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    L'Encyclopédie sur la mort



    Machaut Guillaume de

    Clerc attaché à plusieurs grands seigneurs (le roi de Bohême, le roi de Navarre, le duc de Berry), Guillaume de Machaut est la figure dominante de la lyrique du XIVe siècle. Les quelque quatre cents pièces lyriques (ballades, rondeaux, virelais), d'inspiration courtoise, doivent à Machaut leur structure définitive et leur virtuosité technique. Machaut innove aussi dans la façon dont il conçoit le dit: récit à prétention «autobiographique», où se mêlent des réflexions d'ordre général et des pièces lyriques, qui accompagnent le récit. Parmi les dits les plus connus, il faut citer le Remède de Fortune (1341), le Dit du Lion (1342), le Jugement du Roi de Navarre (1349), le Confort d'Ami (1357), la Fontaine amoureuse (vers 1361). Son chef d'oeuvre est le Voir-Dit ou Dit «véridique» qui raconte l'histoire d'amour - fictive ou vraie - entre le poète vieillissant et une jeune admiratrice, Péronne d'Armentières. Le texte est constitué du récit proprement dit où sont insérées soixante-trois pièces lyriques et quarante-six lettres en prose, attribuées tantôt au poète, tantôt à sa « dame ».Vers la fin de sa vie, Machaut compose un Prologue à l'ensemble de son oeuvre. Machaut, chanoine de Reims, est également auteur d'une oeuvre musicale importante, qui a contribué de façon décisive au développement de la polyphonie.

    « Guillaume Machaut »
    http://ebooks.unibuc.ro/lls/MihaelaVoicu-LaLiterature/Guillome.htm)

    Bibliographie
    Jacqueline Cerquiglini-Toulet, Le livre de la fontaine amoureuse de Machaut Guillaume , Stock, «Moyen Age», 1993.

    Julia Drobinsky,« Eros, Hypnos et Thanatos, ou les stratégies de mise à distance de la mort dans la Fontaine Amoureuse de Guillaume de Machaut », dans Estelle Doudet (dir.), La Mort écrite, rites et rhétoriques du trépas au Moyen Âge, Actes de la journée d’études du groupe « Questes » (Université de Paris IV-Sorbonne, 26 avril 2003), Paris, Presses de l’Université Paris-Sorbonne, 2004, p. 71-83.

    Poème
    [Machaut: Hé! Mors, com tu es haïe
    Fine Amour, qui me vint navrer
    Quare non sum mortuus (M3)
    Three-voice motet.
    Sources: Machaut Manuscripts A B C E & G Lyrics]

    Une longue plainte du vieux poète qui reproche à la mort d'avoir ravi sa jeune bien-aimée. Mieux vaut mourir que de se souvenir avec regret de son amour et de ses joies passées. Quare non sum mortuus, Pourquoi ne suis-je pas mort?, revient comme un leitmotiv de sa poésie de mort et de deuil:

    Hé! Mors, com tu es haïe

    De moy, quant tu as ravie
    Ma joie, ma druerie,
    Mon solas,
    Par qui je sui einsi mas
    Et mis de si haut si bas,
    Et ne me pouiés pas
    Assaillir.
    Las! miex amasse morir
    Qu'avoir si grief souvenir
    Qui moult souvent rejoïr
    Me soloit,
    M'amour en pensant doubloit,
    Mon desir croistre faisoit
    Et toudis amenuisoit
    Mes dolours.
    Mais c'est dou tout à rebours,
    Car croistre les fait tous jours
    En grans soupirs et en plours,
    Pour m'amour
    Que sens par avoir valous,
    Scens, courtoisie et honnour.
    Or sçay bien que sans retour
    Perdu l'ay
    Et que la mort en aray,
    Quant amours delaisseray
    Ne remirer ne porray
    Son acueil,
    Qui met en moy si grant dueil
    Que riens ne desir ne vueil
    Fors la mort. S'aray mon vueil
    Acompli.
    Et s'il en estoit en mi
    De ma mort ou de merci,
    Dou tout metroie en oubli
    Ma vie,
    Car en moy joie n'est mie.
    Et or dit, je n'en doubt mie,
    Qui bien aimme à tart oublie.
    Bien l'ottroy;
    Et pour ce qu'il ha l'ottroy
    D'amours, soit sages de soy
    Et si serve en bonne foy,
    Sans folie,
    Car il n'est, pour voir l'affie,
    Nulle si grief departie,
    Com c'est d'ami et d'amie.
    Fine Amour, qui me vint navrer
    Au cuer, m'a fait grant desraison,
    Quant elle ne voloit saner
    Mon mal en temps et en saison,
    Mais tant me fait en prison
    Les tres griés peinnes endurer;
    Car dès or mais reconforter
    Ne me puet fors que nuire non,
    Car Fortune ma garison
    M'a tollu pour moy plus grever.
    Helas! or me puis dementer,
    Plourer et pleindre à grant foison,
    Et atendant, pour bien amer,
    La mort en lieu de guerredon.
    Quare non sum mortuus.

    http://www.medieval.org/emfaq/composers/machaut/m3.htm

    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:2012-04-10
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