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    L'Encyclopédie sur la mort



    Mishima Yukio

     

    Mishima YukioÉcrivain japonais dont la mort volontaire est la mise en scène d’un sacrifice* selon le rite des samouraïs. Fasciné d’une part par Sade et Nietzsche*, et d’autre part par la tradition japonaise du Hagakuré (recueil de préceptes moraux du samouraï), Mishima s’entoure de jeunes gens et fonde la Société du bouclier, destinée d’abord à protéger l’empereur et, par la suite, à défendre la constitution de 1947. Le récit du spectacle minutieusement préparé de sa mort volontaire est fait par M. Pinguet dans La mort volontaire au Japon: «Le 25 novembre 1970, à onze heures du matin, Mishima se présenta, accompagné de ses quatre camarades, à la base militaire d’Ichigaya, dans le centre de Tokyo. […] Dix minutes plus tard, à sa totale stupéfaction, le général Mashita, bâillonné, ligoté, pris en otage, une lame sur la gorge, se trouvait à la merci de Mishima. […] La vie de l’otage serait épargnée si les militaires de la base, un millier d’hommes environ, se rassemblaient pour écouter en silence un discours qui leur serait adressé au balcon. […] Il apparut là, au plein soleil de midi juste, surplombant d’une dizaine de mètres cette foule bruissante d’étonnement. […] Ses considérations sur l’article 9, sur l’esprit national, sur l’idéal militaire, sur la décadence moderne, parurent confuses, abstraites. Son appel au peuple des soldats ne recueillit que leur indifférence et leur hostilité. […] Mishima s’impatientait: Silence! Écoutez! Un homme fait appel à vous. Êtes-vous des hommes? Des hommes de guerre? Est-ce qu’un seul parmi vous se lèvera avec moi? […] Il regagna le bureau du général Mashita. Sans attendre, il déboutonna sa tunique. […] Il posa ses chaussures, s’agenouilla au sol. […] Puis il s’emplit d’air les poumons. Expirant avec un cri violent, il enfonça la dague. Des deux mains, il poussa l’acier dans le ventre, sous le nombril, vers le flanc droit. […] Enfin, Morita lui assena un coup de sabre, mais sa main tremblait, et le corps de Mishima s’affaissait: l’acier lui entama profondément l’épaule. Un deuxième coup mal ajusté s’enfonça dans la chair encore vive. À la troisième reprise, la nuque fut tranchée — et les soubresauts de ce corps ravagé cessèrent. À son tour, Morita ôta sa tunique, s’assit sur ses talons saisit la dague ensanglantée. Il ne se fit qu’une légère entaille — d’une seule volée, Furu-Koga le décapita» (p. 311-312). Voir également H. S. Stokes, The Life and Death of Yukio Mishima, Londres, Owen, 1975; J. Nathan, La vie de Mishima, Paris, Gallimard, 1980; M. Yourcenar, Mishima ou la vision du vide, Paris, Gallimard, 1980.

    Une des nombreuses images que Mishima a données de lui-même est celle d’un samouraï des temps modernes. Le Hagakuré est la matrice de son œuvre littéraire. On y lit l’éloge du principe de la décision: «Je découvris que la Voie du Samouraï, c’est la mort. Si tu es tenu de choisir entre la mort et la vie, choisis sans hésiter la mort. Rien n’est plus simple. Rassemble ton courage et agis. À en croire certains, mourir sans avoir accompli sa mission, ce serait mourir en vain. […] Si l’on veut devenir un parfait samouraï, il est nécessaire de se préparer à la mort matin et soir et jour après jour. Le samouraï qui est constamment préparé à la mort, celui-là a maîtrisé la Voie du Samouraï et saura sans jamais faillir vouer sa vie au service de son seigneur» (Y. Mishima, Le Japon moderne et l’éthique samouraï, p. 48-49). Dans l’avant-propos, la traductrice Kathryn Sparling écrit: «Le coup de génie de Mishima est d’appliquer à la société moderne l’impitoyable réquisitoire que l’éthique samouraï dresse contre la société dans laquelle le Hagakuré fut écrit. Ses ouvrages de fiction évoquent souvent l’atomisation de la société moderne et l’impossibilité de la communication spirituelle ou affective entre les êtres. Mais dans les dernières œuvres de Mishima, le désespoir de la solitude se conjugue à l’exaltation de l’autonomie* de l’individu. Le héros de Mishima est capable d’assumer tout seul ce qui le passionne. Il n’a pas davantage besoin des autres qu’il n’a cure de leurs besoins. Une telle attitude trouve son accomplissement ultime dans la mort de Mishima» (p. 11).

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    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:2012-04-18
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