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    L'Encyclopédie sur la mort



    Sebald Winfried Georg

    SebaldNé le 18 mai 1944 en Allemagne, il meurt à l’âge de cinquante-sept ans, le 14 décembre 2001, dans un accident de la route près de son domicile à Norwich. Depuis 1976, il enseigne la littérature à l’université de Norwich, East Anglia, où, en 1989, il fonde un centre de traduction littéraire. L’influence de Jorge Luis Borges semble visible dans son œuvre. Son livre Les émigrants (Arles et Montréal, Actes Sud et Leméac, 1999) est une «œuvre d’exception», poignante de vérité et de sentiment. Du point de vue des éditeurs, «avec un lyrisme mélancolique», l’auteur «se remémore — et inscrit dans nos mémoires — la trajectoire de quatre personnages de sa connaissance, que l’expatriation (ils sont pour la plupart Juifs d’origine allemande ou lituanienne) aura conduits — silencieux, déracinés, fantomatiques — jusqu’au désespoir et à la mort» (p. 4 de couverture). Deux de ces personnages se suicident effectivement: le docteur Henry Selwyn, émigré en Angleterre, et l’instituteur Paul Bereyter, résidant, dans les dernières années de sa vie, en France. Le premier dirige son arme contre lui, le second met fin à ses jours en s’allongeant sur les rails au passage du train. «Le livre de Sebald sur ceux qui ont perdu leur monde — serein, élégant, déchirant, exaltant par la sensualité de ses descriptions — constitue le récit définitif et métaphorique de notre condition de sans-abri.» Comme spécimen d’un récit où le souci du détail s’allie à la densité symbolique, reproduisons une page de cette œuvre, celle du témoignage de Mme Landau à propos de la mort volontaire de Paul: «Les chemins de fer revêtaient pour Paul une profonde signification. Vraisemblablement avait-il toujours pensé qu’ils menaient à la mort. Les itinéraires, les horaires, les indicateurs, toute la logistique ferroviaire étaient à certaines périodes devenus pour lui […] une véritable obsession. Le train* miniature Märklin installé sur des tréteaux dans la chambre vide donnant au nord m’apparaît aujourd’hui comme le symbole et le reflet du malheur que Paul a connu en Allemagne. Quant à moi, les propos de Mme Landau me rappelèrent les gares, les rails, les signalisations, les aiguillages et les entrepôts que Paul nous avait si souvent dessinés au tableau et que nous devions reproduire dans nos cahiers avec la plus grande exactitude possible. En définitive, dis-je à Mme Landau après lui avoir parlé de ces heures de chemins de fer, il est bien difficile de savoir de quoi quelqu’un meurt. Oui, c’est bien difficile, dit Mme Landau, en vérité on n’en sait rien. Pendant toutes les années qu’il a passées ici à Yverdon, je n’ai pas soupçonné que Paul avait trouvé, pour ainsi dire systématisé, son destin dans les trains. […] Il m’avait raconté qu’enfant, une année, il avait passé ses grandes vacances à Lindau et que tous les jours il regardait les trains circuler […]. Les nuages de vapeur blanche qui s’élevaient dans le ciel bleu, les voyageurs qui faisaient des signes par les fenêtres ouvertes, les reflets dans l’eau, tout ce spectacle qui se renouvelait à intervalles réguliers avait exercé sur lui une telle fascination que de toutes les vacances il n’était pas arrivé une seule fois à l’heure pour le déjeuner au grand dam de sa tante qui hochait la tête d’un air résigné, et de son oncle qui lui avait fait la remarque qu’il finirait un jour aux chemins de fer» (p. 78-79). L’expression finir aux chemins de fer, pour indiquer l’accession à un poste, renferme ici un sens caché du destin mortel et révèle les modalités choisies pour se donner la mort.

    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:2012-04-10
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