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    L'Encyclopédie sur la mort



    Nécessité

    lekythosLe terme grec ananké, qui signifie « nécessité » est un mot clé du stoïcisme* en rapport avec l’appréciation éthique de la mort volontaire. Sénèque* écrit: «C’est un mal de vivre sous l’empire de la nécessité, mais il n’y a aucune nécessité à vivre sous l’empire de la nécessité» (Apprendre à vivre (Lettres à Lucilius), Paris, Arléa, 1990, p. 26). Arthur Bodson cite cinq modalités de nécessité qui pourraient, selon la mentalité stoïcienne, expliquer et excuser le suicide fataliste: l’assujettissement à autrui, l’assujettissement de l’homme à ses propres vices, le dénuement matériel généralisé, la déchéance à cause de la vieillesse, la maladie mortelle (La morale sociale des derniers stoïciens, Paris, Les Belles Lettres, 1967, p. 91-105). Selon James Hillman* (Suicide and the Soul), la nécessité a toujours été interprétée comme venant de l’extérieur, quelque chose de terrible qui tombe sur nous ou un événement catastrophique qui nous advient, par exemple, une défaite, un accident, une maladie, un déshonneur. Et cependant, la nécessité ne pourrait-elle pas aussi provenir de l’intérieur de nous, jaillir de l’âme? Si, grâce à la psychanalyse, il nous est permis de vivre symboliquement l’expérience de la mort jusqu’à son point le plus intense et qu’alors l’âme désire continuer cette expérience de la mort jusqu’au suicide organique ou physique, cela ne pourrait-il pas aussi être considéré comme une nécessité venant de l’intérieur de nous et être interprété par le sujet comme un commandement de Dieu?

    Rudolf Bultmann (1884-1976), théologien allemand de tradition luthérienne, décrit l'héritage grec du christianisme primitif et révèle comment les représentations mythiques de la puissance des dieux, qui n'entendent pas les prières et les appels des humains, finissent par être reçues très négativement par les Tragiques dans la cité en crise:

    «Et de même que, chez Homère* déjà, la MoÏra joue un rôle obscur par-delà les dieux de l'Olympe, de même la croyance que l'on plaçait dans les dieux se transforme de plus en plus en un fatalisme ». Celui-ci trouve son expression, par exemple, dans l'hymne du chœur, dans l' Alceste d'Euripide:

    La muse m'a élevé
    et l'étude; j'ai lu
    bien des livres; nulle part je n'ai trouvé
    quelque chose plus puissante que l'Ananké.
    Aucun sortilège qui la maîtrise
    n'a été décrit sur le bois des tables de la Thrace
    par la voix d'Orphée.
    Même aux fils d'Asclepios*,
    Phoibos, qui guérit tant
    de souffrances humaines, n'a donné
    de remède aussi puissant.
    On ne peut approcher des autels,
    de l'image de la divinité;
    elle n'exauce pas les sacrifices* sanglants.
    N'interviens pas, ô Reine, plus rudement
    qu'autrefois dans ma vie.
    Ce que Zeus ordonne, par toi
    est conduit au but.
    Même le dur acier des Chalybes,
    tu le brises en jouant, Ananké.
    Ton coeur inexorable
    ne connaît ni égards ni pitié (1).

    Note
    1.Euripide, Alceste,962 et ss., traduction von Arnim.

    (Euripide, Alceste, 962 et ss., traduction von Arnim, cité par R. Bultmann, Le christianisme primitif dans le cadres des religions antiques, traduit par Pierre Jundt, Paris, Petite bibliothèque Payot, 1969, p.128)

    IMAGE
    Ananké
    Athenian red-figure lekythos
    V° siècle avant J.-C.
    theol.com

    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:2012-04-10
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