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    L'Encyclopédie sur la mort



    Maât

    histoire frMaât, fille de Rè, est la personnification du concept de vérité, ordre de justice et équilibre cosmique et social. Elle est représentée comme une femme portant une plume (hiéroglyphe de son nom) sur la tête. Présente dans tous les sanctuaires, l'image de cette petite divinité accroupie figure l'offrande suprême faite par le roi aux dieux. C'est aussi à son aune que sont pesés les coeurs des défunts. («Maât» dans Religions & Histoire, n° 29, novembre/décembre 2009. p. 16)

    La fonction de Maât dans la conduite de la vie

    On peut dire que Maât est la figuration par excellence de l'éthique de l'Égypte ancienne.

    Le but de l'Égyptien de la haute société est de devenir un propriétaire de tombe, un imakhou (ce qui est, en soi, l'expression tangible de son statut social de «pourvu» (de «bien muni») . Plusieurs conditions doivent être réunies pour avoir accès à une tombe:

    - Une fonction rémunératrice et une autorisation royale.
    - Un culte après la mort coûteux supposant soit une filiation, soit des prêtres spécialisés, dans tous les cas des revenus importants.
    - Un souvenir dans la société.

    Trois critères de discrétion sont ainsi mis en place afin de discerner avec justesse si le défunt a droit à un culte et à un souvenir:

    - La fonction exercée devra avoir été correctement remplie afin d'avoir joui de la faveur royale.
    - Un testament devra pouvoir être rédigé et les biens du défunt passer à son héritier; cela n'est pas automatique. Il faut que le testament soit approuvé (scellé) par le vizir lui-même qui peut déshériter si les biens ont été mal acquis.
    - La mémoire du défunt dans la collectivité doit être assurée par l'entretien de la chapelle funéraire et par la proclamations des formules de vie. Cette tâche ardue suppose qu'on a suivi la voie de la solidarité préconisée par la Maât.

    Les biographies dans les tombes précisent bien qu'on a donné à celui qui avait besoin (pain, vêtements, bateau ... ) qu'on n'a pas commis de péché de langue (médisance, calomnie ...) et qu'on a rendu bonne justice. Il s'agit, dans ces obligations impersonnelles, de s'assurer de la conformité de la vie du défunt à la règle générale. Ce comportement éthique est distinct de la carrière "professionnelle".

    Le jugement des morts

    Après la chute du Moyen Empire et l'invasion des Hyksos, la Deuxième Période Intermédiaire a montré qu'il n'était pas possible d'être assuré d'un monde terrestre stable où la Maât pourrait régner sans partage. Une conséquence majeure en est tirée pour l'au-delà : il ne peut plus être une simple continuation de la vie terrestre. Le défunt ne peut plus se contenter de survivre. Il doit passer dans un autre état, celui de Dieu vivant immortel dans le royaume d'Osiris*. Pour que le mort acquiert son nouvel état, il faut des rites de passage : le «jugement des morts».

    Le jugement des morts constitue un rite initiatique important car c'est un tribunal divin qui autorise le passage à la parcelle immortelle de l'homme, représentée par son Ba (à défaut de mieux, traduit par «âme»). Par sa mouvance entre les mondes, le Ba est représenté comme un oiseau à tête humaine. Le tribunal n'est pas indulgent, car c'est pour l'éternité. Celui et celui qui y parvient sans délit sera comme un dieu. L'homme devient ainsi responsable de ses propres actions en suivant les dictats de son coeur.

    Dans la tradition des textes funéraires remontant à l'Ancien Empire où la magie joue un rôle dominant, on a procédé à la mise en forme des actions ayant trait à Maât. On les a systématiquement codifiées, donnant ainsi le fameux Chapitre 125 du Livre des morts, celui qui contient la non moins célèbre «déclaration d'innocence», qui résume sous forme d'une liste négative, toutes les actions considérées comme non conformes à la Maât, relevant de l'Isfet (le «mal» ou le contraire de la Maât. Il s'agit, entre autre, de ne pas avoir tué, volé, maltraité, blasphémé, transgressé les tabous, etc. Ainsi le défunt peut «se séparer de ses péchés», se purifier.

    Tombe
    Si son coeur est en équilibre sur la balance avec la plume de Maât, il devient alors apte à être introduit dans le monde des dieux; il devient un «maa-khérou", ce qui signifie un «Juste de voix,» mais aussi un «Pourvu», quelqu'un à qui on continuera encore après sa mort à donner des soins sur terre. Il aura une tombe et on y fera mémoire de lui. Le coeur ne doit pas être plus léger que la plume, sinon il y aura eu absence d'action (faute par omission) pendant la vie terrestre, faute aussi grave que l'accumulation de mauvaises actions. C'est donc avec une certaine justesse que l'on a dit de l'éthique de l'Égypte ancienne qu'elle répond au comportement du bon fonctionnaire. «Bon» est ici entendu non pas au sens technique ou gestionnaire du terme, mais au sens moral.

    Osiris* et le tribunal divin ne font que ratifier le jugement que la société a déjà porté sur le défunt. En effet, en laissant le mort se munir d'une tombe, d'un Livre des morts* et de tout le matériel complémentaire, la communauté des hommes a implicitement reconnu que son action sur terre avait été conforme à l'éthique. Comme la Maât intègre l'homme dans la société humaine, elle l'intègre dans la société divine; il devient membre de la communauté des dieux et aura accès au pain-bière de la table d'Osiris. Maât devient ainsi une condition sine qua non, non seulement pour réussir sa vie terrestre, ou pour laisser une trace dans la mémoire collective, mais également pour passer l'examen de la balance du jugement dernier. L'idée nouvelle qui se dégage de cet ensemble de rites funéraires* est que le défunt devra justifier, dans l'au-delà, ses actions accomplies sur terre. Récompense ou châtiment l'attendent selon la qualité morale de sa conduite humaine.

    Source: «Maât»
    http://www.osirisnet.net/dieux/maat/maat.htm

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    «Maât: il faut un ordre dans le monde»

    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:2012-04-17
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