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    L'Encyclopédie sur la mort



    Tabou

     

    Le terme anglais taboo, dérivé du polynésien tapu, désigne le sacré dans le sens, à la fois, de ce à quoi il est interdit d’avoir accès et de ce sur quoi l’on fait silence. Le tabou est un impératif négatif qui, dans le contexte du suicide, s’énonce comme suit: «tu ne te tueras point», «tu n’accéderas pas à la mort volontaire, car cela rend impur», «tu refuseras de révéler le suicide d’autrui, car sinon tu entraîneras le suicidé et ses proches dans la honte» ou «tu refuseras de révéler le suicide d’autrui pour ne pas en attirer d’autres dans la mort par contagion». En Occident, du début de la chrétienté jusque dans la société moderne, la réprobation sociale pèse sur la mort volontaire, car elle trouble l’ordre. À cause de ce désordre créé par le suicide, les rites religieux des funérailles* furent longtemps interdits au corps du suicidé, de sorte que le deuil* des proches en était gravement affecté. Cette exclusion officielle eut pour effet que la famille, frappée par la honte*, cherchait, souvent, avec la complicité d’un curé ou d’un médecin, à cacher le suicide d’un de ses membres en le faisant passer pour un accident ou pour une mort subite. L’honneur était sauf et la sépulture* pouvait avoir lieu. Cette astuce fort compréhensible a notamment comme conséquence de fausser les statistiques*.

    Le suicide étant associé au règne de l’impur, les voisins et les amis n’osent pas s’approcher de la famille en deuil et n’osent pas aborder avec elle le sujet du suicide, par peur d’importuner la famille ou par peur de la mort. Le silence dont on entoure le suicide peut parfois être inspiré par un sentiment de pudeur devant la liberté* avec laquelle la personne qui choisit cette voie inhabituelle et mystérieuse. Les raisons ou les motivations de ce choix demeurent secrètes. On respecte le geste, on s’abstient d’approuver ou de blâmer et l’on préfère se taire. Le silence peut être aussi un devoir de discrétion qui s’impose aux médias* qui, pour des raisons d’éthique sociale et de déontologie, jugent inapproprié de divulguer le suicide d’un adolescent ou d’en raconter les détails sensationnels et macabres afin de ne pas troubler inutilement la famille ou afin d’éviter son imitation et sa multiplication dans la population. La mort volontaire est un mystère qui attire autant qu’il effraie. Des personnes à risque ou psychologiquement vulnérables pourraient alimenter leurs idéations ou intentions suicidaires au suicide spectaculaire d’une vedette ou d’un concitoyen et les recevoir comme une invitation à passer, elles aussi, à l’acte. Au dix-huitième siècle, afin de réduire le nombre de suicides, Dubois-Fontanelle pensait qu’«il vaudrait mieux étouffer ces événements qui affligent l’humanité et ne pas leur donner de la publicité par des procédures qui ne remédient ni au passé ni à l’avenir, et qui ne tombent que sur les vivants» (Théâtre et œuvres philosophiques, t. II, Londres, 1785, p. 125). Cependant, la peur de la mort peut être mauvaise conseillère dans la prévention* du suicide. Il demeure important que les jeunes* et le public en général soient adéquatement informés sur le phénomène du suicide, ses signes et ses significations, mais d’une façon factuelle et éclairante qui ne prête ni à une dramatisation spectaculaire, ni à l’approbation, ni à la condamnation du geste.

    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:2012-04-20