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    L'Encyclopédie sur la mort



    Moïres

    Tapisserie flamande, LondresDans sa forme unique, la Déesse du Destin est appelée Moïra (Fortuna en latin), mais dans sa triple forme, les trois sœurs, les Moïres (Parques chez les Romains), sont connues comme les tisseuses des destinées. Klotho est celle qui file et tisse la destinée, Lachesis est celle qui tient le fuseau et mesure le fil, tandis que Atropos est l'«incontournable, celle qui coupe le fil à l'heure inéluctable de la mort. En revanche, elles furent trompées par Apollon, qui les fit boire, et elles laissèrent ainsi vivre, au delà de sa part de vie, son ami Admète. Elles sont appelées filles de Zeus et de Thémis, mais pour Hésiode elles sont les filles de Nuit.

    Platon* les considèrent comme les filles d'Ananké (la Nécessité*) dans la République, livre X (617c) et attribue à Lachésis une fonction particulière, celle de modeler les diverses destinées parmi lesquels l'âme de chaque mortel choisira librement le sien, mais son choix sera irrévocable:

    «Le fuseau lui-même tourne sur les genoux de la Nécessité. Sur le haut de chaque cercle se tient une Sirène qui tourne avec lui en faisant entendre un seul son, une seule note; et ces huit notes composent ensemble une seule harmonie. Trois autres femmes assises à l'entour à intervalles égaux, chacune sur un trône, les filles de la Nécessité, les Moires, vêtues de blanc et la tête couronnée de bandelettes, Lachésis, Clothô et Atropos, chantent accompagnant l'harmonie des Sirènes, Lachésis le passé, Clothô le présent, Atropos l'avenir. Et Clothô touche de temps en temps de sa main droite le cercle extérieur du fuseau pour le faire tourner, tandis qu'Atropos, de sa main gauche, tourne pareillement les cercles intérieurs. Qant à Lachésis, elle touche tour à tour le premier et les autres de l'une et de l'autre main.

    Donc, lorsqu'ils arrivèrent, il leur fallut aussitôt se présenter à Lachésis. Et d'abord un hiérophante les rangea en ordre; puis, prenant sur les genoux de Lachésis des sorts et des modèles de vie, il monta sur une estrade élevée et parla ainsi:

    "Déclaration de la Vierge Lachésis, fille de la Nécessité. Âmes éphémères, vous allez commencer une nouvelle carrière et renaître à la condition mortelle. Ce n'est pas un génie qui vous tirera au sort, c'est vous-mêmes qui choisirez votre génie. Que le premier désigné par le sort choisisse le premier la vie à laquelle il sera lié par la nécessité. La vertu n'a point de maître: chacun de vous, selon qu'il honore ou la dédaigne, en aura plus ou moins. La responsabilité appartient à celui qui choisit. Dieu n'est point responsable."»

    Selon Apollodore, les Moïres sont filles de Zeus et de Thémis: «Zeus épousa Héra, avec laquelle il eut Hébé, Ilithyie et Arès. Mais il s'unit aussi avec beaucoup d'autres femmes, mortelles et immortelles. Avec Thémis, la fille d'Ouranos, Zeus engendra les Saisons - Eirênê (la Paix), Eunomie (l'Ordre) et Dikè (la Justice) -, et les Moires : Clothô, Lachésis et Atropos.» (Bibliothèque, Livre I, 3, 1-6)

    Chez les Romains, les Parques jouent un rôle équivalent à celui des Moïres et se nomment Nona, Decima et Morta. Elles président à la naissance, au mariage et à la mort. On les appelle Tria Fata (les 3 fées).

    Le poète Horace prend un certain plaisir à lier à son destin mortel les Parques à qui il reproche tantôt la noirceur du sort que leur fil nous réserve, tantôt l'injustice de la répartition des destinées, mais dont il reconnaît également l'aptitude au don, même si celui-ci est susceptible de laisser un goût amer à des moins fortunés:

    «Souviens-toi de garder une âme égale dans l'adversité, et de te préserver, dans la bonne fortune, d'une insolente joie; car tu dois mourir, Dellius.

    [...]

    Ordonne d'apporter les vins, les parfums, les fleurs éphémères des frais rosiers, tandis que ta richesse et ton âge, et les noirs fils des trois Sœurs le permettent encore. Tu seras privé de ces bois achetés, de cette demeure, de cette villa que baigne le Tiber jaune ; tu en seras privé, et un héritier s'emparera de ces biens longtemps accrus. Riche, issu de l'antique Inachus, ou pauvre et de race infime, qu'importe de tarder au jour puisque tu mourras, victime de l'inexorable Orcus ! Nous sommes tous poussés au même lieu; plus tôt ou plus tard, notre destinée, sortant de l'urne où elle est agitée, nous infligera l'exil éternel de la Barque.» (Livre 2, Ode 3)

    «Que Tibur, fondé par le colon Argien, soit la retraite de ma vieillesse et le terme de mes fatigues de mer, de terre et de guerre ! Si les Parques injustes m'en éloignent, je gagnerai le fleuve Galæsus, cher aux brebis revêtues de peaux, et les campagnes où régna le Laconien Phalantus. Entre tous il me sourit, ce coin de terre où le miel ne le cède point à celui de l'Hymettus et qui le dispute au Venafrum pour la verte olive; où le printemps est long, où Jupiter offre de tièdes hivers, où le coteau d'Aulon aimé d'un fertile Bacchus n'a rien à envier aux raisins de Falernum. Ce lieu et ses heureuses collines te demandent avec moi; là, tu arroseras un jour de tes larmes la cendre chaude d'un poète ami.» (Livre 2, Ode 6)

    «Une prompte mort a enlevé l'illustre Achillès ; une longue vieillesse a consumé Tithonus; et l'heure va peut-être m'apporter ce qu'elle t'a refusé. Tu possèdes cent troupeaux de brebis et de vaches Siculiennes qui mugissent; la cavale apte au quadrige pousse pour toi son hennissement; tu es vêtu de laines deux fois teintes de pourpre Africaine. La Parque véridique m'a donné un petit domaine, un peu du souffle de la Muse Graienne et le mépris du vulgaire envieux.»(Livre 2, Ode 16)

    IMAGE
    www.pdl.cmu.edu/ Fates/images/3fates.jpg
    «Le triomphe de la mort ou les trois Fata
    Tapisserie flamande (probablement créee à Bruxelles, ca. 1510-1520
    Victoria and Albert Museum, Londres

    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:2012-04-10
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