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    Impression du texte

    Fleurs sauvages

    Fleurs sauvages des villes

    Définition

    Elles ne sont pas toutes sauvages, au sens d'indigènes, plusieurs sont des échappées de culture. Ce dossier est l'oeuvre d'amateurs qui, au début de juillet 2003, ont eu le bonheur de découvrir, en compagnie de la botaniste Gisèle Lamoureux, les fleurs sauvages qui poussaient sous leurs yeux... à leur insu. Le territoire qu'ils continuent d'explorer est celui qui entoure la petite ferme, en Estrie au Québec, où L'Encyclopédie de L'Agora a pris forme. La majorité des plantes identifiées poussent à moins de 500 mètres de la maison.

    Oculos habent et non audiunt disaient les psaumes de notre enfance. Ils ont des yeux et ils ne voient pas. Le psalmiste disait aussi: ils ont des oreilles et ils n'entendent pas. Il aurait pu ajouter: ils ont un nez et ils ne sentent pas, ils ont des mains et ils ne touchent pas...et ne sont pas touchés.

    On dit que c'est l'arbre de la connaissance qui a chassé Adam et Ève du Paradis terrestre. Nous pouvons dire, nous, que la connaissance de l'arbre nous a redonné le paradis. Nous sommes loin des choses à notre naissance. Notre moi est si grand qu'il leur fait ombrage. Et notre sensibilité est ainsi faite qu'elle a besoin de prendre appui sur ces choses abstraites que sont les concepts et les mots pour accéder à ce qui lui est directement offert. Elle a besoin de la connaissance médiate pour que s'accomplisse en elle la connaissance immédiate. La fleur que nous nommons, et que nous étudions pour pouvoir la nommer, connaît en nous une seconde floraison. On définit toujours la connaissance par analogie avec une activité dont chacun a l'expérience. N'en déplaise à Descartes la connaissance n'est pas la dissection mais la floraison des choses en nous.



    Il ne faut toutefois pas abuser des bonnes choses, tel le concept. Son importance n'autorise personne à appeler apocyn à fleur d'Androsème la plus adorable petite créature rose. Nous préférons l'appeler gobe mouche en attendant qu'une autorité ne réhabilite un ancien nom populaire plus poétique. Madame Lamoureux, nous vous en prions, ajoutez un nom à votre liste: la cardamine carcajou, l'oxalide des bois, le bleuet rameau-velouté, la corydale toujours-verte, le noisetier long-bec, la violette trousse-dents! Venez aussi au secours de cette dentelle de nos étés appelée carotte sauvage en français, alors que les Anglais l'appellent Queen Anne's Lace, (dentelle de la reine Anne). Blanche-Neige n'est-il pas le nom qui lui convient:
    Il était une fois, en plein hiver, quand les flocons descendaient du ciel comme des plumes et du duvet, une reine qui était assise et cousait devant une fenêtre qui avait un encadrement en bois d'ébène, noir et profond. Et tandis qu'elle cousait négligemment tout en regardant la belle neige au-dehors, la reine se piqua le doigt avec son aiguille et trois petites gouttes de sang tombèrent sur la neige. C'était si beau, ce rouge sur la neige, qu'en le voyant, la reine songea: "Oh! si je pouvais avoir un enfant aussi blanc que la neige, aussi vermeil que le sang et aussi noir de cheveux que l'ébène de cette fenêtre !" Bientôt après, elle eut une petite fille qui était blanche comme la neige, vermeille comme le sang et noire de cheveux comme le bois d'ébène, et Blanche-Neige fut son nom à cause de cela. Mais la reine mourut en la mettant au monde.


    Observez au milieu de la dentelle, le petit point noir, qui pourrait être rouge.

    Il faut, me dit un jour un botaniste pédagogue, apprendre les noms de fleurs trois fois. On les oublie trois fois ensuite, mais si on les aime assez pour apprendre leur nom une quatrième fois, alors on s'en souvient à jamais. Mais gare à la prétention: on est maintenant si sûr de sa mémoire qu'on risque de donner le nom d'une fleur à toutes celles qui lui ressemblent. Voilà pourquoi le glécome lierre-terrestre, qui pousse dans notre parterre, a porté pendant quelques jours le nom de la prunelle vulgaire.





