• Encyclopédies

      • Encyclopédie de l'Agora

        Notre devise: Vers le réel par le virtuel!


      • Encyclopédie sur la mort

        L’encyclopédie sur la mort veut s'intéresser à ce phénomène sous ses multiples aspects et ses diverses modalités.


      • Encyclopédie Homovivens

        Encyclopédie sur les transformations que l'homme opère en lui-même au fur et à mesure qu'il progresse dans la conviction que toute vie se réduit à la mécanique.


      • Encyclopédie sur l'inaptitude

        Tout le monde en conviendra : c'est au sort qu'elle réserve aux plus vulnérables de ses membres que l'on peut juger de la qualité d'une société. Aussi avons-nous voulu profiter ...


      • Encyclopédie sur la Francophonie

        L'Encyclopédie de la Francophonie est l'une des encyclopédies spécialisées qui se développent parallèlement à l'Encyclopédie de l'Agora.

  • Dictionnaires
  • Débats
      • Le Citoyen Québécois

         Après la Commission Gomery, la Commission Charbonneau! À quelles conditions pourrions-nous en sortir plus honnêtes… et plus prospères

      • L'hypothèse Dieu

         Un nouveau site consacré au dialogue entre croyants et non-croyants a été créé. Son titre « L’hypothèse Dieu » annonce-t-il un vira...

  • Sentiers
      • Les sentiers de l'appartenance

        L'appartenance c'est le lien vivant, la rencontre de deux Vies : la nôtre et celle de telle personne, tel  paysage...Quand la vie se retire, le sentiment d'appropriation se substitue au ...

      • Le sentier des fleurs sauvages

        Nous sommes des botanistes amateurs. Notre but est de partager un plaisir orienté vers une science complète où le regard du poète a sa place à côté de celui du botaniste, du généticien, du gastrono...

      • L’îlot Louis Valcke

        Sur les traces de Louis Valcke (1930-2012), professeur, philosophe, essayiste, cycliste, navigateur et pèlerin. Spécialiste mondial de l’œuvre de Pic de la Mirandole.

  • La lettre
    • Édition


    La lettre de L'Agora
    Abonnez-vous gratuitement au bulletin électronique. de L'Agora.
    Si l’Encyclopédie de l’Agora demeure progressiste, c’est dans un nouveau sens du mot progrès, fondé sur la science réparatrice et sur le principe de précaution.
    Média social:
    Facebook:


    Fluxs RSS:

    Impression du texte

    Dossier: Beauté

    Nous soutenons la beauté

    Stéphane Stapinsky

    « Nous soutenons la beauté ». « We back beauty ». L’affirmation surprend dans un monde régi par l’utilité, un monde si peu habitué à mêler les grands principes à la vie de tous les jours.  Cette phrase, elle résonne presque comme un engagement solennel, un engagement moral.


    « We back beauty »… Tel le thème de la campagne organisée au Royaume-Uni pendant toute une année (avril 2016-avril 2017) par la Backing Beauty Commission, créée à l’initiative de ResPublica, un think thank qui a apporté depuis sa création en 2009 par Phillip Blond un vent de fraîcheur sur la scène politique et intellectuelle britannique.  Dans sa tâche, cette nouvelle commission peut s’appuyer sur deux institutions réputées, le National Trust et le Woodland Trust.

    De quelle notion de beauté s’agit-il au juste? La Backing Beauty Commission s’inspire des principes et idées mis de l’avant dans un rapport de ResPublica publié en juillet 2015 et intitulé  « A Community Right to Beauty ». J’ai écrit un petit texte l’an dernier à l’occasion de la sortie de ce rapport, que j’ai beaucoup aimé. J’y ai trouvé de nombreuses pistes que nous pourrions suivre ici même au Québec.  Sa lecture vous en apprendra plus sur la signification du mot « beauté » pour Phillip Blond et son équipe de collaborateurs.

