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    L'Encyclopédie sur la mort



    Suicide au volant

    Au Canada*, chez les jeunes* de moins de trente ans et de sexe masculin, l’accident de voiture et le suicide constituent respectivement la première et la deuxième cause de décès (D. R. Mayew et al., Young Driver Accidents: Magnitude and Characteristics of the Problem, Ottawa, Traffic Injury Research Foundation of Canada, 1981; M.-F. Charron, Le suicide au Québec. Analyse statistique, Service des études épidémiologiques du ministère des Affaires sociales, Québec, 1983). Peut-on établir une relation significative entre les excès de la conduite routière et le suicide?

    Vitesse au volant

    Pour répondre à cette question, une recherche a été menée à l’université de Montréal par J. Bergeron, P. Joly et J. Ratté (Analyse des comportements routiers). Les sujets de la recherche furent choisis, avec la collaboration de la Régie d’assurance automobile du Québec, en fonction des antécédents routiers de jeunes conducteurs de sexe masculin ayant en moyenne vingt et un ans, provenant des régions de Montréal et de Québec. Un premier groupe fut constitué de cinquante-quatre bons conducteurs ayant un dossier vierge depuis deux ans et demi. Un deuxième groupe fut formé de cinquante-huit mauvais jeunes chauffeurs du même âge ayant commis au moins trois infractions liées à la sécurité routière et ayant été victimes d’au moins deux accidents pendant une période de deux ans et demi. Un troisième groupe intermédiaire de quarante-sept jeunes conducteurs du même âge, recrutés au hasard sans qu’ils soient classés bons ou mauvais. Les résultats obtenus se résument comme suit: « Il existe bel et bien un lien entre la conduite routière risquée et le suicide, mais les conducteurs qui ont un nombre très élevé d’infractions et d’accidents semblent être des individus ayant une manière de vivre contre-phobique. Ils démentent leur tendance dépressive, leurs fantasmes suicidaires, ainsi que le lien entre leur perte de goût à la vie et leur façon de conduire leur automobile. En fait, ils ont adopté une manière de vivre qui sert à nier les sentiments associés à la vulnérabilité et à la détresse. Ce sont d’ailleurs presque tous des hommes parce que ce type de rigidité émotionnelle est encouragé très tôt dans l’éducation masculine. Les attentes sociales les veulent durs, braves, confiants, etc. Alors quand le vécu est inverse, il devient difficile pour eux de le vivre et même de se l’avouer » (« Les “fous au volant” sont-ils des suicidaires? Étude sur la personnalité des conducteurs à risque », Frontières, vol. 6, no 3, 1994, p. 37-40).

    Accidents de la route

    «Combien d'accidents de la route sont-ils en rapport avec un suicide? Difficile de répondre à la question, les statistiques officielles n'étant guère fiables sur ce point. Une équipe finlandaise a eu l'idée de recouper ce type de statistiques avec les résultats des enquêtes menées par les "brigades de sécurité routière". En Finlande, ces dernières collaborent avec les compagnies d'assurance pour mener une investigation poussée, lors de tout accident de la route avec mort d'homme. Il en existe une par province (13 au total), réunissant un officier de police, un ingénieur automobile, un médecin, un spécialiste des routes et tout autre expert utile aux besoins de l'enquête (psychologues, etc...).

    Entre 1987 et 1991, on a enregistré en Finlande 1419 décès du conducteur du véhicule lors d'un accident de la route. Les brigades de sécurité routière ont considéré que 99 d'entre eux relevaient d'un suicide possible ou probable, et que 84 autres résultaient de façon certaine d'un suicide, soit près de 6 % d'accidents mortels pour le chauffeur en rapport avec un suicide. Les chiffres officiels sont moitié moindres (2.6 %).