    La plupart des plantes ont des vertus médicinales. Dans certains cas, ces vertus sont d'ordre psychologique. Vous êtes dépressif, vous doutez de l'avenir, vous pouvez certes absorber une savante préparation tirée du millepertuis, mais vous pouvez aussi contempler la molène et méditer sur la dormance, cette aptitude qu'a la vie de demeurer souterraine et de se dresser avec éclat vers le soleil quand son heure est venue, après une dormance qui peut durer jusqu'à dix ans dans le cas de la molène.



    Il existe enfin, ce sont les plus précieuses, des fleurs métaphysiciennes. «La vérité n'est pas là où nous la cherchons mais là où nous refusons de la voir.» Parmi les herbes folles, solitaires, près du ruisseau, voici la lobélie de kalm. Que cherchiez-vous sous une grande épinette dont les branches touchent le sol, un champignon peut-être, pourri sans doute? Voici plutôt la plus transparente des fleurs: la blanche et primordiale monotrope, apparue à l'aire tertiaire. On ne la trouve qu'au Japon, en Alaska et... ici, en Amérique du Nord.

    Enjeux

    En compagnie des fleurs sauvages, le printemps n'est plus le printemps, l'été n'est plus l'été. Les saisons semblent des choses bien abstraites pour désigner un temps qui, entre deux neiges, passe de la trille et du tussilage, au céraiste et à la maïanthème, puis à l'achillée mille-feuilles, au millepertuis, et bientôt à l'impatiente et à l'immortelle, ces deux contemporaines, rarement voisines. Préférez-vous être né le 2 août 1980 ou en même temps que les immortelles, en cette année mémorable où les molènes sortirent en grand nombre de leur dormance?
    Quand les nombres et les figures
    Ne seront plus la clé de toutes créatures. (...)
    NOVALIS
    L'espace est lui aussi transfiguré. Le plus beau jardin du monde était à moins d'un kilomètre de votre maison. Vous vous en souviendrez et vos promenades auront un but nouveau: ce pont sur le ruisseau Williams où s'émeuvent sur l'eau fraîche des colonies de renoncules. De chaque côté, de larges haies d'eupatoires mauves montent la garde avec à leur pied des onagres en fleurs, des impatientes, de la verveine, des galanes et des myosotis.

    Ces mauvaises herbes là-bas, qui étaient votre cauchemar, forment désormais un cercle d'égopodes dont vous attendez la floraison en juin, sans savoir encore que les liserons les envahiront au début d'août. Mais où donc ai-je aperçu les apocyns l'été dernier? Sur le chemin Vaillancourt, près d'un endroit d'où l'on voit les deux pentes de la vallée de la rivière Coaticook et la ferme Blais, où l'on cultive l'épautre. Chaque lieu se définit ainsi par ses fleurs plutôt que par ses coordonnées dans l'espace.



    Champ d'épautre de la ferme Blais

    Essentiel

    «L'hiver venteux loin de notre aire a disparu;
    Pourpre sourit, portant des fleurs, ô printemps, ta saison;
    La terre sombre tendrement s'est recouverte d'herbe;
    Aux arbres dans leur sève, nouvelle est la chevelure de feuilles.
    Ceux dont la douce boisson, nourricière, est la rosée de l'aurore,
    Les prés se rient, pendant que s'ouvre la rose.
    Il a joie dans sa flûte, le berger parmi les monts qui chante
    Et les blancs chevreaux font plaisir au pâtre des chèvres. (...)»


    Le printemps de Méléagre

    Documentation



    Traduction des noms de fleurs sauvages:
    En anglais, allemand, anglais, norvégien, suédois, finlandais, italien: Lieber Herbarum II
    en basque: Flors sauvatges de noste

    Durch die Blume gesagt, le langage des fleurs
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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    Informations
    Documents Associés
    Ariane Collin
    Fleurs, Glossaire, Fleurs sauvages
    Maurice Maeterlinck
    Simplicité, joie, nature, nom, tendresse, reconnaissance, nuance, parfum, ornement
    fleurs sauvages, fleurs, flore
    Raccourcis

    Référence


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