• Encyclopédies

      • Encyclopédie de l'Agora

        Notre devise: Vers le réel par le virtuel!


      • Encyclopédie sur la mort

        L’encyclopédie sur la mort veut s'intéresser à ce phénomène sous ses multiples aspects et ses diverses modalités.


      • Encyclopédie Homovivens

        Encyclopédie sur les transformations que l'homme opère en lui-même au fur et à mesure qu'il progresse dans la conviction que toute vie se réduit à la mécanique.


      • Encyclopédie sur l'inaptitude

        Tout le monde en conviendra : c'est au sort qu'elle réserve aux plus vulnérables de ses membres que l'on peut juger de la qualité d'une société. Aussi avons-nous voulu profiter ...


      • Encyclopédie sur la Francophonie

        L'Encyclopédie de la Francophonie est l'une des encyclopédies spécialisées qui se développent parallèlement à l'Encyclopédie de l'Agora.

  • Dictionnaires
  • Débats
      • Le Citoyen Québécois

         Après la Commission Gomery, la Commission Charbonneau! À quelles conditions pourrions-nous en sortir plus honnêtes… et plus prospères

      • L'hypothèse Dieu

         Un nouveau site consacré au dialogue entre croyants et non-croyants a été créé. Son titre « L’hypothèse Dieu » annonce-t-il un vira...

  • Sentiers
      • Les sentiers de l'appartenance

        L'appartenance c'est le lien vivant, la rencontre de deux Vies : la nôtre et celle de telle personne, tel  paysage...Quand la vie se retire, le sentiment d'appropriation se substitue au ...

      • Le sentier des fleurs sauvages

        Nous sommes des botanistes amateurs. Notre but est de partager un plaisir orienté vers une science complète où le regard du poète a sa place à côté de celui du botaniste, du généticien, du gastrono...

      • L’îlot Louis Valcke

        Sur les traces de Louis Valcke (1930-2012), professeur, philosophe, essayiste, cycliste, navigateur et pèlerin. Spécialiste mondial de l’œuvre de Pic de la Mirandole.

  • La lettre
    • Édition

    L'Encyclopédie sur la mort


    Insulaire prosopopée latino-créole

    À Aimé Césaire et Osman Dracius, in memoriam

     

     

     

     Mon corps d’Île au Vent porte deux pères qui, de la peau de ma terre, leurs pieds retirèrent.

     Le premier est Aimé Césaire, l’autre non moins aimé : l’un, sur négritude orbe ouverte,

    Urbi et Orbi, le second, aveugle comme l’aède Homère.

    En mon oedipienne viduité, sans chocolater mon corps je serre leurs corps à tâtons.

    Abolissant ma matricielle vacuité, l’un caresse ma roche « Femme couchée »

    aux tétons vers ma nue pointés en hommage aux mânes de Breton,

    l’autre fend mes larmes et mes lames marigotines et les moiteurs de mes mangroves

    sur mes bretonnantes déchirades et désirades. Je les sens en mes rades revenus,

    en mon volcanique giron, Éros enlaçant Thanatos. Quel panthéon sied mieux au postmoderne

    humanisme que mon humus caraïbe habité de l’omniprésence de divinités africaines

    et de bienveillances indiennes à plumes ou sans plumes ?

    Je me ressouviens de ces vies, et du règne d’un haut mal où je n’étais qu’un bien,

    et d’un antan pas si lointain où je n’étais que ventre ouvert.

    À l’amazone calazaza chevauchant par mots et par maux au mitan des silves étrangères,

    moi, l’Île aux Femmes, j’offre pour tutélaire monture l’ancestral, l’immémorial

    cheval à trois pattes cavalcadant : en bas de la terre, pas de chevaux de bois !

    En ma déhiscence je décharge, de ce satané chien fer, le joui de sacré chien médium

    en tutélaire érection : hédoniste monstre du Loch Ness versus chien fer.

    Hic et nunc je me ressouviens de ces vies où je n’avais rien, de ces vits qui me violentaient,

    ma chair pantelante sous le cal de ce qu’ils crièrent esclavage,

    moi, marronne, voluptueusement, créolisée mais congo, mouillée de vagues mais

    trublionne en mes exubérantes toisons.

    Ad vitam aeternam je jouis de forniquer à ma guise avec latin, français, créole, ad libitum.

    Ainsi, en mes paroles d’île, en ma salsa polyglotte de sueur, de sucre et de sang,

    moi, île à sucre, par mes mots je doucis les maux de la doublement orpheline

     

    © Suzanne Dracius

    Date de création:2012-06-19 | Date de modification:2012-06-20

    Documents associés