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    Sexton Anne

    Poétesse et dramaturge américaine. Anne Sexton, de son vrai nom Anne Gray Harvey, est née le 9 novembre 1928 à Newton, dans le Massachusetts (États-Unis). Elle passe la majeure partie de son existence dans les environs de Boston. La plus jeune de trois filles d'une famille dont le père fut alcoolique et dont les aspirations littéraires de la mère furent brimées, rebelle et sauvage, elle souffre du rejet familial. En 1945, elle fréquente le Garland Junior College. Elle se marie en 1948 avec Alfred Muller Sexton, appelé « Kayo ». Le couple aura deux enfants : Linda Gray Sexton (née en 1953), qui sera plus tard romancière, et Joyce Sexton (née en1954). En 1954, Anne Sexton connut une dépression post-natale et fut admise à l'hôpital neuro-psychiatrique de Westwood Lodge. En 1955, après la naissance de sa deuxième fille, elle souffre d’une autre dépression et est hospitalisée pour une seconde fois. Ses enfants sont alors pris en charge par la famille de son époux. Cette même année, le jour de son anniversaire, elle tente de se suicider.

    Une grande partie de la vie de Anne Sexton sera tourmentée par la dépression*. En 1955, elle rencontre le docteur Martin Orne à l'hôpital de Glenside, qui l'encourage à écrire de la poésie. Elle s'inscrit à son premier atelier de poésie, animé par le poète John Holmes. Au cours de ces ateliers, Anne rencontrera la poétesse Maxine Kumin qui restera sa proche amie. Elles écriront ensemble quatre livres pour enfants. Elle y rencontrera également lors des ateliers, la poétesse Sylvia Plath*. Finalement, Anne animera elle-même des ateliers de poésie au Boston College, à l'Oberlin College, et à l'Université de Colgate. Les poèmes de Anne Sexton furent publiés dans le New Yorker, Harper's Magazine, et Saturday Review. Sa créativité poétique est encouragée par son mentor, W.D. Snodgrass, dont le poème Heart's Needle a inspiré Anne Sexton pour l'écriture du texte The Double Image, un poème particulièrement marquant sur les rapports entre mère et fille.

    De nombreuses controverses entoureront également sa vie personnelle : de nombreuses aventures extra-conjugales durant les absences prolongées de son mari. Après sa mort, des enregistrements de ses thérapies furent diffusés par sa biographe dans lesquels elle parle d’abus sexuels sur sa fille. Elle aurait été elle-même abusée sexuellement par ses parents pendant son enfance. Ses périodes dépressives et ses tentatives de suicides éloignent peu à peu ses amis et sa famille. Divorcée de son mari en 1973, elle sombre dans l’alcoolisme, la dépendance aux médicaments et peu à peu sa santé se détériore. Le 4 octobre 1974, elle mettra fin à ses jours par asphyxie. Elle repose dans le cimetière de Forest Hills, dans les environs de Boston. Le musicien britannique Peter Gabriel a écrit en 1986 une chanson dédiée à Anne Sexton, intitulée Mercy Street.

    Linda Gray Sexton, fille d'Anne, a écrit deux mémoires sur sa mère. Searching for Mercy Street fut seulement un prélude. L'intention de ce livre fut de se réconcilier avec la vie de sa mère. Half in Love [surviving the legacy of suicide] eut pour but de se réconcilier avec la mort de sa mère : « I needed to confront and disentangle myself from the strong tentacles her suicide had attached to my life. I needed to confront my own struggle with depression, bipolar illness, and our family's history of succesful suicides. This struggle reflects the emotional, and perhaps biological, legacy what was passed on from my mother to me. It illustrates how I came to make decisions as a fifty-year-old woman, for myself and my family, away from the magnetism of my mother and her powerful sphere of influence. What a shock to discover myself following the same terrible path she had walked, despite all my determination that this should and would not happen. Not only for myself, but for my children (Searching for Mercy Street, p. XII).

    Avec Sylvia Plath*, Anne Sexton est l'une des grandes représentantes de la poésie confessionnaliste américaine. Elle tente de lever le voile sur des sujets controversés de la condition féminine : les menstruations, la masturbation féminine et l’avortement, ainsi que sur d’autres sujets existentiels pour la plupart très liés à la détresse humaine : l’adultère, la dépression, l’hospitalisation, la maladie, le suicide, la folie, la solitude. Vers la fin de sa vie, sa poésie prend un caractère plus intimiste, voire même religieux. Les œuvres d'Anne Sexton n'ont pas encore été traduites pour publication en français.

