en fait, nous considérons que ce sont là ses affaires et nous ne cherchons pas à nous en mêler. Lorsque le concept de maladie est utilisé dans ce sens, il s'ensuit que le praticien prescrit un traitement non pas tant parce que le patient est malade, mais parce [que celui-ci] a demandé et autorisé le traitement.

    Dans le second cas, dire de quelqu'un qu'il a une maladie équivaut cependant à dire qu'il a commis un crime : en fait, nous considérons que cette maladie n'est pas l'affaire du malade, mais celle de la communauté, et nous agissons en conséquence. Lorsque le concept de maladie est utilisé dans ce sens, il s'ensuit que le médecin - loyal envers une communauté qui le rétribue et qui se trouve en danger du fait de la maladie du patient - applique un traitement, non pas tant pour soigner une maladie mais parce que la communauté lui enjoint, parfois même l'oblige à traiter le patient, de gré ou de force.

    En résumé : de même qu'il existe deux sortes de systèmes politiques et économiques radicalement opposés, l'un capitaliste et libéral, l'autre communiste et totalitaire; de même qu'il existe deux sortes d'interventions médicales, ou « traitement », l'une volontaire, l'autre involontaire; de même qu'il existe deux conceptions de la maladie. Partant du fait que le patient souffre de ce que le médecin croit être une maladie, l'une considère que le patient reste « souverain maître » de la maladie, tandis que l'autre en fait la « propriété » de la communauté (ou de l'État). o.c., 107-108.

    [...]

    Les progrès de la médecine scientifique ont dramatiquement transformé la profession médicale : les praticiens ont gagné en compétence ce qu'ils ont perdu en chaleur humaine. Autrefois, le docteur était un homme qui sans doute ne guérissait pas toujours, mais qui savait réconforter ses malades... du moins c'était une époque où patient et praticien étaient toujours d'accord sur le but final de la médecine : le malade voulait recevoir des soins médicaux et le le médecin était tout prêt à les dispenser. Malheureusement, ce bon docteur, si riche en compassion pour ses semblables, était souvent un piètre thérapeute.

    De nos jours, les médecns sont plus compétents et donc moins attentifs à réconforter. De plus, médecin et patient recherchent souvent deux choses très différentes : le patient requiert des soins, tandis que le médecin veut appliquer un traitement, si bien que de nos jours ce tehnicien si compétent est souvent de bien piètre réconfort.

    Moralité : tant que les médecins et les patients - sans parler des législateurs, de la presse et de l'homme de la rue - s'obstineront à confondre les deux raisons d'être du traitement médical, à savoir l'existence d'une maladie et l'espérance d'une guérison, tout acte médical, même le plus efficace du point de vue technique, restera frustrant tant pour le patient que pour le praticien. o.c., p.113-114.

     

    [...]

     

     

     

    Date de création:2012-09-29 | Date de modification:2012-10-05

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