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    • Édition

    L'Encyclopédie sur la mort


    Discours aux juges

    Platon

    À la fin de son apologie, Socrate* s'adresse aux juges qui l'ont acquitté. Il leur fait valoir que l'âme étant immortelle, la mort n'est pas un mal, mais un bien. Chez Hadès, il s'entretiendra avec les grandes figures mythologiques et historiques dont il pourra questionner la sagesse.
    XXXI. - Mais pour vous qui m’avez acquitté, j’aimerais causer avec vous de ce qui vient de se passer, pendant que les magistrats sont occupés et qu’on ne m’emmène pas encore où je dois mourir. Attendez donc, mes amis, jusqu’à ce moment; car rien ne nous empêche de causer ensemble, tant que cela est possible. Je voudrais vous montrer comme à des amis comment j’interprète ce qui m’est arrivé aujourd’hui […] Or, ni ce matin quand je sortais de chez moi, le signe du dieu ne m’a retenu, ni quand je suis monté au tribunal, ni à aucun endroit de mon discours, quoi que je voulusse dire. […] C’est ce qui m’est arrivé aujourd’hui est sans doute un bien et qu’il n’est pas possible que nous jugions sainement, quand nous pensons que mourir est un mal; et j’en vois ici une preuve décisive : c’est que le signe accoutumé n’aurait pas manqué de m’arrêter, si ce que j’allais faire n’avait pas été bon.

    XXXII – Voici d’autres raisons d’espérer que la mort est un bien. De deux choses l’une : ou bien celui qui est mort est réduit au néant et n’a plus aucune conscience de rien, ou bien, conformément à ce qui se dit, la mort est un changement, une transmigration de l’âme du lieu où nous sommes dans un autre lieu. Si la mort est l’extinction de tout sentiment et ressemble à un de ces sommeils où l’on ne voit rien, même en songe, c’est un merveilleux gain que de mourir. Si en effet l’on devait choisir une de ces nuits où l’on a dormi sans même avoir un songe, pour la comparer aux autres nuits et aux autres jours de sa vie, et s’il fallait après examen dire combien l’on a vécu de jours meilleurs et plus agréables que cette nuit-là, j’imagine que non seulement les simples particuliers, mais le grand Roi lui-même trouverait qu’ils sont faciles à compter en comparaison des autres jours et des autres nuits. Si donc la mort est quelque chose de semblable, je soutiens, moi, que c’est un gain, puisque alors toute la suite des temps ne paraît plus ainsi qu’une seule nuit.

    D’un autre côté, si la mort est comme un passage d’ici-bas dans un autre lieu, et s’il est vrai, comme on le dit, que tous les morts y sont réunis, peut-on, juges, imaginer un plus grand bien? Car enfin, si en arrivant chez Hadès, débarrassé de ces soi-disant juges, on doit y trouver les juges véritables, ceux qui, dit-on, rendent là-bas la justice. […] Mais mon plus grand plaisir serait de passer mes jours à examiner et à questionner ceux de là-bas, comme je faisais avec ceux d’ici, pour voir ceux d’entre eux qui sont sages et ceux qui croient l’être, mais ne le sont pas. Combien ne donnerait-on pas, juges, pour examiner celui qui mena contre Troie la grande armée, ou Ulysse ou Sisyphe ou tant d’autres, hommes ou femmes, que l’on pourrait nommer? Causer avec eux, vivre avec eux, les examiner, serait un plaisir indicible. En tout cas, chez Hadès, on est sûr de n’être pas condamné à mort pour cela, et non seulement on y est de toutes manières plus heureux qu’ici, mais encore on y est désormais immortel, du moins si ce qu’on dit est vrai.

    XXXIII – Vous aussi, juges, vous devez avoir bon espoir en face de la mort et vous mettre dans l’esprit qu’il y a une chose certaine, c’est qu’il n’y a pas de mal possible pour l’homme de bien, ni pendant sa vie, ni après sa mort, et que les dieux ne sont pas indifférents à son sort. Le mien non plus n’est pas le fait du hasard, et je vois clairement qu’il valait mieux pour moi mourir à présent et être délivré de toute peine.

    […]

    Mais voici l’heure de nous en aller, moi pour mourir, vous pour vivre. Qui de nous a le meilleur partage, nul ne le sait, excepté Dieu.
    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:-1-11-30
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