    Œuvres

    To Bedlam and Part Way Back (1960)
    All My Pretty Ones (1962)
    Live or Die (1966) - Prix Pulitzer de la poésie en 1967
    Love Poems (1969)
    Transformations (1971)
    The Book of Folly (1972)
    The Death Notebooks (1974)
    The Awful Rowing Towards God (1975, posthume)
    45 Mercy Street (1976, posthume)
    Words for Dr. Y. : Uncollected Poems with Three Stories (1978, posthume)
    Selected Poems of Anne Sexton, edited with an introduction by Diane Wood Middlebrook and Diane Hume George, Boston, Houghton Mifflin, 1998.

    Livres pour enfants:

    Eggs of Things (1963)
    More Eggs of Things (1964)
    Joey and the Birthday Present (1971)
    The Wizard's Tears (1975)

    Bibliographie

    Arthur Furst, Anne Sexton: The Last Summer, St. Martin's Press, 2000.
    Diane Wood Middlebrook, Anne Sexton: A Biography, Vintage Books, 2001.
    Frances Bixler (ed.), Original Essays on the Poetry of Anne Sexton (1988)
    Steven E. Colburn (ed.), Anne Sexton : Telling the Tale (1988)
    Diana Hume George, Oedipus Anne : The Poetry of Anne Sexton (1987)
    Diana Hume George, Sexton: Selected Criticism (1988)
    Barnard Hall, and Caroline King, Anne Sexton (1989)
    J. D. McClatchy (ed.), Anne Sexton : The Artist and Her Critics (1978)
    Richard E. Morton, Anne Sexton's Poetry of Redemption : The Chronology of a Pilgrimage (1989)
    Linda W. Wagner-Martin (ed.), Critical Essays on Anne Sexton (1989)

    Linda Gray Sexton, Searching for Mercy Street; My Journey Back to My Mother, Anna Sexton (1994), Berkeley, Counterpoint, 2011.

    Linda Gray Sexton, Half in Love, survivinh the legacy of suicide, a memoir, Berkeley, Counterpoint, 2011

    Poèmes

    For the Year of the Insane (Extrait)

    O Mary, open your eyelid.
    I am in the domain of silence.
    the kingdom of the crazy and the sleeper.
    There is blood here
    and I have eaten it.
    O mother of the womb,
    did I come for blood alone?
    O little mother,
    I am in my own mind.
    I am locked in the wrong house.

    Extrait de « Her kind »
    Selected Poems of Anne Sexton, o.c.

    The Starry Night

    The town does not exist
    except where one black-haired tree slips
    up like a drowned woman into the hot sky.
    The town is silent. The night boils with eleven stars.
    Oh starry starry night! This is how
    I want to die.

    It moves. They are all alive.
    Even the moon bulges in its orange irons
    to push children, like a god, from its eye.
    The old unseen serpent swallows up the stars.
    Oh starry starry night! This is how
    I want to die :

    into that rushing beast of the night,
    sucked up by that great dragon, to split
    from my life with no flag,
    no belly,
    no cry.

    Source: Anne Sexton, All My Pretty Ones, 1962.

    *****

    La vérité que les morts connaissent

    À ma mère, née en mars 1902, décédée en mars 1959
    et à mon père, né en février 1900, décédé en juin 1959


    Partis, je dis et m’éloigne de l’église,

    refusant la procession rigide vers la tombe,

    laissant le défunt voyager seul dans le corbillard.

    C’est le mois de juin. Je suis fatiguée d’être courageuse.


    Nous roulons vers Cap Cod. Je me revigore

    là où le soleil ruisselle du ciel,

    où la mer oscille comme un portail en fer

    et nous nous touchons. Dans un autre pays, des gens meurent.


    Mon chéri, le vent s’abat comme des pierres

    venant de l’écume blanche de l’eau et quand nous nous touchons

    nous entrons entièrement en communion. Personne n’est seul.

    Les hommes tuent pour cela, ou pour autant.


    Et qu’en est-il des morts ? Ils sont allongés sans leurs chaussures

    dans leurs embarcations de pierre. Ils sont plus comme de la pierre

    que la mer le serait si elle s’arrêtait. Ils refusent

    d’être bénis, gorge, oeil et articulation.


    Anne Sexton

    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:2013-01-10
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