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    L'Encyclopédie sur la mort



    Tourgueniev Ivan

    Tourgueniev Ivan Ivan Sergueïevitch Tourgueniev, écrivain et dramaturge né en Russie le 9 novembre 1818 à Orel et décédé le 3 septembre 1883 à Bougival. Après une carrière de fonctionnaire au ministère de l’intérieur, il s’établit en France dès 1872 jusqu’à sa mort. Auteur de nombreux romans et nouvelles, il dépeint avec une rare finesse la vie de la société russe et se révèle bon connaisseur de la sensibilité des femmes*.

    Dans L’abandonnée (Paris, Stock, «Bibliothèque cosmopolite», 1983), il présente une double interprétation de la mort de Suzanne Ivanowna. Aux yeux de M. Ratsch, beau-père de la jeune fille, il s’agit d’une « rupture du cœur», c’est-à-dire d’une crise cardiaque, tandis que le narrateur considère ce décès comme une mort volontaire, la rupture spirituelle d’un cœur en quête d’amour et de bonheur. L’entrée de Suzanne dans la maison* des Ratsch, où le narrateur est en visite, produit en lui une impression qui lui rappelle les paroles de Shakespeare*: «une colombe blanche égarée dans un vol de noirs corbeaux». Ayant bien peu de choses en commun avec son entourage, elle «semblait se demander à elle-même, comme surprise, par quel hasard elle se trouvait là. Tous les membres de la famille Ratsch paraissaient des êtres vulgaires, mais pleins de contentement et de santé; son beau visage, qui pourtant commençait à se flétrir, portait l’empreinte de la douleur, de la fierté, de la souffrance physique» (p. 35).

    Qui l’a conduite à la mort? Les calomnies de son demi-frère Victor? L’absence de Fustow, son ami, pour qui elle n’éprouvait aucune passion, mais sur qui elle s’appuyait comme sur «une dernière espérance»? Ou la mémoire régénératrice d’un premier amour? Le narrateur clôt ainsi son récit: «Qui devinera ce qui l’a poussée dans la tombe? Est-ce l’amour-propre froissé ou le chagrin d’une existence manquée, ou le souvenir de cette noble et royale créature à laquelle, au matin de sa vie, elle s’était joyeusement donnée, qui croyait si bien en elle et qui la respectait si sincèrement? Qui sait? Peut-être que son âme, à l’heure où je croyais lire sur les traits glacés par la mort ce reproche: “Il n’est pas venu”, se réjouissait déjà d’avoir pris son vol vers lui, vers son premier, son véritable amour» (p. 149). L’absence de reconnaissance sociale à l’égard de la subjectivité intérieure de cette jeune fille, de ses rêves et aspirations, est un reflet des antagonismes du modèle culturel de la femme* dans la société russe traditionnelle, d’une part, et les revendications, d’abord silencieuses, puis manifestes, pour le renouveler, d’autre part.

    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:2012-04-10
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