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    L'Encyclopédie sur la mort



    Pline L’Ancien

    Pline l'AmcienNaturaliste et amiral de flotte, qui périt en voulant porter secours, lors de l’éruption du Vésuve. Il laisse une Histoire naturelle en trente-sept livres, dédiée à Titus, fils de Vespasien. Le récit de sa mort nous a été fait par son neveu Pline le Jeune* dans une lettre à Tacite*. Selon Suétone, suffoquant sous la chaleur des cendres, il aurait demandé la mort à un esclave (Y. Grisé, Le suicide dans la Rome antique, p. 231). Quoi qu’il en soit, la mort soudaine lui avait paru «la plus grande félicité de la vie» (vii, liv). Il considéra d’ailleurs la mort volontaire comme un pouvoir que même Dieu ne possède pas, mais que la nature a donné aux humains comme ce qu’il y a de meilleur au milieu des peines de la vie: Ne deum quidem posse omnia - namque nec sibi potest mortem consciscere, si velit, quod homini dedit (natura) optumum in tantis vitae poenis (ii, v, 27). Selon lui, les trois affections qui causent des douleurs insupportables et peuvent conduire au suicide sont, par ordre d’importance, les calculs au foie, les maladies de l’estomac et de violents maux de tête (xxv, vii, 23). À l’instar d’Horace, il estimait que le taedium vitae* touchait une large part de la population romaine de l’époque. Le poison lui parut le moyen* le plus approprié à la nature humaine pour accomplir la mort volontaire. Dans sa pitié, la terre «a produit ces substances si faciles à absorber pour que nous puissions nous éteindre avec notre corps intact et tout notre sang, sans aucun effort, comme en étanchant notre soif» (ii, lxiii, 156). Il rapporte, comme étrange et exceptionnel, le fait que Tarquin l’Ancien fit crucifier les cadavres des ouvriers qui s’étaient suicidés par refus de travailler à des constructions périlleuses. Le geste visait à les exposer «aux bêtes féroces et aux oiseaux de proie» et à les priver de la sépulture* (xxxvi, xv, 107).

    «C'est ce pouvoir de se donner la mort détenu par l'homme seul qui consacre, à ses yeux, une véritable supériorité des hommes sur les dieux. Comment jalouser l'immortalité* des dieux quand on possède un tel pouvoir? Le suicide lui-même n'assure-t-il pas une sorte d'immortalité? Tel est peut-être le fond de la pensée du plus grand savant de ces temps. Plus souple que les trop raisonnables Stoïciens, Pline n'admet pas que le dégoût de la vie ne puisse être un motif suffisamment important pour excuser en raison le suicide, car la nature elle-même en reconnaît le bien-fondé en produisant si gratuitement le moyen de s'en soulager.

    Aussi ce naturaliste ne manque pas l'occasion d'exprimer sa reconnaissance à cette terre qui, dans sa grande bonté, répand de multiples plantes vénéneuses propres à procurer au malheureux las de vivre une mort simple, rapide et indolore (50). Si l'on veut en croire Suétone, Pline lui-même, sérieusement incommodé par la chaleur, aurait demandé la mort à un esclave, lors de l'éruption du Vésuve (51). Bien qu'elle ne soit appuyée par aucun autre texte, cette version de la mort de Pline ne paraît pas invraisemblable dans la mesure où Pline croyait, à l'instar de bien des Romains (52), que le plus grand bonheur de la vie était la mort qui se produisait en un instant. »(Y. Grisé, op. cit., p. 230-231)

     

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    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:2012-04-15
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