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    L'Encyclopédie sur la mort



    Zimmermann Bernd Alois

    Compositeur allemand, Bernd Aloisné le 20 mars 1918 à Bliesheim, près de Cologne, et décédé le 10 août 1970 à Königsdorf. Zimmermann appartient à la génération des laissés-pour-compte de la dictature hitlérienne et de la guerre*: son «innocence souillée» et sa «vie volée». Partagé entre la «menace apocalyptique» de la guerre et de l'après-guerre et le «calme mystique» de son éducation catholique, l'humanisme chrétien de Zimmermann fut un mélange typiquement rhénan d'ascèse mystique et de passion dionysiaque.

    « En l’étirement du temps, présence ininterrompue, unité du flux de la perception, s’énonce une musique de l’être-jeté et de l’être-pour-la-mort, empreinte de l’Erstreckung de Heidegger : laminage, extension du Dasein entre naissance et mort. "Le Dasein ne couvre pas, à travers les phases de ses réalités momentanées, un trajet en quelque sorte là-devant, il ne comble pas l’étendue de la "vie", mais il s’étend si bien lui-même que son propre être se constitue d’emblée comme extension" (Être et Temps, § 72). Une temporalité se constitue, de plus en plus prégnante à partir de 1967, celle de la suicidalité. Or, le suicide est moins le thème littéraire du Requiem für einen jungen Dichter (Requiem pour in jeune poète), celui des emprunts à Serge Essenine*, Vladimir Maïakovski* et Konrad Bayer*, que le projet et l’expérience de la musique même. Certes, les structures s’y accumulent, suscitant une écoute lourde, stagnante. Mais en dernière instance, suspendant l’accumulation, l’œuvre se tue. Dans ses dernières lettres, Zimmermann, musicien de la vanité, lecteur de L’Ecclésiaste, dont il avait mis en musique des fragments dans sa cantate Omnia tempus habent, et qu’il nouera à la «Légende du Grand Inquisiteur» de Dostoïevski *dans son «action ecclésiastique» Ich wandte mich und sah an alles Unrecht, das geschah unter der Sonne (Je me retournai et je vis toute l'injustice qui s'accomplit sous le soleil) , faisait part de sa conclusion que «la musique, comme art ou comme anti-art, s’est assassinée elle-même». Le nœud de la tragédie se resserrant, le Requiem für einen jungen Dichter unit, magistralement, l’œuvre et l’existence à la mort : à son suicide, encore musical, paradoxalement dernier matériau de combustion auquel se ressaisir, à ce dernier accrochage décisionnel du compositeur à la vie, répondra le suicide de Zimmermann, le 10 août 1970 ».

    (Laurent Feneyrou,« Bernd Alois Zimmermann. Parcours de l'œuvre »
    http://brahms.ircam.fr/composers/composer/3444/workcourse/

    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:2012-04-10