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    L'Encyclopédie sur la mort



    Lulu

    Frank Wedekind, rivant le clou à ses accusa­teurs, par le biais de la comtesse Geschwitz, personnage tragique par excellence, nous oblige à distinguer « morale bourgeoise, que le juge a mission de protéger, et morale humaine, qui échappe à toute juridiction d’ici-bas ».

    Jack l'éventreur (en anglais, Jack the Ripper) est le surnom d'un tueur en série anglais de la fin du XIX siècle, dont l'identité n'a jamais été établie. Les victimes de Jack l'éventreur étaient des femmes devenues prostituées occasionnelles et oeuvrant dans l'un des quartiers les plus pauvres de Londres, à Whitechapel (East End). À l'exception de la dernière, âgée de 20 ans à peine, la plupart étaient des femmes d'âge mûr.

    Profil de Frank Wedekind

    Frank Wedekind (Hanovre,1864-Munich,1918), persécuté toute sa vie par la police, la justice et la censure, fut toujours un adversaire féroce de la bourgeoisie. Dès 1891, dans sa pièce Eveil du Printemps, il clamait sa haine de l'hypocrisie, sa soif de liberté, son refus de tout préjugé; il glorifiait la vie et plus particulièrement la vie sexuelle. Dès lors, comprend-on l'admiration que lui porta le jeune Brecht, dont la première critique, publiée dans les Augsburger Neuesten Nachrichten le 12 mars 1918, fut précisément un hommage funèbre rendu à Wedekind. Hommage enthousiaste et profondément émouvant : Brecht* qui, la veille encore, entonnait une des chansons qui firent la gloire scandaleuse de Wedekind, apprenait sa mort le lendemain; et pourtant la nouvelle était si terrible qu'il ne pouvait en admettre la réalité. Il écrivit : « Comme Tolstoï *et Strindberg*, Frank Wedekind a été un des grands éducateurs de l'Europe moderne. Il semblait indestructible ».

    Lulu



    L'oeuvre maîtresse de Wedekind est incontestablement Lulu, qui réunit, on le sait, deux tragédies : la Boîte de Pandore (Die Büchse der Pandora) et l'Esprit de la Terre (Der Erdgeist).Il est extrêmement difficile de savoir en quelle année cette tragédie du destin centrée autour de la figure de Lulu prit forme, car elle est l'aboutissement d'une série d'esquisses et d'essais sans cesse remaniés. Il faut ajouter que la pièce elle-même fut peu jouée du temps de Wedekind et qu'elle fut considérablement amputée par la censure. Toutes les interprétations qui en furent données s'accordent cependant sur un point : Lulu exprime pour Wedekind l'essence de la femme, créature « démoniaque » (au sens dionysiaque du terme) dans la mesure où elle s'apparente aux forces naturelles - à l'Esprit de la Terre - par opposition aux structures figées de la société. Elle seule a la capacité de vivre réellement la parole de Nietzsche* : « Tout ce qui se fait par amour se fait par-delà le bien et le mal ». Son existence seule suffit à menacer - par ce qu'elle incarne autant que par les rêves qu'elle fait naître - tout l'univers social. Elle ne détruit rien, mais tout se détruit, se consume autour d'elle.

    Lulu est incontestablement l'oeuvre la plus importante de Wedekind, tant sur le plan littéraire et poétique que sur celui de la critique sociale. L'oeuvre sera interdite et violemment combattue dès sa parution, et deviendra plus tard la cible des nazis, qui y verront l'exemple même de la corruption et de la décadence en littérature. Sa genèse est assez obscure, même s'il est certain qu'il s'agit de la grande oeuvre de la « période parisienne » de l'auteur. D'après son biographe Arthur Kutscher, ce fut le 12 juin 1892 que naquit l'idée d'un drame en cinq actes. Mais la rédaction en fut longue et difficile. En janvier 1893, Wedekind n'avait encore écrit qu'un seul acte. Sa correspondance et son journal permettent de suivre les progrès de son travail. Pendant les vacances, revenu en Allemagne, il se contentait de noter des bribes de dialogues, d'imaginer quelques scènes et des noms de personnages. Ce n'est qu'en 1895 qu'il achèvera la première version.

    Si l'idée de cette tragédie (l'Esprit de la Terre ) hantait depuis longtemps Wedekind, le choix du nom de Lulu est étroitement lié à une aventure qu'il eut à Paris avec Lou Andréas-Salomé. On sait quelles violentes passions cette femme, fascinante entre toutes, déchaîna chez la plupart des intellectuels qui la rencontrèrent. Cette jeune fille d'origine russe, vierge sensuelle, d'une sensibilité et d'une intelligence prodigieuses, séduisit en effet à peu près toute l'intelligentsia européenne qu'elle fréquenta, de Nietzsche à Rilke*, avant de devenir l'une des ferventes disciples de Freud*, qui lui voua quant à lui sur ses vieux jours une sincère (et très sage) admiration.

