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    L'Encyclopédie sur la mort



    Spinoza (1632-1677)

    Shoshannah BrombacherL’édition princeps duTractatus theologico-politicus fut publiée sans nom d’auteur et avec une adresse fictive en 1670 à Amsterdam par Jan Rieuwertsz l’aîné (1616-1687), l’éditeur de Spinoza(1632 - 1677). Une seconde édition fut publiée en 1672. La première traduction française fut publiée en 1678 avant même la traduction en néerlandais qui date de 1693. Cette traduction française présente deux particularités remarquables. Tout d’abord, les tirages successifs parurent avec des faux-titres afin de tromper la censure.

    «D’autre part, cette édition comprend un texte traduit en français à partir de notes manuscrites que Spinoza avait ajoutées à son propre exemplaire imprimé du Tractatus. Ces notes parurent donc d’abord dans l’édition française sous le titre de Remarques curieuses et nécessaires pour l’intelligence de ce livre. Cette traduction des notes de Spinoza fut longtemps la seule version imprimée de ce texte ; elles ne furent en effet publiées en latin qu’en 1802.» (Eric Mougenot - direction des Collections, département Histoire, Philosophie, Sciences de l’homme)
    http://blog.bnf.fr/gallica/?p=1546

    L'ouvrage de Baruch Spinoza, intitulé Ethica more geometrico demonstrata (L'Éthique démontrée selon la méthode géométrique), était rédigée dès 1675, mais il ne fut publié qu'après la mort de son auteur en 1677 sous les initiales B. de S. Le livre est divisé en cinq parties où il est traité I. de Dieu, II. de la nature et de l'origine de l'esprit, III. de l'origine et de la nature des sentiments. IV. de la servitude humaine ou des forces des sentiments, V. de la puissance de l'entendement ou de la liberté humaine.

    Sa pensée sur la mort est présentée comme une brève remarque à la scolie qui suit la proposition 66 dans la quatrième partie. Celle-ci traite de la servitude humaine, c'est-à-dire «de l'impuissance de l'homme à gouverner et à contenir ses sentiments» (1) et dans la scolie dont il est question, Spinoza distingue l'homme qui est conduit par la Raison de l'homme qui est conduit par le seul sentiment ou par l'opinion. L'homme qui est conduit par la Raison «n'obéit à personne d'autre qu'à lui-même et fait seulement ce qu'il sait primordial (prima) dans la vie et que, pour cette raison, il désire le plus.» Suit alors immédiatement :


    Proposition 67


    «L'homme libre ne pense à rien moins qu'à la mort, et sa sagesse est une méditation, non de la mort, mais de la vie.»

    Démonstration


    «L’homme libre, c'est-à-dire celui qui vit selon le seul commandement de la Raison n‘est pas conduit par la crainte de la mort , mais désire le bien directement, c’est-à-dire qu’il désire agir, vivre et conserver son être selon le principe qu’il faut chercher l’utile qui nous est propre. Et par conséquent, il ne pense à rien moins qu'à la mort; mais sa sagesse est une méditation de la vie.» (2)

    Dans la démonstration de la proposition 67, Spinoza réfère à la propostion 24 du même chapitre IV qui se lit ainsi : «Agir par vertu absolument n'est rien d'autre en nous qu'agir, vivre, conserver son être (ces trois mots signifient la même chose) sous la conduite de la Raison, d'après qu'il faut chercher l'utile qui nous est propre.» (3) En ce qui concerne «la crainte de la mort» dont il est question dans la démonstration de la proposition 67, il fait référence à la scolie de la proposition 63 où il distingue la personne malade de la personne bien portante: "Le malade, par peur (timore) de la mort, avale ce qui lui déplait (aversatur), le bien portant au contraire prend plaisir à la nourriture et jouit ainsi de la vie mieux que s'il craignait la mort et désirait (cuperet) l'éviter directement. De même, un juge qui, non seulement par haine ou par colère, etc., mais par le seul amour du salut public, condamne à mort un accusé, est conduit par la seule Raison.» (4)

    IMAGE: Shoshannah Brombacher, «Spinoza écrivant son Éthique».

    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:2012-04-13
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    Notes

    Notes

    (1) Baruch Spinoza, L'Ethique, Paris, Gallimard, «Idées», 1975, p. 239.
    (2) op. cit., p. 311.
    (3) op. cit., p. 265.
    (4) op. cit., p. 309.