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    L'Encyclopédie sur la mort



    Thanatos et Hypnos, frères jumeaux

    Waterhouse«Car le sommeil, ayant fermé leurs paupières, fait oublier à tous les hommes les biens et les maux» (Homère, Odyssée). Dès l’Antiquité, le sommeil intrigue. Pour s'initier à ses mystères, les Grecs s'adressaient à deux dieux: Hypnos, dieu du Sommeil, frère jumeau de Thanatos, dieu de la Mort, tous deux fils de Nyx, la Nuit.

    Thanatos seul est rarement nommé dans la mythologie par la crainte de la mort que sa figure inspire. S'il apparaît, c'est en compagnie de la figure plus douce de son frère Hypnos. Par contre, il a connu une grande fortune en psychanalyse, notamment chez Sigmund Freud* comme personnification de la pulsion de mort et comme antipode d'Eros, pulsion de vie.

    Selon Homère, Hypnos habite Lemnos :

    Hèrè, joyeuse, quitta le faîte de l'Olympos. Puis, traversant la Pièriè et la riante Émathiè, elle gagna les montagnes neigeuses des Thrèkiens, et ses pieds ne touchaient point la terre. Et, de l'Athos, elle descendit vers la mer agitée et parvint à Lemnos, la ville du divin Thoas, où elle rencontra Hypnos, frère de Thanatos. Elle lui prit la main et lui dit ces paroles :

    «Hypnos, roi de tous les Dieux et de tous les hommes, si jamais tu m'as écoutée, obéis-moi aujourd'hui, et je ne cesserai de te rendre grâces. Endors, sous leurs paupières, les yeux splendides de Zeus, dès que je serai couchée dans ses bras, et je te donnerai un beau thrône incorruptible, tout en or, qu'a fait mon fils Hèphaistos qui boite des deux pieds ; et il y joindra un escabeau sur lequel tu appuieras tes beaux pieds pendant le repas.»
    (L'Iliade, Chant 14, traduction de Leconte de Lisle, 1818-1894)
    http://www.perseus.tufts.edu

    Toujours selon Homére, durant la guerre de Troie, Zeus demande à Apollon de faire transporter la dépouille de Sarpédon par les frères jumeaux rapides Hypnos et Thanatos:

    «Va maintenant, cher Phoibos. Purifie Sarpèdôn, hors de la mêlée, du sang noir qui le souille. Lave-le dans les eaux du fleuve, et, l'ayant oint d'ambroisie, couvre-le de vêtements immortels. Puis, remets-le aux Jumeaux rapides, Hypnos et Thanatos, pour qu'ils le portent chez le riche peuple de la grande Lykiè. Ses parents et ses amis l'enseveliront et lui élèveront un tombeau et une colonne, car c'est là l'honneur des morts. Il parla ainsi, et Apollôn, se hâtant d'obéir à son père, descendit des cimes Idaiennes dans la mêlée et enleva Sarpèdôn loin des traits. Et il le transporta pour le laver dans les eaux du fleuve, l'oignit d'ambroisie, le couvrit de vêtements immortels et le confia aux Jumeaux rapides, Hypnos et Thanatos, qui le transportèrent aussitôt chez le riche peuple de la grande Lykiè.»
    (L'Iliade, Chant XVI, traduction de Leconte de Lisle, 1818-1894)
    http://www.perseus.tufts.edu

    Dans sa Thégonie, Hésiode décrit l'endroit horrible où séjournent les deux frères terribles:

    [740] C'est un gouffre énorme, et, de toute une année, il n'en atteindrait pas le fond celui qui en passerait les portes ; mais il serait emporté çà et là par une impétueuse tempête, affreuse. Et il est horrible aux Dieux immortels eux-mêmes, ce gouffre monstrueux. Et là, de la nuit noire, la demeure horrible se dresse, toute couverte de sombres nuées. À l'entrée, le fils d'Iapétos soutient le large Ouranos, debout, de sa tête et de ses mains infatigables, et plein de vigueur. Et Nyx et Hèméra vont tout autour, s'appelant l'une l'autre et passant tour à tour le large seuil d'airain. [750] Et, en effet, l'une entre et l'autre sort, et jamais ce lieu ne les renferme toutes deux ; mais toujours, l'une existant hors de ce lieu, se meut sur la terre, et l'autre rentre, en attendant que l'heure du départ arrive. Et Hèméra apporte la lumière perçante aux hommes terrestres ; et, portant dans ses mains Hypnos, frère de Thanatos, vient à son tour la dangereuse Nyx enveloppée d'une nuée noire. Car c'est là qu'habitent les enfants de l'obscure Nyx, Hypnos et Thanatos, Dieux terribles. Et jamais [760] le brillant Hèlios ne les éclaire de ses rayons, soit qu'il gravisse l'Ouranos, soit qu'il en descende. L'un, sur la terre et sur le large dos de la mer, tranquille, se promène, doux aux hommes ; mais le cœur de l'autre est d'airain, et son âme est d'airain dans sa poitrine, et il ne lâche point le premier qu'il a saisi parmi les hommes ; et il est odieux aux Immortels eux-mêmes. Et, tout au fond, sont les demeures sonores du Dieu souterrain, du puissant Aidès et de la terrible Perséphonéiè. Et un chien féroce, [770] effroyable, en garde les portes, et, dans sa mauvaise ruse ceux qui entrent, il les flatte de la queue et des deux oreilles ; mais il ne les laisse plus sortir, et, plein de vigilance, il dévore tous ceux qui veulent repasser le seuil du puissant Aidès et de la terrible Perséphonéiè.
    (La Théogonie d'Hésiode, traduite par M. Patin (1892) de l'Académie Française)
    philoctetes.free.fr/theogonie.htm


    Selon Ovide, Hypnos/Somnus, personnification du Sommeil, fils de la Nuit et de l'Érèbe, et frère de Thanatos/Mort

    Il est représenté parfois sous les traits d'un jeune homme aux tempes ornées d'ailes, il est censé parcourir rapidement la terre et les mers et assoupir les humains. À l'époque d'Ovide, les Cimmériens passaient pour un peuple plus ou moins fabuleux, habitant la Scythie ou une région nordique lointaine, où régnait l'obscurité. Léthé (11, 603) est la fille d'Éris, et la personnification de l'Oubli.

    Morphée, dieu des Songes, un des mille enfants d'Hypnos, apparaît aux hommes sous la forme (en grec: morphè) d’un être humain. Il enveloppe de ses bras le dormeur en lui apportant des rêves. Ce fut lui qui vint visiter Alcyoné en rêve pour lui apprendre le naufrage de Céyx.

    Ovide présente une description très imagée de sa demeure et de son entourage:

    Iris dessine dans le ciel sa marque en forme d'arc, et gagne un lieu

    caché sous un nuage, la demeure du roi qu'elle doit visiter.

    Il existe près du pays des Cimmériens une grotte profonde et retirée,

    au creux d'une montagne, la demeure secrète de l'indolent Sommeil.

    Qu'il se lève, soit au milieu de sa course ou se couche, Phébus

    jamais n'y peut introduire ses rayons. Du sol montent des vapeurs

    mêlées à l'obscurité, créant une douteuse lueur crépusculaire.

    Les chants de l'oiseau veilleur à la tête ornée d'une crète

    n'y appellent pas l'Aurore et aucune voix n'y rompt le silence,

    ni celle des chiens vigilants, ni celle de l'oie, plus subtile que les chiens.

    Ni bêtes sauvages, ni troupeaux, ni branches agitées par le vent,

    ni éclats de voix humaine ne produisent le moindre bruit.

    C'est le règne du repos muet. Cependant, de la base du rocher

    sourd le ruisseau du Léthé ; résonnant sur des cailloux,

    son onde glisse dans un murmure et invite au sommeil.

    Devant l'entrée de la grotte fleurissent de féconds pavots

    et des plantes sans nombre : la Nuit recueille la vertu soporifique

    de leur suc, qu'elle répand avec sa rosée sur les terres sombres.

    Point de porte risquant de grincer en tournant sur ses gonds :

    aucune porte dans toute la demeure, aucun gardien sur le seuil.

    Mais au milieu de l'antre se dresse un lit d'ébène, orné de duvets

    assortis à la couleur du bois et recouvert d'un voile sombre,

    où est étendu le dieu en personne avec ses membres alanguis.

    Autour de lui gisent de tous côtés, prenant des formes variées,

    les Songes inconsistants, nombreux comme les épis d'une moisson

    les feuilles d'une forêt, ou les grains de sable rejetés sur le rivage.

    (Ovide, Métamorphoses, Livre XI, 590-610, traduction et notes de A.-M. Boxus et J. Poucet, Bruxelles, 2007)
    http://bcs.fltr.ucl.ac.be/METAM/Met11/Met11-573-795.htm

    IMAGE: Hypnos, dieu du Sommeil, et son frère Thanatos, dieu de la Mort
    peinture de John William Waterhouse (1849-1917).

    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:2012-04-16
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