    C’est une notion qui est avant tout politique, au sens noble du terme (la cité). Elle concerne les communités, les quartiers, les villes et les villages où nous vivons. Vivre dans des lieux qui sont beaux ne peut qu’avoir des effets positifs sur tous les plans. Et vivre au milieu de la laideur ne peut que nous faire déchoir : « … ugly surroundings erode aspiration, health and community; they trap people in a cycle of ever decreasing social mobility, and they cultivate crime » (Caroline Julian). Pour ResPublica, il y a un droit à la beauté, et il existe pour tous. Mais ce qui est peut-être le plus important, c’est que la beauté contribue à donner une âme, un « ethos » à ces communautés où nous vivons.

    Res publica, et c’est tout à son honneur, ne cède pas aux diktats d’une certaine rectitude de pensée en matière esthétique. On soutient généralement qu’en matière de beauté, tous les goûts sont dans la nature. Il semblerait donc qu’on ne puisse guère s’entendre afin de déterminer ce qui est beau et ce qui ne l’est pas. Le think thank britannique refuse ce relativisme un peu trop absolu. Des recherches montrent en effet que les gens s’entendent plus que l’on croit quant à déterminer ce qui est beau et ce qui ne l’est pas.  Encore faut-il qu’ils fassent confiance à leur propre jugement. Cet « empowerment » des gens ordinaires en matière de beauté, est un des objectifs poursuivis par Res Publica. La beauté n’est pas réservé qu’à une seule petite élite qui serait seule capable de l’apprécier.


    Faire confiance à son propre jugement, c’est aussi, inévitablement, remettre à l’occasion en question l’autorité des experts, qui est l’autre versant de ce relativisme esthétique qui est devenu la norme aujourd’hui. Cette remise en question de l’autorité des experts, les artisans du site « We back beauty » la pratiquent parfois. Je ne citerai qu’un exemple. Sur le compte Twitter de l’organisme, en date du 7 octobre, on peut lire un bref commentaire chapeautant la manchette d’un article du quotidien The Independent à propos d’un prix d’architecture décerné à un bâtiment. Le commentaire est simple mais on ne peut plus clair : « But it is beautiful ? » (Mais cela est-il beau?). J’aime cette audace vraie en une période de conformisme généralisé.

    J’aime aussi beaucoup l’approche de ResPublica, qui consiste à jouer sur les deux tableaux suivants : les idées et l’action. Très peu de temps après la diffusion de ce rapport, les propositions d’action ont suivi : la Backing Beauty Commission a été créée, la campagne « We back beauty » inaugurée.

    Les objectifs de cette campagne sont de deux ordres. D’abord, faire en sorte que la beauté devienne une préoccupation centrale en matière de politique publique et de planification urbaine au Royaume-Uni. En second lieu, promouvoir une décentralisation des pouvoirs, qui fasse en sorte que les communautés locales puissent obtenir davantage de pouvoir leur permettant de redéfinir leur cadre de vie en fonction de leurs aspirations.

    On consultera avec intérêt le site « We back beauty » (http://webackbeauty.org.uk/) ainsi que le compte Twitter de l’organisme (https://twitter.com/webackbeauty), afin de suivre les initiatives mises en œuvre au quotidien par celui-ci.

    Date de création : 2016-10-20 | Date de modification : 2016-10-25
    Informations
    L'auteur

    Stéphane Stapinsky
    Documents associés
    Stéphane Stapinsky
    Daniel Laguitton
    Maurice Maeterlinck
    Charles Darwin
    Animal, beauté, couleur, parfum, goût
    Jean-Noël André, Olivier Fenoy
    Beauté, Lumière, Croix, Bonté, Vérité, Klee(Paul)
    Charles-Pierre Baudelaire
    Beauté, grâce, clarté, éternité, inspiration, amour, poète, pureté, fascination, béatitude, harmonie
    Gabriela Mistral

    40%
    Dons reçus (2017-2018):10 002$
    Objectif (2017-2018): 25 000$


    Nous avons reçu près de 22 000$ lors de la campagne 2016-2017. Nous vous remercions de votre générosité. Pour la campagne 2017-2018, notre objectif s'élève à 25 000$.

    Contribuez au rayonnement des oeuvres de l'Agora/Homo vivens en devenant membre ou en faisant un don.