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    Tchernobyl, hommage virtuel aux victimes

    Tsernobyl« L'Académie des sciences de New York a consacré un numéro de ses annales à la catastrophe de . Les effets sanitaires sont effrayants.

    Combien de morts la catastrophe de Tchernobyl, survenue en 1986 a-t-elle causés? Derrière cette interrogation, c'est toute la dangerosité de la filière électronucléaire qui est posée. Elle n'est donc pas anodine, en ces années de retour en grâce de l'atome et de lobbying intense des milieux nucléocrates. La question semble élémentaire; mais lui apporter une réponse se révèle ardu. L'Organisation mondiale de la santé (OMS), dont on serait en droit d'attendre qu'elle serve de lieu d'expertise à ce sujet, est en effet liée de manière contractuelle depuis 1959 à l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA). Résultat : elle a toujours fait le black out à ce sujet.

    Un lien incestueux est dénoncé par un collectif antinucléaire – Independant-WHO (pour une OMS indépendante). C'est ce groupe qui organise depuis 2007 un piquet de protestation quotidien devant le siège de l'organisation onusienne.

    En septembre 2005, un colloque de l'OMS avait abouti à un chiffre extravagant démontrant la mainmise du lobby nucléaire : il n'y aurait eu que 4000 morts liés à la catastrophe de Tchernobyl. Une position qui avait été dénoncée comme « négationiste » par les associations de défense de l'environnement. Vu le tollé, l'OMS avait ensuite quadruplé ces estimations, sans fournir d'explication à ce sujet. Le chiffre « officiel » est donc aujourd'hui de 16 000 décès.

    Bien loin des chiffres réels, les travaux sur le terrain menés en Ukraine – lieu de la catastrophe–, en Biélorussie et en Russie – pays qui ont subi de plein fouet les retombées radioactives – donnent des chiffres beaucoup plus élevés : entre 600 000 et 900 000 vies perdues. »

    ( Philippe Bach, « L'impact de Tchernobyl revu à la hausse : près d'un million de morts », paru le mercredi 29 Décembre 2010 dans Le courrier. Quotidien indépendant)

    http://www.lecourrier.ch/index.php?name=News&file=article&sid=447794

    Les statistiques sont des chiffres qui nous informent sur l'ampleur de cette catastrophe. De par leur nature, ce sont des données quantitatives, objectives et rationnelles, qui peuvent nous surprendre et nous impressionner. Leurs nombres cachent, cependant, les êtres humains, leur visage, leur prénom et nom de famille, leur chair et ses souffrances, le drame vécu par les proches et leurs amis.

    Lyubov Sirota, une poétesse ukrainienne, auteure de To the Angel of Pripyat, consacré à son village disparu lors de la catastrophe Tchernobyl, rend hommage aux victimes ayant chacune un nom et un visage. Elle s'est constituée une collection impressionnante de biographies de gens ordinaires qui sont décédés durant ou suite à cet accident nucléaire qui souffrent des effets de ce désastre dans leur corps et leur esprit. Un cimetière écrit avec des tombes sous forme de fiches, un lieu de mémoire symbolique sur papier, lieu de mémoire auquel, par des moyens électroniques, nous donnons un caractère universel, un lieu de mémoire virtuel! Grâce à notre collaboratrice Natalia Fernandez Diaz (Université libre de Barcelona), amie de Lyubov Sirota, nous serons bientôt en mesure de publier quelques-unes de ces biographies.

    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:2012-04-12
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