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    L'Encyclopédie sur la mort



    Salengro Roger

    Salengro RogerParlementaire français et député dans la circonscription du Nord (1928 -1936), Roger Henri Charles Salengro est né le 30 mai 1890 à Lille (France) et meurt par suicide le 18 novembre 1936. Il passe son enfance à Dunkerque. Étudiant à la faculté des Lettres de Lille, il adhère à la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) et fonde un groupe d'étudiants collectivistes. En 1912, il effectue son service militaire au sein du 33e Régiment et pendant l'une de ses permissions, il participe à une manifestation contre la loi des Trois Ans.

    Durant la première guerre* mondiale, il participe aux combats d'Artois et de Champagne et est fait prisonnier* le 7 octobre 1915. Après trois années de captivité, il se lance dans le journalisme et devient l'un des principaux animateurs de la SFIO dans le Nord. Il est élu conseiller municipal de Lille et conseiller général du canton de Lille-Sud-Ouest. Il devient secrétaire administratif de la SFIO. Maire de Lille dès 1925, il est réélu en 1929 et 1935. Député socialiste de 1928 à 1936, il est nommé en 1936 ministre de l'Intérieur du Front populaire de Léon Blum. C'est lui qui annonce la signature des accords de Matignon en juin 1936. On lui doit aussi la loi sur la dissolution des ligues, le 18 juin 1936.

    Le 14 juillet 1936, L'Action française publie un article non signé s'indignant que Roger Salengro puisse s'incliner devant la tombe du soldat inconnu. Puis le 21 août 1936, le journal d'extrême-droite Gringoire publie un article qui reprend une question déjà posée par le Parti communiste en 1923: «Roger Salengro, ministre de l'Intérieur, a-t-il déserté le 7 octobre 1915 ?». L'Action française reprend les attaques et ses articles sont repris par d'autres journaux. Salengro ayant été coureur cycliste, ses adversaires le surnomment « le rétro-pédaleur » et les « accusations » implicites d'homosexualité* s'avèrent fort blessantes. La campagne de presse est relayée à la Chambre des députés par le chef de file de son opposition municipale à Lille, Henri Becquart. Cependant, la Chambre des députés, dans un vote du 13 novembre 1936, par 427 voix sur 530, appuie Roger Salengro contre les accusations de l'extrême-droite,

    Fragilisé par une opinion publique adverse, le ministre de l'Intérieur rentre chez lui le 17 novembre 1936. Seul dans son appartement, il ouvre le robinet du gaz et laisse ouverts sur la table deux exemplaires du Gringoire ainsi qu'une lettre adressée à Léon Blum et une autre à son frère.

    Le 22 novembre 1936, dans une oraison funèbre prononcée à Lille, Léon Blum rend hommage à son défunt ministre: «la France célèbre un socialiste populaire, modeste et têtu, à l'image des héros de cet âge d'or de la gauche». Des extraits de sa prise de parole se retrouve dans le quotidien L'Humanité du 23 novembre 1936. Roger Salengro est inhumé au cimetière de l'Est à Lille. Après l'émotion suscitée par sa mort, une loi est promulguée le 18 décembre de la même année, visant à aggraver les peines frappant la diffamation par voie de presse.

    Son cas d’un ministre, victime* d’un lynchage médiatique*, a été rappelé lors du suicide de Pierre Bérégovoy*. L'écrivain Claire Quilliot*, épouse de Roger Quilliot* (le couple s'est suicidé), se rappela, dans Primo Levi revisité* (Odile Jacob, 2004), plus particulièrement de l'année de la mort de son ami Roger Salengro:

    «C'est une année tohu-bohu. J'y ajouterai bien, personnellement, en octobre la réception par Léon Blum du colonel de Gaulle, venu lui exposer ses théories sur l'utilisation de l'armement blindé motorisé; ou, en novembre le suicide du ministre de l'intérieur Roger Salengro, miné par une calomnieuse et assassine campagne de presse; ou, en décembre, la non-présentation à la Chambre du projet Blum-Viollette, qui prévoyait l'accès à la citoyenneté française de 20 000 Algériens de «l'élite» par an, et qui fut écarté à cause des Français d'Algérie; mais en quoi cela concerne-t-il Primo Levi*?» (op. cit., p. 71)

    Bibligraphie

    Jacques Rouvière, L'Affaire Salengro ou Les bas-fonds de la politique, Paris, Pierre Belfond, 1982.

    Christian Blanckaert, Roger Salengro – Chronique d'une calomnie, Paris, Balland, 2004.

    «Roger Salengro»
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Roger_Salengro

    Cinéma

    France 2 revient sur l’affaire Salengro qui secoua la France en 1936. Yves Boisset n’a pas fini d’égratigner le vernis de l’histoire de France. Avec la complicité de Bernard-Pierre Donnadieu, qui prête ses traits à Roger Salengro et avec qui il collabore pour la septième fois, le réalisateur revient sur une machination calomnieuse qui visait à évincer l’ancien maire de Lille et ministre de l’Intérieur sous le gouvernement de Léon Blum.

    Pour réaliser ce film, Yves Boisset a effectué un travail d’enquête et de documentation, dans un souci d’exactitude qu’il apporte toujours à ses films. Au-delà de l’œuvre à thèse, L’Affaire Salengro s’impose comme un véritable mélodrame politique.

    David Gil, « Roger Salengro : presse, mensonges et idéaux »

    Texte intégral:

    http://www.metrofrance.com/x/metro/2009/04/14/XkcVNhYmEmrU/index.xml

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    voixdunord.fr

    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:2012-04-09