    Au début de 1894, Lou Salomé se trouvait à Paris. on la rencontrait dans tous les cercles cosmopolites qui s'occupaient alors de littérature. C'était alors en France l'aube du théâtre naturaliste. On découvrait les pièces de Strindberg*, de Maeterlinck*, de Hauptmann. Le Théâtre libre d'Antoine était le symbole de l'avant-garde théâtrale. Lou fréquentait les cafés littéraires de la rive gauche. C'est là qu'elle fit la connaissance de l'écrivain norvégien Knut Hamsun, de l'éditeur Albert Langen (1). C'est là aussi qu'elle rencontra Frank Wedekind dont la pièce l'Eveil du Printemps avait fait scandale en Allemagne.

    Elle le rencontra dans une soirée donnée par la comtesse Nemethy, une hongroise. Comme la plupart des hommes, il fut tout de suite attiré par elle et, après avoir parlé avec elle la moitié de la nuit, il l'invita à monter dans sa chambre. Elle accepta sans hésiter et, naturellement, il en conclut qu'elle était disposée à passer avec lui le reste de la nuit. A sa grande surprise, il s'aperçut que rien n'était plus loin de l'esprit de Lou. Malgré tout son talent de séducteur, qui n'était pas négligeable, il n'arriva pas à faire la moindre impression sur cette femme hardie et émancipée. Finalement, frustré et se sentant ridicule, il la laissa partir. Le lendemain matin, il sonna à sa porte en habit de cérémonie : jaquette, noeud noir et gants, armé d'un bouquet de fleurs, et lui présenta des excuses pour sa conduite incorrecte. Toutefois, quelques mois plus tard, il prit une subtile revanche en donnant au personnage principal de l'Esprit de la Terre le nom de “Lulu”, caricature grotesque, évidemment, car Lulu est un démon sexuel, insatiable et destructeur.

    Jean-Michel PALMIER« Berliner Requiem: Louise Brooks; portrait d’une anti-star.(Suite et fin) »
    http://stabi02.unblog.fr/2010/07/18/louise-brooks-portrait-dune-anti-star/

    Lulu. Septième tableau de la pièce

    Fuyant à nouveau la police, ils se sont réfugiés à Londres où ils vivent dans une mansarde sans feu, dans le plus complet dénuement. Alwa est abattu et désespéré. Seul Schigolch parvient à ironiser encore sur leur sort. Lulu porte une robe déchirée. Mais elle est toujours aussi séduisante, et ils la conjurent de se prostituer. Alwa, par jalousie, se révolte d'abord à cette idée, mais Schigolch tient à manger un pudding de Noël. Alwa finalement rejette sur elle toutes les fautes et l'envoie à la rue. Elle racole d'abord Mr Higgins, personnage étrange qui lui donne une pièce d'or. Elle redescend ensuite et ramène Kongo, un Noir. Il refuse de la payer et se rue sur elle. Alwa intervient mais Kongo lui brise la tête. Lulu est repartie en quête d'un client. Elle rencontre un homme au visage pâle, aux yeux brillants : c'est Jack l'Eventreur. Il ne veut pas non plus la payer et il lui prend sa pièce d'or. Il veut partir, Lulu tente de le retenir. Mais quand il se retourne vers elle, elle comprend enfin le danger et s'enfuit en criant. Jack poignarde Geschwitz et se lance à sa poursuite. Elle casse une bouteille pour se défendre, mais il la renverse d'un coup de pied et la tue. Geschwitz, agonisante, voudrait encore apercevoir Lulu… une dernière fois.

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    Normand Chaurette, Ce qui meurt en dernier, Montréal Paris, Leméac, Actes Sud, 2010-2011

    Par une soirée pluvieuse, une femme seule lit à la lueur de sa lampe, dans le Londres mythique de la fin de l'ère victorienne. Sa lecture la mène au coeur de l'affrontement finale entre une victime et son assassin, alors même que dans son quartier rôde la silhouette sulfureuse d'un certain Jack l'Éventreur. Le bruit d'un moteur, des pas dans l'escalier.

    Lectrice, narratrice et personnage de son drame, Martha, inspirée de la Geschwitz de Wedekind, se livre ici à un dialogue avec son prédateur où le réel et l'imaginaire s'entrelacent, où le désir épouse la peur, dans une « inquiétante étrangeté » qui vient ouvrir dans son quotidien, une brèche aveuglante.

    (L'éditeur, quatrième page de la couverture)

    IMAGE
    Frank Wedekind
    Fr Larousse

     © Éric Volant. Tous droits réservés

    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:2012-06-29
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