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    L'Encyclopédie sur la mort



    Vigny Alfred de

    Vigny de AlfredAlfred-Victor, comte de Vigny. Poète français, né à Loches (Touraine) le 27 mars 1797, décédé à Paris le 17 septembre 1863. Lorsqu'il écrit «La mort du loup», deux pertes venaient d'ébranler le poète : la mort de sa mère et la rupture avec l''actrice Marie Dorval pour qui il avait écrit Chatterton*.

    PROFIL

    «Si Rabelais* écrit depuis une taverne et Rousseau* depuis une grotte, Vigny écrit depuis une prison* redoublée par un masque de fer. Cette métaphore récurrente dans son oeuvre dit combien sont profond sa dépression* et son pessimisme. Il reproche fort à Dieu de n'avoir pas fait les hommes plus heureux et réhabilite Lucifer qui console au moins leurs nuits (Eloa). Stello est un dialogue bien systématique qui veut montrer, à partir de trois exemples, que les poètes sont sacrifiés* par la République aussi bien que par la monarchie absolue et la monarchie constitutionnelle. Servitude et Grandeur militaires critique l'inhumanité de la guerre* et de Napoléon, et célèbre à travers de magnifiques récits, l'honneur des vieux soldats. Les Destinées est un recueil glacé, étouffé, stoïcien, qui s'achève par le couronnement de la poésie, expression de «l'esprit pur». Quel esprit pur? Un esprit, en tous cas, purifié des impuretés de l'existence humaine. Vigny est déjà dans le postromantisme,» (Bruno Viard, Les 100 mots du Romantisme, PUF, («Que sais-je?», 2010, p.125). Voici des extraits d'un poème du recueil Les Destinées.

    LA MORT DU LOUP


    Le poème se divise en 3 parties :

    I. La scène de chasse nous montre un animal traqué par les hommes qui subit la fatalité de sa mort en silence et avec fierté.
    II. Le poète réfléchit sur le sens de la mort de l'animal.
    III. Il compare la faiblesse de l'homme à la force de l'animal : le loup nous apprend que «seul le silence est grand»; en mourant, le loup possède un «haut degré de stoïque* fierté».

    La mort du loup
    I
    Les nuages couraient sur la lune enflammée
    Comme sur l'incendie on voit fuir la fumée,
    Et les bois étaient noirs jusques à l'horizon
    -Nous marchions, sans parler, dans l'humide gazon,
    Dans la bruyère épaisse, et dans les hautes brandes.
    Lorsque, sous de sapins pareils à ceux des Landes,
    Nous avons aperçu les grands ongles marqués
    Par les loups voyageurs que nous avions traqués.

    [...]

    Mais les enfants du Loup se jouaient en silence,
    Sachant bien qu'à deux pas, ne dormant qu'à demi,
    Se couche dans ses murs l'homme, leur ennemi.
    Le père était debout, et plus loi, contre un arbre,
    Sa louve reposait, comme celle de marbre
    Qu'adoraient les Romains, et dont les flancs velus
    Couvaient les demi-dieux Rémus et Romulus.
    Le loup vient et s'assied, les deux jambes dressées,
    Par leurs ongles crochus dans le sable enfoncées.

    [,,,]

    Malgré nos coups de feu, qui traversaient sa chair,
    Et nos couteaux aigus, qui, comme des tenailles,
    Se croisaient en plongeant dans ses larges entrailles,
    Jusqu'au dernier moment où le chien étranglé,
    Mort longtemps avant lui, sous ses pieds a roulé.
    Le loup le quitte alors et puis il nous regarde.
    Les couteaux lui restaient au flanc jusqu'à la garde,
    Le clouaient au gazon tout baigné dans son sang;
    Nos fusils l'entouraient en sinistre croissant.
    - Il nous regarde encore, ensuite il se recouche,
    Tout en léchant le sang répandu sur sa bouche,
    Et, sans daigner savoir comment il a péri,
    Refermant ses grands yeux, meurt sans jeter un cri

    III
    [...]

    Comment on doit quitter la vie et tous ses maux
    C'est vous qui le savez, sublimes animaux!
    À voir ce que l'on fut sur terre et ce qu'on laisse.
    Seul le silence est grand; tout le reste est faiblesse.
    - Ah! je t'ai bien compris, sauvage voyageur,
    Et ton dernier regard m'est allé jusqu'au coeur!
    Il disait: «Si peux, fais que ton âme arrive,
    À force de rester studieuse et pensive,
    Jusqu'à ce haut degré de stoïque fierté
    Où, naissant dans les bois, j'ai tout d'abord monté.
    Gémir, pleurer, prier est également lâche.
    Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
    Dans la voie où le sort a voulu t'appeler,
    Puis, après, comme moi, souffre et meurs sans parler.»

    Les Destinées, 1864.

     

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    poesie-citation.fr

    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:2012-10-26
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    Notes

    Pour la vie et l'oeuvre de Vigny consulter: http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Alfred_de_Vigny

    Source:
    Poètes français des XIX° et XX° siècles, préface de Serge Gaubert, choix, commentaires et notes de Daniel Leeuwers, Paris, Le Livre de poche, 1987, p. 21-26.