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    L'Encyclopédie sur la mort



    Porète Marguerite

    ulike.net«Nous disposons de peu d'éléments biographiques sur Marguerite Porète (environ 1250-1310), mais son unique ouvrage Le miroir des âmes simples et anéanties, qu'elle a répandu au prix de sa vie suffit amplement pour la compter parmi les plus grands mystiques de notre histoire. Vivant à Valenciennes à une époque de grande effervescence religieuse, Marguerite fait partie des Béguines, un mouvement composé de femmes libres, d'âmes en quête d'Amour divin réfutant l'idée de toute autorité religieuse ou maritale. Dans la lignée des Béguines les plus connues telles que Hadewijch d'Anvers*, Marguerite Porète est celle qui s'est particulièrement démarquée autant par son destin tragique que par son témoignage mystique d'une hauteur vertigineuse. Une œuvre qui deviendra le témoin de la spiritualité béguinale et, d'une manière générale, de la mystique occidentale. (Pascale)
    http://www.fraternet.com/magazine/etr_0802.htm

    «En 1306, l'évêque de Cambrai ordonne de faire brûler publiquement son livre. Une autre accusation suivra en 1302. Refusant d'abjurer sa doctrine, Marguerite Porète est jugée hérétique en avril 1310 par une commission de théologiens. Déclarée relapse le 30 mai 1310, elle est brûlée à Paris [Place de Grève] le 1er juin de la même année.

    La réputation d'hérésie de cette oeuvre majeure de la mystique médiévale et sa confiscation incessante par les inquisitions jusqu'à la Renaissance auront pour effet d'en accentuer la diffusion à travers le monde.» (Femmes mystiques, époque médiévale, Anthologie établie et présentée par Thierry Gosset, Paris, «La Table Ronde, 1995, p. 60)

    «Le Mirouer des simples Ames. Une copie de cette oeuvre, écrite en français, a cependant survécu dans un manuscrit du XV° siècle, ainsi que quelques traductions latines, italiennes et anglaises. Après l'édition critique du texte français et de sa traduction latine, réalisée en 1986 par P. Verdeyen, nous disposons donc désormais d'une excellente traduction anglaise, accompagnée de notes explicatives et d'un abondant Introductory Interpretaive Essay. Dans sa préface, Marguerite Porète and Her Book, K. Emery évoque le contexte des années qui suivirent la condamnation de 1277, les décisions du Concile de Vienne à l'égard des béguines et des bégards, et les procès tenus en Avignon contre Guillaume dOckham, Maître Eckhart et les spirituels franciscains. Le Mirouer, dont a longtemps fait la charte des Frères et des Soeurs du Libre Esprit, appartient à un genre littéraire très apprécié au Moyen Âge. Comprenant 139 chapitres, il est composé en forme de dialogues entre Âme, Dieu, Amour, Raison et Vertus. Il s'agit en fait d'une présentation assez traditionnelle d'un itinéraire mystique en sept étapes conduisant l'âme à la gloire éternelle.» (Philippe Écrivain, «Bulletin d'histoire des idées médiévales», Centre Sèvres, Recherches de science religieuse, 2003, 1, Tome 91, p. 146, disponible en ligne au site CAIRN
    http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=RSR&ID_NUMPUBLIE=RSR_031&ID_ARTICLE=RSR_031_0127


    Selon soeur Marguerite, l'âme transformée par l'amour courtois de Dieu, lui a fait découvrir la connaissance de son néant, mais cette connaissance lui a donné tout. Réduite à rien, elle ne veut rien, elle a perdu tout, mais ne manque de rien. En se libérant de son moi, elle est devenue libre, elle est morte au monde, elle éprouve une mort spirituelle ou abyssale, mais c'est grâce à cette mort qu'elle jouit d'une vie en plénitude. c'est la fusion paradoxale du tout et du rien! Le retrait solitaire de l'ascète* ou du mystique est comparable à la mort volontaire à l'instar du suicidé, dans leur commune fuite du monde, comme l'affirme Karl Jaspers, s'il ne mène pas à la peine de mort. Une autonomie*du non pouvoir, qui s'oppose à la mentalité générale de la quête du pouvoir et qui provoque l'exclusion* extrême.

    Voir dans cette Encyclopédie sur la mort, un poème de Hadewijch d'Anvers «Ce que l'Amour a de plus doux...», document associé au dossier «Le Dieu pathétique de la théologie

    Extrait
    Chapitre 51. Comment cette âme est semblable à la divinité.

    Amour. - Il faut bien que cette âme soit semblable à la divinité, car elle est transformée en Dieu, ce par quoi est maintenue sa forme véritable qui lui est octroyée et donné sans commencement par celui-là seul qui l'a toujours aimée en sa bonté.

    L'Âme. - Oui, Amour, la sagesse de ce qui est dit m'a réduite à rien, et ce seul néant m'a plongée en abîme plus insondable que ce qui est moins que rien. Et la connaissance de mon néant de ce tout m'a enlevé oraison et prière, et je ne prie plus pour rien.

    Sainte-Église-La-Petite. - Et que faites-vous donc , très chère dame et maîtresse?

    L'Âme. - Je me repose en paix complètement, seule, réduite à rien, toute à la courtoisie de la seule bonté de Dieu, sans qu'un seul vouloir me fasse bouger, quelqu'en soit la richesse. L'accomplissement de mon oeuvre, c'est de toujours ne rien vouloir. Car pour autant que je ne veux rien, je suis seule en lui, sans moi, et toute libérée; alors qu'en voulant quelque chose, je suis avec moi, et je perds ainsi ma liberté. Et si je veux rien, si j'ai tout perdu hors de mon vouloir, il ne me manque rien; libre est ma conduite, et je ne veux rien de personne.

    Amour. - Ô très précieuse Ester, vous qui avez perdu tout exercice, et dont l'exercice, par cette perte, est de ne rien faire, oui, vous êtes vraiment très précieuse! car, en vérité, cet exercice et cette perte font dans le néant de votre bien-aimé, et en ce néant, vous vous pâmez et demeurez morte, alors que vous vivez, bien-aimée, totalement en son vouloir; c'est là sa chambre, et c'est là qu'il lui plaît de demeurer.

    Bibliographie

    Marie Bertho, Le miroir des âmes simples et anéanties de Marguerite Porète: Une vie blessée d'amour, Larousse, «Jeunes talents», 1993.
    Pierre Haïat, Dieu et ses poètes, Desclée de Brouwer, 1987

    IMAGE
    Marguerite Porète (ou Porrette, dite Marguerite des Prés ou la Porette)
    http://static.ulike.net/img/02_Marguerite_Porete.jpg

    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:2012-04-09

    Notes

    Sources: Le Miroir des âmes simples et anéanties, traduit par Max Huot de Longchamp, Albin Michel, «Spiritualités vivantes», 1984.

    Femmes mystiques,
    Époque médiévale, Anthologie établie et présentée par Thierry Gosset, Paris, «La Table Ronde», 1995, p. 60