    Rapporté aux autres modalités suicidaires, le suicide au volant représente 1.2 % des suicides. Il est typiquement le fait d'un homme (9 fois sur 10), jeune (âgé de 15 à 34 ans dans la moitié des cas), qui conduit seul (dans les deux cas où un passager a été tué, il s'agissait de suicides à deux), et qui choisit en générale une collision contre un véhicule beaucoup plus lourd. Par ailleurs, le conducteur s'est très souvent alcoolisé* ou sous l'effet de la drogue*, ( toxicomanie*) mais pas plus fréquemment qu'au cours des autres accidents mortels non liés à un suicide. Dans 75 % des cas, on retrouve un événement stressant, dans 40 % des antécédents de troubles mentaux.» (
    A. Bottéro, «Suicide au volant».Tendances et Débats 1998 ; 2 : 39)
    Ohberg A. et coll. Brit J Psychiatry 1997 ; 171 : 468-472.

    http://www.neuropsychiatrie.fr/extranet/upload/article/84186307_39%20Suicide%20au%20volant.pdf

    Un jeune conducteur de 22 ans est décédé ce lundi après-midi, après avoir percuté avec sa voiture le muret d’une habitation, dans la côte de Bizy, à Vernon (Eure). Le moteur était à pleine puissance. Le bruit sourd de l''impact violent a été entendu par des témoins. Aussitôt, de nombreux pompiers et policiers ont été dépêchés sur place. Les secours interviennent, mais n'ont pas pu sauver la victime*. Celle-ci avaient manifesté déjà sa volonté suicidaire et n'avait pas attaché sa ceinture de sécurité. Il s'agit d'un suicide individuel où la personne n'avait pris pour cible de son action sa propre personne. Mais il y a des accidents de la route qui sont à la fois des homicides et de suicides, parfois même des suicides-homicides intrs-familiaux.

    Suicides homicides au volant

    Ainsi, au Québec, Canada, en 2010, D. P. de Boisbriand a provoqué deux accidents le lundi 24 mai sur la route 165 entre Plessisville et Saint-Ferdinand, entraînant avec lui dans la mort T., son fils de quatre ans dont il avait la garde unique, et deux frères de Laval, A. et S. F., respectivement 14 et 25 ans. Ces derniers se trouvaient à bord d'un véhicule de promenade en compagnie de deux jeunes filles qui ont subi des blessures. Un accident deviendrait ainsi un suicide homicide intra-familial (le suicide du père ayant pour effet recherché la mort de son fils (libéricide) et pour effet collatéral la mort de deux autres personnes extérieures à la famille et sans lien avec celle-ci.

    La violence du geste à multiples effets néfastes peut être interprétée comme la résultante d'une souffrance devenue intolérable à la suite d'un deuil* insupportable. Par une tendance à l'identification, l'auteur du drame ne voulait pas que son très jeune fils souffrira comme lui. Cependant, cette violence - à la fois suicidaire et homicidaire causant la mort de quatre personnes - peut révéler aussi la présence d'un sentiment de colère intense et de vengeance (amour-haine) à l'égard de son ex-conjointe.

    Toujours au Québec, le vendredi soir 7 octobre 2011, une collision a fait un mort et deux blessés graves sur la route 175, dans le « parc des Laurentides », près de l'Étape. La victime, un homme de 32 ans, se serait engagée en sens inverse sur la route. Les anciens beaux-parents de l'individu, son ex-conjointe ainsi que leurs deux enfants se trouvaient dans l'autre véhicule impliqué dans l'accident. La police n'écarte par la thèse d'un geste intentionnel.

    Ce type de suicide homicide sur la route n'est pas un cas isolé. Plusieurs investigations policières sur des accidents de la route parviennent à la constatation de la présence de mobiles suicidaires ou homicidaires. Ainsi, le 26 mai 2005, cinq personnes périssent dans un accident sur la route 55 à Saint-Nicéphore dans le comté de Drummond. (Québec) À la suite de son investigation, le coroner Gilles Campeau conclut que l'un des deux conducteurs avait délibérément percuté le véhicule qui venait en sens inverse, tuant ses deux occupants. Dans l'automobile du responsable, trois des quatre personnes qui s'y trouvaient ont péri, membres de la même famille. Dans son rapport, le coroner indique des problèmes conjugaux qui ont mené l'homme à poser ce geste suicidaire devenu triple homicide.

    Cette mort volontaire s'impose à la collectivité, étonnée et choquée, comme un geste complexe où s'entremêlent de multiples enjeux d'ordre familial, social et psychologique ayant pour aboutissement une violence meurtrière, incontrôlée et incontrôlable. Nous sommes ici en face de ce qu'on appelle «Male mort »: une mort non naturelle qui choque par sa soudaineté, sa brutalité et son imprévisibilité. (P. Charlier, Male mort. Morts violentes dans l'Antiquité, Fayard, 2009, p. 11)





     

     

     
     

     

    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:2012-04-16
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